Guinée : Appel à une Renaissance Spirituelle et Morale en Guinée : Le rôle de la Foi (la Religion)
vendredi 28 juillet 2006
La Guinée n'est malade que parce que les Guinéens ont accepté de vivre ainsi. Vivre dans la honte, dans l'injustice, dans la calomnie, la galère et l'enfer sur terre. La situation que traverse la Guinée est gravissime, elle est la résultante des comportements politiques irresponsable du Général Lansana Conte et de ses clans mafieux qui n’ont délivré que du sang et des larmes aux Guinéens qu’ils veulent enterrer vivants.
Le pays qui s’enfonce dans la misère, reste paralysé par la quasi vacance du pouvoir et les guerres de succession à tel enseigne que l’on se demande qui réellement dirige le pays s’il est même dirigé.
Il est plus que temps que Général Lansana Conte s'en aille du pouvoir car il est l'incarnation des maux et de la misère en Guinée. Le choix qu’il a offert et continue d’offrir depuis 22 ans est le même : c'est choisir entre la mort et la mort.
Il manque de qualificatifs pour décrire la situation tragique de la Guinée après plus de 40 années d’indépendance :
-Catastrophe économique, -Appauvrissement cruelle de la population qui contraste honteusement avec les potentialités naturelles du pays,
-Embourgeoisement sélectif, éhonté et colossal de l'oligarchie gouvernante ;
-Injustices de toutes sortes ;
-Arrestations arbitraires, assassinats des civils innocents (les élèves), éliminations physiques des opposants ;
-L’égocratie et la Prédatocratie;
-Une culture politique « paroissiale » ;
-La confiscation du pouvoir par la classe dirigeante ;
-La méconnaissance des droits les plus élémentaires et libertés des citoyens ;
-La corruption, la magouille, la tricherie et le mensonge institutionnalisés en système de gouvernement ;
-La désignation au sommet de l’administration du pays des personnes médiocres et à compétence douteuse et qui se sont « enfoncées » faute de talent et par le culte de la personnalité, et cela au détriment de la « méritocratie » (la culture du mérite), etc.
Rendu grabataire et épuisé par la maladie, le Général Lansana Conte, septuagénaire est un témoin impuissant, dans la lutte pour sa succession. Le vacuum du pouvoir et les luttes larvées dans la courses pour la succession du Général mourrant, devenu physiquement et mentalement incompétents depuis des années, ont fait éclater au grand jour, le conflit des clans, belligérance basée uniquement sur des intérêts personnels et égoïstes, avec un seul sentiment : tuer l'autre.
La situation extrêmement grave dans laquelle se trouve la Guinée est la conséquence de la politique de ses dirigeants motivés et guidés par l'égoïsme et l'agressivité, deux faces inséparables d'une même réalité typiquement animale. Si rein n’est fait le pays risque de sombrer dans le chaos dont les conséquences sont imprévisibles.
Aujourd’hui, la Guinée a perdu ce qui est plus précieux de ses valeurs : l’identité et la fierté nationale, et le sens du patriotisme. Il n’y aucun domaine de la vie politique, économique, sociale et culturelle qui fait la fierté du Guinéen.
Dans l’histoire de l’humanité, souvent les drames ont lieu lorsque l’ignorance, l’intolérance et l’arrogance atteignent leurs proportions épiques. Les guerres ont lieu quand les raisons de se battre l’emportent sur le caractère sacré de la paix, de la liberté et de l’existence humaine. Les conflits ont lieu lorsque, en l’absence de la foi, quand on ne sait plus reconnaître la valeur sacrée de l’existence humaine et de la vie.
Ce sont les hommes qui déclenchent les conflits. Avant qu’une guerre ne soit déclenchée contre la Guinée à partir l’extérieur, il faut que la guerre préexiste à l’intérieur du pays. L’existence des nids de haine ou des catalyseurs de vengeance entre les citoyens du pays favorise l’implosion ou les agressions à partir territoires voisins.
Si la guerre éclate en Guinée, se sont les Guinéens qui seront les premières victimes. Autre triste réalité, il est exceptionnellement très facile d’allumer le feu de la guerre mais l’éteindre demeure un challenge plus difficile car le feu de la guerre se nourri de d’innombrables ingrédients qui alimentent son expansion, citons entre autre la religion, les haines interethniques, le désir de vengeance personnelle, la folie de protection des biens mal acquis, l’affluence des mafias de toute nature dans un pays en détresse, etc.
Croire que le Général Lansana Conte peut changer la trajectoire périlleuse et suicidaire de la Guinée d’aujourd’hui c’est comme autant appeler le pyromane de service pour éteindre l'incendie dont tout le monde sait qu'il est l’auteur !
L’obstacle en Guinée reste le Général Lansana Conte et seul son départ, vivant ou mort, peut donner une lueur d’espoir à la résolution de la crise que transverse le pays.
La Guinée, au lieu d’être un pays de paix, de fraternité et d’entente, est entrain de se décomposer inéluctablement, aidé par des opportunistes véreux qui par leurs arrogances et leurs ignorances de la valeur de la vie font fi de tout, pillant non seulement les richesses du pays mais démolissant en même temps la dignité, la spiritualité et la moralité des Guinéens. Le peuple de Guinée est fatigué de ces dictateurs qui s'accrochent tellement au pouvoir qu'ils gaspillent les maigres ressources financières du pays à acheter des armes, à utiliser plus de la moitié du budget à entretenir leurs services de sécurité et leurs forces de répression contre la population terrorisée, et à financer les voyages d’expédition et de supermarché de leurs innombrables maîtresses (concubines) en Europe, Asie, Amérique du Nord.
Les organisations religieuses, la ligue islamique, l’Église ne peuvent rester indifférentes face à la souffrance des Guinéens et Guinéennes dans un pays où le ridicule a atteint son paroxysme et les membres du gouvernement ont perdu toute leur dignité d’homme d’Etat.
La fortune acquise grâce ou à travers le sang n’honore point son propriétaire et ne peut aucunement être source de bonheur, de même, régner par la violence est contraire à la morale et à la spiritualité de la religion (chrétienne, musulmane) d’où le rôle primordiale des autorités religieuse du pays qui doivent, au lieu de soutenir les comportements immoraux du gouvernement, être le fer de lance de la lutte contre l’immoralité dans la gestion des affaires du peuple à travers les dénonciations et autres activités susceptibles de relever les attitudes pervers des dirigeants Guinéens comme les vols, les détournements, la corruption, « l’adultèrisme » et la prostitution qui sont la porte ouverte à l’administration et un moyen d’avancement.
Le mensonge a beau se lever tôt le matin, il est vite rattrapé par la vérité. Quelque soit la propagande, les mensonges et autres astuces de supercheries employées par le régime du Général Lansana Conte, les vrais images du pays cachent mal, les béquilles en piteux état, sur lesquelles seraient assis son régime et son système politique de gouvernance. Il faut être malhonnête pour ignorer cette maladie chronique de tribalisme exacerbé et de marginalisation dont est victime la majorité des Guinéens devenus citoyens de second rang dans leur propre pays.
Les Guinéens sont fatigués de ce refrain : la Guinée est un scandale géologique, un pays extrêmement riche mais aux populations extrêmement pauvres. Depuis des décades, on parle de ces richesses qui n'en finissent jamais de demeurer potentielles au lieu de devenir réalités.
A quand un peu de bonheur ?
Face à l'exploitation éhontée et aux pillages organisés des ressources du pays au profit d’une minorité, pendant que le gros du peuple croupit dans la misère et dans des situations parfois artificiellement provoquée, il est du devoir moral des personnes qui sont le symbole de la moralité, de la spiritualité et de la justice, les organisations religieuses, de lever le doigt et dénoncer ces pratiques qui ruinent les valeurs historiques du pays afin que le peuple soit le premier bénéficiaire de son sol et de son sous-sol.
Les organisations religieuses, Imams, Pasteurs, Évêques sont « la lumière du pays » comme avait dit Jésus de ses apôtres, ils sont « le sel de la terre », et doivent être les héros du combat des valeurs qui contribuent à la construction de la nation, en jouant pleinement leur rôle de catalyseurs pour une plus grande cohésion nationale et une plus grande justice pour que le « bien » triomphe sur le « mal ». Il faut faire comprendre au gouvernement, que : «Vouloir la paix n’est pas un signe de faiblesse mais de force ».
Toutes les religion en Guinée enseignent que : « Là où la lumière n’est plus, l’obscurité se répand. Là où la noblesse a disparu, le cynisme et la bassesse triomphent. Là où la moralité et la spiritualité s’éclipsent naissent et fleurissent la dépravation et l’immoralité ».
Devant la gravité de la situation du pays, les organisations religieuses doivent faire preuve de courage et d'honnêteté envers le peuple longtemps traîné dans la boue pour que prévalent les quatre piliers d’une société guinéenne digne et fière des ses valeurs historiques : « la vérité, la justice, l’amour et la liberté ».
L'égoïsme, l'agressivité et l'indifférence du régime du Général Lansana Conte face au malheur des autres Guinéens sont des comportements qui relèvent de l'état d’esprit de « Cheytane » ou « Péchés c'est-à-dire de l’inconscience.
La société Guinéenne navigue en pleine dérive spirituelle et morale, situation extrêmement périlleuse. La responsabilité des organisations religieuses (musulmanes et chrétiennes) est engagée car la Guinée regorge tous les ingrédients pour tomber dans des situations regrettables qu'on a vu ailleurs en Afrique, les guerres civiles, l’anarchie et le chaos.
Le pays coure un véritable danger si aucune véritable solution n'est trouvée à l'intolérance montante et ambiante qui n'accepte ni le débat d'idée, ni l'ouverture d'esprit, ni la différence de l'autre.
L’histoire actuelle de la Guinée ne doit pas rester fermée sur elle-même, mais ouverte au Règne de Dieu. C'est pourquoi ni le désespoir ni le fatalisme ne peuvent être justifiés quant à l'avenir de la Guinée car, c’est à Dieu {(Allah et son Prophète) et (Jésus Christ)} seul appartient la suprématie du monde et l'histoire des peuples.
L’essentiel pour l'homme n'est pas ce que l’on a fait de lui ; mais plutôt ce qu’il fait de ce que l’on fait de lui. D’où vient naturellement l’engagement des autorités religieuses face à leurs responsabilités morales et spirituelles.
Puisse Dieu bénir la Guinée et susciter plus d’artisans de paix au sein du peuple. Amen !
Mamadou Diallo, MD
Membre Fondateur de l’ANDD et Guinea-Forum
Administrateur de Guinea-Forum et Partenaire de www.nlsguinee.com
E-mail : webmaster@guinea-forum.org
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