Guinée : Grève inter-syndicale et enthousiasme
vendredi 07 juillet 2006
Au mois de juin dernier, nous avons assiste a une grève générale de l’inter-centrale CNTG-USTG sur toute l’étendue du territoire national. Fondée sur le légitime combat pour l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, cette grève aurait suscite autant d’enthousiasme et de controversés au sein de la presse nationale et internationale, la société civile, les partis politiques, et la diaspora guinéenne.
Nous devons noter, cependant, malgré des déclarations vagues, les partis politiques de l’opposition ont manqué de stratégie politique leur permettant de récupérer l’événement et protester vigoureusement contre la répression sanglante de la marche des élèves et étudiants du 12 et 13 juin.
Après tant de brouhaha et d’enthousiasme, nous sommes revenus a la case de départ :
- Un sac de riz est toujours vendu a plus de fgs 100,000
- Le prix de l’essence a la pompe continue a grimper
- L’inflation continue a galoper
- Aucune enquête sur l’assassinat des citoyens innocents
- Fodé Bangoura joue inconstitutionnellement le rôle de président de la république
- Le manqué crucial de l’eau potable et de l’électricité
- La dilapidation des deniers publics continue
Pourquoi alors autant d’enthousiasme si toutefois une simple revendication salariale et ses accessoires ne peut changer en grand chose ni les conditions de vie des populations ni encore le système de gouvernance.
Peut-on réellement envisager une quelconque amélioration des conditions de vie des guinéens sans pour autant faire allusion a l’amélioration de notre système de gouvernement?
A notre avis, la bonne gouvernance est la locomotive de la prospérité et de l’amélioration des conditions de vie des guinéens. Or, dans le contexte actuel, il n’y a en Guinée ni bonne gouvernance, ni institutions républicaines, ni programme de développement. La Guinée est aujourd’hui prise en otage par un groupe de malfrats dans lequel on retrouve des acteurs Mafioso et des clans tribalistes a l’image du clan Fodé Bangoura-Lansana Conte-Mamadou Sylla.
Tout le peuple de Guinée a salué le courage de l’inter-central CNTG-USTG même si les leaders de la grève n’ont exigé aucune enquête judiciaire indépendante pour faire de la lumière sur le massacre du 12 et 13 juin par les sbires de Fodé Bangoura.
A notre avis, il y a lieu de faire un bilan critique et objectif sur la grève de l’inter-central CNTG-USTG même si un certain groupe d’enthousiastes de la diaspora guinéenne pense le contraire. Ce groupe, autoproclamé “Dieu de la démocratie et dictateur des stratégies de lutte pour la démocratie en Guinée” a certes de bonnes intentions de distribuer de l’argent aux leaders syndicaux ($1 pour leur démocratie).
Nous, nous pensons que si nous avons de l’argent à distribuer, nous le donnons aux victimes de la répression. Et c’est ce que nous avons fait sans aucun bruit ni commentaire à travers notre représentation en Guinée.
Tout d’abord, nous donnons le bénéfice de doute aux leaders syndicalistes sur les rumeurs de corruption lors de leur voyage à Paris sous l’invitation de Mamadou Sylla, le fossoyeur numéro 1 de l’économie guinéenne. Nous le savons tous que Mamadou Sylla doit à l’Etat plus de us $ 48 millions sortis frauduleusement des caisses de l’Etat.
Cette importante somme d’argent aurait largement contribué à l’amélioration du taux de change du franc guinéen. Cependant, nous étions perplexes quand Mr. Fofana, lors d’un entretien avec le journal l’Observateur sur les possibilités de corruption, a dit lui-même qu’il a demandé à Mamadou Sylla de construire des logements pour les fonctionnaires guinéens. Honnêtement, nous avons du mal à comprendre qu’on puisse demander au “voleur de voler et partager avec nous”. Mr. Fofana, dont je ne doute point la moralité, aurait plutôt exigé à ce que Mamadou Sylla rembourse les $48,000,000 qu’il doit a L’Etat.
A notre avis, ce que nous voulons aujourd’hui en Guinée c’est le changement et seulement le changement. Et cela n’est possible que si et seulement si nous reconnaissons tous le danger dans lequel le régime de Lansana Conte nous a plongés et agissons de façon honnête avec notre conscience pour exiger le départ inconditionnel du régime de Lansana Conté et ses sbires.
Vive le Changement
Vive la République de Guinée
ThinkTankGuinee,
Alpha Diallo, Président
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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