Guinée : Au secours de Mamadou Bah, actuellement arrêté en Allemagne
mercredi 26 juillet 2006
A la fin de la dernière guerre mondiale, l’on n’avait cru et compris que l’Allemagne coupait définitivement avec la barbarie à laquelle Hitler l’avait attachée puisqu’elle s’était montrée courageuse en regardant en face son histoire même honteuse. A partir de ce moment l’espoir était permis pour que la justice prime sur le fascisme et que la tolérance soit la compagne de toute orientation politique dans ce pays.
Au nom de la liberté et du respect des Droits universels de l’Homme, les institutions politiques allemandes n’avaient plus à souffrir des blessures du passé qui a ombragé pendant une période douloureuse les valeurs humaines de la patrie de Goethe. Partant, on était en droit de se dire que les soubresauts inhérents à l’évolution humaine et sociale avaient couvert avec de nouvelles précautions les vestiges de sa déshonorante histoire en l’enterrant profondément à la fin de la moitié du 20ème siècle.
L’histoire malheureuse qui arrive à notre compatriote Mamadou Bah nous amène à poser la question suivante : que s’est-il passé pour que l’on assiste à la résurgence de quelques anciennes méthodes?
En 1993, Mamadou Bah, d’origine et de nationalité guinéennes, après des études fuit la barbarie du régime en place actuellement à Conakry pour se réfugier en Europe. C’est l’Allemagne qui l’accueille.
Pour se donner la chance, il va vivre tranquillement en travaillant dur dans le respect des institutions allemandes même s’il est sans permis de séjour. Cela dure maintenant 13 ans !
Il loue un petit studio dans lequel il vit depuis. Avec ces nombreuses années-là, il ne serait plus question de parler de lui en termes d’intégration. Il parle allemand, travaille, participe au développement de l’économie allemande. Comme tous les autres citoyens, il respecte la loi des institutions allemandes. Adepte de « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front », Mamadou Bah n’a jamais voulu solliciter les services rendus par les centres sociaux, même dans les pires difficultés. C’est un honnête homme.
Bien implanté et donc intégré, Mamadou Bah vit malheureusement sans papier cependant, il n’a jamais posé d’actes répréhensibles, voilà encore de cela 13 ans
La politique européenne de l’immigration va le jeter sous le projecteur de l’actualité.
Andreas Maus est journaliste à WDR TOSMO.TV et Jana Tosit aussi. Ces deux confrères ont choisi, il y a quelques mois notre compatriote pour une émission télévisée animée par la première citée. Elle fit un reportage sur lui dans sa minuscule pièce au cours duquel il témoigna. Le sujet était, à peu près, le réseau d’introduction clandestine de Guinéens en Europe et plus particulière en Allemagne.
Avant l’émission, les autorités policières lui avaient donné l’assurance qui lui garantissait une protection et le mettait à l’abri de toute poursuite. Mis en confiance, monsieur Mamadou Bah a dit la vérité sur N’Faly Keita et son réseau.
Le reportage a été diffusé dans l’édition de 13 heures animée par Andreas Maus pendant que Jana Tosit continuait après de recueillir le témoignage de l’invité.
Peu de temps après l’émission, Mamadou Bah fut arrêté. La police de Dortmund lui reproche de séjourner clandestinement sur le territoire allemand. La protection promise et qui l’avait convaincu à témoigner n’est plus respectée. On n’en parle même plus.
On veut cacher au peuple allemand la vraie raison de l’arrestation de Mamadou Bah alors que celle-ci est son témoignage qui sera suivi par d’autres. Ceux-ci pourraient mettre en cause une implication directe de certaines autorités de l’ambassade allemande en Guinée et des éléments de la police chargée des Guinéens vivant en Allemagne. Pour les intimider parce que leurs témoignages seraient accablants, on monte la peur autour d’eux en arrêtant le premier témoin.
L’arrestation du premier témoin pose la délicate question de la méthode pratiquée qui n’est pas totalement nouvelle à la police allemande au regard de son passé. Elle interroge aussi sur la crédibilité de la parole de l’Etat ou de ses représentants qui, après s’être engagé, trahit aussitôt cet engagement.
La menace d’expulsion de Mamadou Bah s’inscrit dans une certaine démarche que personne ne soupçonnait plus son existence. Mieux la méthode est cavalière pour que tous ceux qui liront cet article ne restent pas inactifs. Il s’agit d’une délation et de la trahison. Tous ceux qui veulent secourir Mamadou Bah peuvent écrire, dès maintenant à info@igfm.de pour dénoncer et décrier cette arrestation qui intervient après un engagement ferme des représentants de l’Etat à le protéger. Ce fut le gage de son témoignage.
Il y a urgence à écrire et à inonder cette adresse (qui est celle d’une association travaillant pour les Droits de l’Homme) de soutiens à Mamadou Bah. Si nous n’agissons pas vite, il risque une expulsion entre le 1 et 2 août 2006. Il est actuellement détenu à Beürin dans la deuxième grande prison de rétention d’Europe après celle de la Suisse.
Ecrire à info@igfm.de ; c’est faire savoir aux autorités allemandes que nous sommes informés du non respect par sa police des droits humains. Ecrire, à l’adresse indiquée ; c’est dire que l’expulsion de Mamadou Bah est synonyme de la non assistance à une personne en danger, car après son témoignage contre N’Faly Keita, c’est le livrer pieds et mains liés à ses bourreaux une fois en Guinée.
Alors sauvons Mamadou Bah dont son crime est d’avoir parlé pour épargner des milliers de Guinéens de tomber dans le réseau de trafic humain de N’Faly Keita. Il faut supposer que N’Faly aurait des appuis à l’ambassade d’Allemagne en Guinée. Leur complicité, difficile à prouver, leur a permis un enrichissement ; Guinéens et Allemands impliqués dans cette honteuse activité.
Partout où nous sommes, chers compatriotes, écrivons rapidement à info@igfm.de pour interpeller le gouvernement allemand sur le cas de Mamadou Bah.
Jacques KOUROUMA
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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