Guinée : Le «N» ieme Dialogue pourquoi faire ?
23 juillet 2006
Dialogue ou pas dialogue, la situation des guinéens ne changera pas d'un iota.
Que l’opposition qu’incarnent les faux partis politiques « mentalement retardés » et le régime du Général Lansana Conte se mettent au tour d’une table, ou méditent de le faire, n’est qu’une comédie, une parade zigzaguée car aucune injonction or recommandation qui émanerait de ce dialogue de sourds-muets ne verra le jour.
Ce dialogue se soldera de la même façon que celles qui l’on précédé, l’échec et une arrogance plus poussée du gouvernement à l’encontre de ces pseudo partis politiques qui ne cessent de se ridiculiser et de s’humilier face à un pouvoir qui joue le temps.
Pour le guinéen ordinaire, les préoccupations de survie dépassent de loin les transactions de ces « mercantiles politi-chiens » aux mains souillées de crimes et de sang, aux ambitions carriéristes intrinsèques et égoïstes. Ces « faux partis politiques » aux couleurs ethno-regionalistes à cause de leur aveuglement politique refusent de comprendre que ce « semblant » dialogue lancé après avoir réprimé les grévistes et tué des douzaines d’innocents écoliers, ne sert qu’à retaper la crédibilité du gouvernement, mise en mal aux yeux de l’opinion nationale et internationale, face à sa politique clanico-dictatoriale et, pour prolonger l’agonie du peuple assoiffé de changement positif.
Depuis son indépendance verbale, la Guinée continue de marcher vers l’avenir mais à reculons, cela grâce à la politique de myopie des ces leaders politiques. Il est honteux de continuer à clamer que les Guinéens sont indépendants alors qu’ils ne disposent pas de leurs droits et libertés de se doter d’un gouvernement qui est la représentation et l’incarnation de leur volonté politique exprimée à travers des élections libres et transparentes.
Encore une fois, les partis politiques refusent de se respecter et de se faire respecter. Ils manquent le sens de l'honneur, de la dignité. Le destin des guinéens ne doit pas être subordonné aux caprices de ces « faux opposants ». Des millions des Guinéens vivent dans un dénuement total, meurent de misère, de soif et faim, et à quoi servira un dialogue qui n’est qu’une coquille politique vide ?
Pourquoi faire ?
Que peut offrir ce régime clanique et militaro-mafieux ?
Le Général Lansana Conte n’a rien offert de positif en 22 ans après une liste interminables de tables rondes. Un dictateur ne dialogue pas. Il impose. L’opposition Guinéenne continue naïvement de penser au miracle d’une mutation instantanée qui transformera le Général Lansana Conte en un « prêtre de la démocratie.
Le dialogue politique en Guinée a toujours été un goulot d’étranglement de la démocratie et des libertés individuelles. Le dialogue n’a jamais considérée la table ronde politique comme un cadre par excellence d’échange d’idées, des convictions et des projets. Un dialogue politique réel signifie entrer et accepter les débats d’idées contradictoires, savoir défendre les siennes sans porter atteinte à l’intégrité de l’adversaire car, l’homme politique, c’est celui qui a du respect pour ses adversaires.
Le dialogue politique en Guinée s'aborde en termes de « positionnement alimentaire, pourvu que ça dure et perdure ». À chaque fois que le régime de Conakry a le feu aux fesses et que tout semble se désintégrer, on réinvente une autre concertation nationale. Le dialogue politique en Guinée, c'est tout simplement de la moquerie et une insulte à l’intelligence des Guinéens et un amusement comme d’habitude pour le pouvoir. Après Mr Kidiri Bangoura, c’est maintenant le récidiviste du tripatouillage de la démocratie, Mr. Moussa Solano qui prend le rôle de tourneur et de magouilleur pour manipuler l’opposition qui persiste dans sa niaiserie.
La Guinée en tant que nation est morte. L’Etat est mort et de sa tombe émergent des hommes dits « forts », qui sont prêts à tirer le dernier coup fatal pour empêcher la renaissance du pays. C’est le cas de Mr. Fodé Bangoura, Solano, Kidiri Bangoura, Mamadou Sylla, Aboubacar Somparé et tant d’autres.
La Guinée a perdu 22 ans sanctionnés par des tiraillements infertiles entre l’opposition et le régime mafieux de Conakry. On ne peut pas construire un pays dans le sang et l’exclusion. Il est temps de bâtir pour que les Guinéens prennent en mains leurs responsabilités dans la construction de l’avenir de leur pays. Il est grand que finisse le temps que fanatisme aveugle des Guinéens. Les Guinéens doivent sortir de cette torpeur négative et fataliste. À travers l’adversité de la vie, il y a toujours une chance à l’horizon.
Les « politi-chiens » Guinéens savent très bien que le peuple est déjà fatigué avec ces interminables dialogues et concertations vides de contenu réel. Depuis l'avènement du « faux multipartisme » en Guinée, il y a eu un grand nombre des dialogues qui n’ont rien abouti à améliorer la vie quotidienne des Guinéens. En lieu et place, la situation va de mal en pire et le régime plus arrogant que jamais.
Que les « politi-chiens » sachent que le peuple ne peut continuer à avoir les yeux fermés indéfiniment à la politique hésitante des hommes politiques (pouvoir et opposition) et à l’indécision qu’elle engendre, à l’hypocrisie des dialogues à répétition aux mots vides de sens. Les Guinéens ne sont pas tous des amnésiques ! Après avoir été mordu par un serpent, il est normal que la victime, en homme averti, ait prudemment peur de la queue du lézard. Cette vérité historique n’est pas universelle pour les partis politiques en Guinée, et cela pour combien de temps encore ? Il est grand temps que les « soi-disants » leaders de l’opposition avivent leur esprit critique.
Pourquoi aller au dialogue qui ne résoudra rien ? La majorité des Guinéens sont conscient que le Général Lansana Conte et son gouvernement qui n’ont ni assise politique, ni la légitimité, constituent le cancer qui rongent le pays et qui dissémine ses métastases des misères aigues au plus profond de la vie du peuple. Les Guinéens ont compris que le Général Lansana Conte et ses acolytes ne mèneront la Guinée nul part outre que le pays continuera à s’enfoncer dans la misère et les guinéens s’attendent aux pires moments dans si peu de temps. Tout ce qui se passe et se dit au sommet de l’état concernant le dialogue avec les partis politiques n’est que pire distraction et mensonge. Le Général Lansana Conte et ses acolytes continuent à semer les désordres, la terreur et l’insécurité dans le pays, tuant, volant, violant les populations civiles sans défense; sans que l’opposition ne lève la voix pour dénoncer ce comportement honteux doublé des actes de forfaitures.
La Guinée est malade de ses « princes », ces leaders plutôt lire et comprendre « laideurs » politiques. Pire encore, demeure la « fétichisation du pouvoir » dans la culture politique guinéenne, qui est la conséquence des méthodes auxquelles ces « princes » leaders (laideurs) politiques (pouvoir et opposition) recourent pour acquérir et pérenniser le pouvoir : le mensonge, la tricherie, la violence, la prédation, le clientélisme, la corruption, etc. Cette culture est aussi fondée sur l’ignorance de l’opinion publique et, à son tour, l’ignorance favorise le despotisme.
Après vingt deux (22) années de pouvoir sans partage du Général Lansana Conte, les Guinéens sont fatigués, désemparés, et presque perdus. Les intellectuels affiliés au pouvoir et les opérateurs économiques véreux qui dominent la magouille économique en complicité avec le gouvernement, sont en réalité devenus des malades mentaux, se posant la question comment faire pour pérenniser le statu quo, la confusion, l’incertitude, etc., alors que le Guinéen ordinaire se demande comment le pays va s’en sortir de ce imbroglio. Pour les Guinéens, les années passent mais les interrogations, au lieu de s’atténuer, se sont au contraire aggravées.
La Guinée va d’une déception à une autre. Vingt deux (22) années de régime obscurantiste ont transformé le pays en une société opaque dominée par les subjectivismes, la tricherie et des haines de toutes natures, un pays où il n’est plus possible de dire avec certitude que le travail mène à la réussite, où l’on ne peut pas dormir d’un sommeil tranquille, à moins d’appartenir, à ces cercles de fous qui nous ont foutus le pays dans l'abysse.
Pour sortir la Guinée de ce calvaire volontairement imposé par certains fils apatrides, il faut une nouvelle mutation ou évolution des mentalités. Les guinéens doivent se laisser guider par un « Esprit de vérité et d'Amour » pour leur pays. Ce changement d’Esprit, libérera les Guinéens de la peur de l'autre qui paralyse la marche en avant du pays, de la haine qui les divise les rendant plus faibles et plus vulnérables, de la corruption qui aveugle la conscience et détruit la moralité, de la notion de vengeance et de violence qui ravage leurs cœurs.
Il faut que la notion identitaire et unitaire des Guinéens emporte sur la tentation du repli identitaire sur la tribu, l'ethnie ou la région qui fragilise la société. Ce sont là autant de facteurs qui portent obstacles à la marche de la Guinée vers son plein épanouissement au moment critique où le pays doit faire face aux défis de la rareté des investissements et de la mondialisation.
Depuis plus de deux décennies, le désordre a élu domicile en Guinée et cela profite aux clans mafieux qui gravitent au tour de la famille mafieuse du président.
La façon de gérer la Guinée ne doit pas se confondre à la musique qui est juste une question de goût et d'appréciation personnelle. La gestion politique d'un pays est toujours sanctionnée par un bilan. En partant de ce principe, les guinéens doivent comparer avec recul les divers bilans de la gestion de leur pays durant ces 40 dernières années et tirer la conclusion.
Ce climat trompeur de calme en Guinée ne signifie pas qu’il y a la paix. L’absence de guerre n’est forcement synonyme de paix Il n'y a pas de paix quand les guinéens meurent par centaines chaque jours à cause de la faim et des maladies bénignes. Il n’existe aucune institution en Guinée qui se préoccupe du sort du peuple abandonné à son triste sort.
Devant cette situation politique difficile que traverse la Guinée, le pouvoir utilise le maquillage de dialogue pour répandre de la désinformation pour faire croire que le pays qui est au bord de l’apocalypse va, avec des fausses promesses, changer de trajectoire et devenir un paradis. L'avenir de la Guinée ne sera pas divinement construit si, au prix de la corruption ou de la naïveté, les « politi-chiens » acceptaient de fausser le contenu réel de dialogue et de concertations nationales. C'est avant tout un problème de responsabilité individuelle et de sincérité devant soi et devant le peuple.
Mamadou Diallo, MD
Membre Fondateur de l’ANDD et Guinea-Forum
Administrateur de Guinea-Forum et Partenaire de www.nlsguinee.com
E-mail : webmaster@guinea-forum.org
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