Guinée : Santé publique menacée - Le Choléra refait surface avec 1376 cas enregistrés et plus de cent morts
vendredi 07 juillet 2006
En cette période des grandes pluies, pauvreté aidant, le tout dans l’insalubrité totale, la santé publique est menacée à Conakry et à l’intérieur du pays. C’est le moment favori d’apparition des maladies diarrhéiques et dysentériques qui sont d’ailleurs très fréquentes dans le pays.
Des statistiques indiquent déjà une évolution verticale et inquiétante comme suit :
- Zone spécifique de Conakry (Basse-Guinée) : 5 cas enregistrés, zéro décès.
- Zone de Kissidougou (Guinée Forestière) : 177 cas enregistrés avec 13 décès.
- Zone de Lola (Guinée Forestière) : 66 cas avec 20 décès.
- Zone de N’Zérékoré (Guinée-Forestière) : 61 cas enregistrés en total, nombre de décès non identifiés.
Au vu de cette situation, le département de la santé semble être incapable de réagir en prenant des mesures adéquates et à temps. Le déploiement des équipes de surveillances épidémiologiques n’a rien donné comme soulagement chez les populations à la base.
Interrogés à plusieurs reprises, des médecins spécialistes déclarent que l’apparition des maladies diarrhéiques est une conséquence directe du manque d’hygiène, de l’eau potable, d’où de la pauvreté générale au sein de la population.
Pour preuve dans les différents marchés de Kaloum, de Matam, de Matoto, de Ratoma, l'attention du visiteur est vite attirée par des tas d’ordures entreposés ça et là et ceci depuis très longtemps.
Chose étonnante, c’est que tout au tour des montagnes d’ordures et saletés, des plats de riz, des pains, des galettes et de l’eau en sachets, sont posés à même le sol et vendus en longueur de journée aux consommateurs pressés.
Les services de contrôle de qualités et d’hygiènes n’existent que de nom et n’ont aucune importance. C’est pourquoi la seule solution reste l’information et la sensibilisation des populations pour les pousser vers les mesures préventives.
Les CHU Donka et Ignace Deen, les grands hôpitaux de Conakry et de l’intérieur du pays, sont plus que jamais confrontés aux manques de personnels suffisants et compétents, aux manques de médicaments, d’équipements de travail et du pléthoriques des patients.
Eu égard à la situation alarmante de nos structures sanitaires et autres points de santé, un journal de la place s’interrogeait en ces termes, la semaine dernière « Hôpitaux ou Boucheries ? », à cette question seule les responsables des structures sanitaires pourront apporter une réponse.
Par Lansana A. Camara
Correspondant permanent de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Tél. (+224)- 64- 30- 74- 06
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