Guinée : Nouveau pacte à réaliser pour la Guinée
lundi 10 juillet 2006
Il y a dans la vie d’une nation, d’une société et donc d’un peuple, les moments où il ne reste plus que deux possibilités : se soumettre et subir ou se battre et se libérer.
Ce temps est venu en Guinée !
Nous n’avons plus de raison de continuer à accepter docilement la misère imposée à nous par Lansana Conté. Nous n’allons plus souffrir le martyr pendant que les membres du clan présidentiel vivent le bonheur et, alors que Lansana Conté qui a perdu sa lucidité et ses facultés refuse, malgré tout de céder la place. Ne laissons pas notre patrie à la dérive dans ce contexte.
Nous n’avons plus d’autre choix que celui d’utiliser tous les moyens dont nous disposons pour instaurer, dans notre pays, le changement démocratique que tous les Guinéens appellent de leurs vœux.
Pour cela, ne restons plus impuissants dans l’élaboration d’une véritable stratégie de changement. Pour la réussir, il est plus que désormais nécessaire que nous soyons complémentaires dans l’action. Additionner nos efforts, mettre ensemble notre énergie et conjuguer notre force demeurent l’ultime démarche, pour nous tous : civils et militaires.
Que les Républicains de l’intérieur du pays le comprennent, car souvent nos bourreaux ont eu pour stratégie de creuser un fossé artificiel entre nous en établissant la distinction : Guinéens de l’extérieur ou diaspora et Guinéens de l’intérieur, entre militaires et civils, entre politiques et société civile comme si la Guinée n’était pas la patrie de toutes ces catégories dont on veut nous faire croire.
Il existe un seul pays, la Guinée, une seule nation : la nation guinéenne, un seul peuple : les populations guinéennes. Autant notre patrie est ainsi indivisible et unitaire autant ses populations forment une seule société de citoyens dont chacun doit disposer librement de sa capacité et de ses facultés pour la nourrir de ses expériences. La mère Guinée doit être entourée de la chaîne que nous formerons autour d’elle avec nos mains fortement solidaires de celles des autres. Il faut cette nécessaire complémentarité dans le combat pour le changement. Ce n'est pas une répétition, mais une insistance.
Je sais qu’il n’existe pas une âme et un cœur qui soient propres aux corps habillés et qui les rendent inaudibles voire insensibles aux souffrances et à la douleur qui pèsent sur notre vie. Nous souffrons des mêmes maux. Les militaires ne peuvent pas avoir une autre compréhension de notre misère qui soit différente de celle de toutes les populations guinéennes. Refusons le jeu de l’exclusion qui nous dessert. Rejetons, les virtuelles, mais dangereuses oppositions qui nous affaiblissent dans le combat que nous menons pour nous débarrasser de ce régime abominable, inhumain et puant de l’odeur des crimes des plus sauvages et barbares.
Souvent, nous avons malheureusement accepté, à notre insu, la différence qui relève d’une sorte d’apartheid d’un autre type. Nous avons appris à croire que les militaires sont un autre type de Guinéens comme les frères expatriés ont été présentés à leurs concitoyens. Nous avons été, dans cette démarche inconsciente, des pauvres manipulés devenant des complices de nos propres bourreaux en prêtant les oreilles à leurs propos mensongers. Le temps de la vérité a sonné pour permettre à l’heure de l’histoire de la liberté et du changement de se réalisée.
Au moment où, inconsciemment, nous nous positionnons en civils pour réfléchir consciemment sur la destinée de notre pays et son peuple, au même moment des Républicains, qui sont nombreux dans les rangs de nos forces armées nationales, s’interrogent de la même manière sur la solution qui doit conduire la patrie de nos ancêtres, dont nous sommes les héritiers, au changement positif et radical.
Alors chers compatriotes, Guinéennes et Guinéens, pourquoi nous ne formions pas tous, dans ce cas, cette forte armée qui doit libérer le pays des mains des spoliateurs que constituent Lansana Conté et ses clans ? Lorsque j’écris armée, n’entendez pas l’armée classique. Il s’agit de mettre ensemble nos réflexions, leurs résultats et de nous dire, par exemple, vous qui disposez des mêmes armes que nos bourreaux, voici votre mission à vous ? Pourquoi, eux aussi, ne nous diraient pas, nous sommes prêts, mais voilà les questions qui se posent à nous pour réaliser cette mission, que faire ?
Je sais que dans nos armées nationales, les troupes, en dépit du clivage artificiel opéré par la hiérarchie, sont solidaires. Je sais que nos frères soldats se battent aujourd’hui au même instant que nous pour sortir la Guinée de la boue dans laquelle elle est plongée par ce système rétrograde.
Si cela est, levons les barrières virtuelles et artificielles qui s’interposent entre nous pour conjuguer nos efforts afin que la Guinée respire et son peuple vive.
N’est-ce pas la cause est commune ?
Il s’agit du destin de notre patrie donc de notre propre existence. Trouvons ensemble et sans délais, ni marchandage de quelque nature que ce soit cette plate qui a toujours manqué à nos actions pour rendre à la souveraineté la saveur douce qui stimule le citoyen dans sa quête de la dignité et de la paix sous la garantie de notre devise : Travail, Justice et Solidarité.
Les Guinéens expatriés et vous, de l’extérieur constituez le même peuple; celui de la Guinée. La misère qui sévit dans notre pays ne fait pas de quartier. Nous en sommes tous la victime et la subissons avec la même douleur, même si c’est à des degrés divers. Mais la douleur et la souffrance n’ont pas d’autres noms. Nous souffrons tous.
Oui nous souffrons de la barbarie du système Conté ; oui nous souffrons de l’incurie et de l’inconscience de ce régime abominable constitué des assassins de nos enfants. Oui, dis-je, la Guinée doit être sauvée et c’est seulement ensemble, Guinéens de dedans, Guinéens de dehors, civils et militaires, politiques et apolitiques,…qu’elle peut l’être.
C’est pourquoi il est temps que les Guinéens forment leur propre stratégie qui ne soit plus celle des états majors politiques. Le moment est venu pour que nous formions notre propre organisation de lutte. Désormais, c’est à ce prix que nous réaliserons notre profonde aspiration au changement. Je sais qu’il existe aujourd’hui des hommes et femmes de conviction engagés et déterminés pour apporter le changement. Je sais que nous sommes nombreux à l’être, mais l’isolément, l’absence de liens et le manque de jonction entre ces différents maillons rendent nos efforts insuffisants.
Maintenant lançons la passerelle entre nous parce que nous ne nous connaissons pas tous, mais quelques uns se connaissant, il nous est facile de construire rapidement et de structurer la chaîne de ce que j’appelle l’armée de combattants pour le changement démocratique en Guinée.
Pour réussir ce projet, nous devons vaincre en nous le sentiment de doute qui nous habite, nous libérer de l’humiliation qui nous est imposée et affirmer la valeur de chaque Guinéen et de chaque Guinéenne.
Voilà, chers compatriotes, le nouveau pacte pour lequel nous devons nous battre pour réussir, sans tarder, le combat contre le régime de Lansana Conté qui n’en est plus un. Ensemble, nous le pouvons !
Par Jacques Kourouma
Directeur de Publication de Tamsirnews
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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