Guinée: Le pari de M. François Fall
jedui 3 août 2006
L’ancien premier ministre guinéen poursuit activement sa mission avec l’ONU, en tentant de faire avancer l’épineux dossier somalien qui ne cesse de se compliquer avec l’apparition des tribunaux islamiques qui contrôlent maintenant Mogadiscio la capitale ainsi que plusieurs autres villes somaliennes.
Après la présentation de son rapport sur la situation somalienne devant le conseil de sécurité des Nations Unies le 13 Juillet dernier à New York, l’envoyé spécial de l’ONU en Somalie M. François Lonceny Fall a engagé aussitôt une navette diplomatique entre Baï doa siège provisoire du gouvernement somalien et Mogadiscio en vue d’encourager les deux camps à reprendre le dialogue initié à Khartoum.
En tentant de convaincre le gouvernement de transition et les islamistes à accepter le principe de pourparlers directs après la prise de Mogadiscio par le Conseil Suprême Islamique de Somalie en Juin dernier, M. Fall selon les responsables onusiens est entrain de réussir un travail remarquable.
C’est ainsi que le gouvernement somalien de transition a réitéré son intention de négocier à Khartoum avec les islamistes qui contrôlent Mogadiscio et une partie du pays, après la visite très médiatisée de M. Fall à Baï doa à 250 km. au nort-ouest de Mogadiscio.
M. Fall qui a rencontré le président du gouvernement de transition somalien M. Abdullahi Yusuf Ahmed à Baï doa qui est le siège du gouvernement de transition a déclaré à sa sortie d’audience avec le président je cite : « Nous sommes déterminés à bâtir le pont du dialogue entre le gouvernement et les islamistes » et se dit très confiant quant à la reprise du dialogue en vue d’aboutir à un dénouement du processus de paix déjà engagé par la communauté internationale.
Il faut reconnaître que la tâche de l’envoyé spécial de M. Koffi Annan n’est pas du tout aisée, cependant l’envoyé spécial de l’ONU en Somalie qui est reconnu pour ses talents de diplomate chévronné est déterminé à surmonter tous les obstacles pour réussir cette mission et trouver une solution de paix durable aux conflits qui opposent les fils d’un même pays.
Ensuite le directeur de cabinet du président M. Abdirizak Adam a déclaré je cite : « Nous irons à Khartoum sans préconditions’ » à l’issue d’une rencontre avec l’envoyé spécial de l’ONU M. Fall le Mardi 25 juillet 2006.
Depuis sa création en 2004, le gouvernement de transition a été impuissant d’imposer la sécurité des biens et des personnes dans tout le pays, et ainsi les islamistes qui ont le contrôle de Mogadiscio et une partie du pays ont accepté la suppression des barrages des miliciens dans la capitale Mogadiscio depuis la prise de contrôle de la ville par les islamistes en Juin 2006.
Lors de la visite de M.Fall à Baï doa le Mardi 25 Juin il a eu de nombreux entretiens avec le président du conseil exécutif du conseil suprême islamique de Somalie Cheikh Sharif Ahmed, ensuite les deux hommes ont accompli ensemble leur devoir religieux à la grande mosquée de Baï doa
Les deux hommes se sont séparés sous de très bons auspices et ont décidé de poursuivre leur contact en vue de favoriser les pourparlers à Khartoum au Soudan en Août.
Signalons également que la présence des militaires éthiopiens accusés de soutenir le gouvernement sur une partie du sol somalien a eu pour effet de bloquer la tenue de nouveaux pourparlers entre le gouvernement et les islamistes au mois de Juillet.
M. Fall qui ne cesse de presser les deux parties à reprendre le dialogue en vue de ramener la paix et la stabilité en Somalie pour le bonnheur de tous les somaliens et de toutes la communauté internationale ne cesse également de demander au conseil de sécurité des Nations Unies le déploiement d’une force de maintien de la paix de l’ONU ou de l’UA en Somalie.
C’est justement dans ce cadre que le 13 juillet, le conseil de sécurité des Nations Unies s’est dit prêt à modifier l’embargo sur les armes pour ouvrir la voie à un possible déploiement des forces de maintien de la paix dans ce pays.
Aux dernières nouvelles nous venons d’apprendre que le gouvernement du premier ministre Ali Mohamed Gedi a échappé de justesse à une motion de censure au parlement le Mardi 1er Août suite à la démission massive de 18 de ses membres.
Aujourd’hui c’est toute la communauté internationale qui suit l’évolution de la situation en Somalie en dépit des efforts diplomatiques consentis par M. Fall pour ramener les frères ennemis au dialogue en vue d’instaurer la confiance entre eux et ensuite trouver les voies et moyens pour une solution de paix durable et conséquente.
Par Mohamed "Joe" Sidibé, USA
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
|