Guinée : Les victimes du règne de la terreur
jeudi 06 juillet 2006
Nous sommes à l’hôpital principal de Dakar, l’immeuble qui traite les cas d’urgence de ce centre, déborde à la devanture un jardin bien arrogé, pourtant dans un pays sahélien.
Où nous avons trouvé des guinéens partagés entre pitié pour les victimes et révolte contre le régime qui a fait de notre pays une boucherie d’hommes. Ils étaient venus rendre site à la jeune femme.
A l’intérieur de l’immeuble, un couloir nous mène vers une sale où se trouve une jeune femme couchée constamment sur un coté de son corps, elle fixe son visiteur longuement avec des yeux profonds avant de le reconnaître ; elle décolle difficilement les lèvres sèches pour répondre son interlocuteur ; avec une main tremblante qu’elle tente désespérément pour exprimer son existence.
De l’autre extrémité du lit, un jeune adolescent en état de convalescence que nous sommes venus accompagner, prie le bon DIEU pour elle. Ce jeune adolescent sait ce qu’elle endure car il a connu le même sort que celle qui survit sur son lit ; alimentée par des tubes et faisant ses besoins par les mêmes moyens artificiels. Quel destin pour ces innocents ! Quelle calamité pour ces pauvres guinéens !
Leur péché est d’avoir des concitoyens qui ont osé le 12 juin d’exiger l’examen au jour, pourtant officiel. Il faudra t-il rappeler que ni cette jeune femme ni le jeune homme n’est élève ; le jeune est un marchant ambulant qui était en « pleine activité et s’est vu terrasser, traverser par la balle » et la femme ménagère était à la cuisine au moment de sa tragédie.
Il est venu dire au revoir à la femme, se connaissent depuis LABE, quand ils traînaient tous sur les lits d’hôpital de la ville, d’où les médecins exigeaient des bidons de 20 litres d’eau à raison de 2000 fg par bidon et des paquets de bougies pour passer à l’opération (enlèvement des balles), quelle technique rudimentaire digne de moyen age ! Car l’électricité et l’eau sont des tabous dans ce ‘’désert artificiel’’ de « château d’eaux de l’Afrique occidentale ».
Le jeune se prosterne aux pieds du lit et fixe la dame avec beaucoup de pitié, prie et rassure la femme de sa santé dans un bref délais, qu’ils « se retrouveront à LABE en bonne santé ». Au moment de cette prière entre victimes, le vieux ELH Ibrahim DIALLO président de l’union des guinéens au Sénégal qui assistait ces échanges pathétiques, sensibles, mais aussi révoltant contre, invoquait le nom de DIEU qui est pourtant un grand admirateur de CONTE l’auteur de cette tragédie de l’histoire.
Apres cette prière entre victimes du régime barbare, nous devons rejoindre d’autres membres de l’Action de la Jeunesse Guinéenne pour l’Alternance DÉmocratique la Prospérité (AJGADEP) pour remettre le jeune déjà en convalescence à ses parents, c’est au siège de l’association dans un quartier de grande agglomération Dakaroise où se réunissent constamment ses membres.
A quelques quatre pentes d’escaliers de l’immeuble qui nous mènent sur la grande terrasse qui a servit de cadre au second moment bouleversant, sous une tente installée pour la circonstance se trouvaient les délégations de la communauté guinéenne et sénégalaise, à savoir : l’union des guinéens au Sénégal ; l'Organisation Nationale des Droits de l'Homme (ONDH-Sénégal) représentée par monsieur BADIANE et la délégation de la de la jeunesse de l’union. Toutes ces délégations ont affirmé leur soutien au peuple martyr de Guinée et leur encouragement pour les membres de notre mouvement.
Quant au président de la dite l’union des guinéens, affirme son adhésion à l’association et se porte comme messager pour l’ambassade en les rassurant que « ces jeunes ne sont pas contre vous plutôt ils sont pour le pays » et il remarque l’hétérogénéité du groupe par sa connotation ethnique en ajoutant que « je suis au Sénégal depuis longtemps mais je n’ai jamais vu, une association des guinéens aussi philanthropique comme la votre ».
C’est au tour de l’oncle du jeune bénéficiaire du traitement qui est venu l’accompagner n’avait que les larmes aux yeux pour remercier l’association, surtout la présence des sages que l’association a chargé pour le remettre une enveloppe faisant leur frais de déplacement pour LABE, il voyait dans ce geste un respect auquel il est beaucoup attaché. Monsieur BADIANE le représentant de l'Organisation Nationale des Droits de l'Homme (ONDH-Sénégal) nous rappelle une fois de plus la solidarité de son organisation à l’association.
Les membres de l’Action de la Jeunesse Guinéenne pour l’Alternance Démocratique et la Prospérité (AJGADEP), expriment leur engagement pour le soutien aux frères et sœurs vivant sous le régime tumultueux ; demandent tous les victimes de la barbarie de 12 juin de joindre le Président de l'OGDH, Dr Thierno Maadjou SOW pour nous mettre en contact avec vous, pour tout traitement. Nous profitons cette occasion pour remercier son organisation pour ces malades qu’elle a bien voulu nous envoyer sauver des vies.
Nous remercions surtout les frères et sœurs ; guinéens vivant à l’extérieur «diaspora » de leur soutien qu’ils ont apporté à leur patrie en traitant ces malades, d’où que vous soyez sachez que vous avez sauvé des vies ; c’est à vous que revient l’honneur, sans votre contribution, ils devraient mourir, sans vous, nous ne saurions rien faire.
Une fois de plus les guinéens viennent de prouver leur sentiment d’appartenir à une même nation. Ils ont prouvé que le prétendu problème entre guinéens de l’intérieur et ceux de l’extérieur est un faux débat.
Nous comptons toujours sur vous.
Vice la Guinée !
Le combat continue !
Par Lamine KABA
Vice président de l’Action de la Jeunesse Guinéenne pour l’Alternance DÉmocratique et la Prospérité (AJGADEP)
E-mail de l’association : jeunessealter@yahoo.fr
Contact : laminekaba10@yahoo.fr
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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