Les pays du G8 tendent la main au continent africain
09 juillet 2005
Bilan - Au Sommet de Gleneagles, les pays riches décident de doubler l’aide financière.
Les dirigeants des huit pays les plus riches de la planète se sont engagés hier à porter l'aide financière en faveur de l'Afrique à 50 milliards de dollars par an d'ici 2010. Une avancée présentée comme une réponse «d'espoir» au terrorisme qui a frappé Londres.
Au terme du sommet de Gleneagles, les Huit, dont les Etats-Unis, ont en outre décidé d'agir de «façon urgente» contre le réchauffement climatique. Ils ont toutefois éludé le protocole de Kyoto.
«Nous parlons aujourd'hui dans l'ombre du terrorisme, mais il n'assombrira pas ce
que nous sommes venus accomplir», a déclaré hier Tony Blair. Il était entouré
de ses sept partenaires et des dirigeants de sept pays africains.
«Ce n'est pas la fin de la pauvreté en Afrique mais c'est l'espoir d'y mettre un terme», a souligné le premier ministre britannique.
Déception
En 2000, le sommet du Millénaire de l'ONU ambitionnait de réduire de moitié la pauvreté dans le monde d'ici à 2015. Les Huit pour leur part se fixent 2010 pour horizon. Il s'agit d'augmenter l'aide publique au développement (APD) «d'environ 50 milliards de dollars chaque année» par rapport à 2004. L'aide à l'Afrique, qui représente environ 25 milliards de dollars par an, serait ainsi doublée.
Pour les ONG qui se sont mobilisées lors de la préparation du sommet – notamment avec le «Live 8» orchestré par Bono et Bob Geldof – le «geste» n'est pas à la mesure des attentes de l'Afrique. La pauvreté tue un enfant toutes les dix secondes, ont-elles rappelé.
La vie pour 5 millions d'enfants
«L'augmentation de l'aide pourra sauver la vie de cinq millions d'enfants d'ici à 2010, mais 50 millions de petites vies restent condamnées car le G8 n'est pas allé aussi loin qu'il aurait pu», a regretté un responsable d'Oxfam.
Bono, le chanteur de U2, s'est montré plus positif. «Si vous permettez qu'une rock star irlandaise cite Churchill, je dirais que ce n'est pas la fin de l'extrême pauvreté, mais c'est le début de la fin», a-t-il déclaré.
Le président nigérian Olusegun Obasanjo s'est dit, lui, «satisfait» des résultats. Il s'est également félicité de la confirmation de l'annulation de la dette de 18 pays pauvres, dont 14 Etats africains, pour un montant total de 40 milliards de dollars.
Pour Tony Blair, les défenseurs de la cause de l'Afrique peuvent être déçus de l'absence de date pour l'abolition des subventions agricoles à l'exportation des pays riches – subventions jugées dévastatrices pour les agricultures du monde en développement. Toutefois, a-t-il ajouté, «nous signifions la volonté politique de le faire». Dans son communiqué final, le G8 appelle à «éliminer toutes les formes de subventions à l'exportation» sur les produits agricoles. A une «date crédible», poursuit le texte.
Outre l'Afrique, le G8 s'est engagé à agir «d'urgence» contre le réchauffement climatique. La déclaration finale ne fixe toutefois aucun objectif chiffré. Elle n'inclut qu'une référence symbolique au protocole de Kyoto, lequel impose de réduire de 5,2% d'ici à 2012 les émissions de gaz à effet de serre (C02) dans le monde par rapport aux niveaux de 1990.
M. Blair a défendu ce résultat. Il n'a jamais eu pour but, a-t-il expliqué, «de résoudre le désaccord sur le protocole de Kyoto» entre les Etats-Unis et leurs partenaires.
Rappelons que les Américains, qui produisent 45% des gaz à effet de serre, ont refusé de ratifier Kyoto. Selon Washington, ce traité est «défectueux» parce qu'il impose des réductions d'émissions polluantes aux seuls pays industriels. Il exempte en particulier la Chine et l'Inde, en tant que pays en développement, de toute obligation contraignante.
Attentats de Londres obligent, le G8 a appelé à de nouvelles mesures contre le terrorisme. Il a notamment demandé un meilleur contrôle des mouvements transfrontaliers des personnes soupçonnées de terrorisme.
Source : Tribune de Genève, visitez la Tribune de Genève au www.tdg.ch
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