Guinée : Déclaration du Bureau Exécutif de la Coordination des Etudiants de Kankan en Exil
lundi 03 juillet 2006
Depuis la naissance de la Coordination des Etudiants de Kankan (C.E.K) en 2002, nous n’avons cessé d’apporter des critiques objectives et des propositions réalistes aux responsables en charge du système éducatif guinéen ainsi qu’au gouvernement pour une meilleure qualification de l’école guinéenne. Nous avons très souvent déploré la manière avec laquelle nos critiques et propositions étaient rejetées en bloc sans intention de dialogue. Ce qui nous a souvent poussé à déclencher des grèves pour l’amélioration des conditions d’études et de vie au sein de nos campus.
Nous nous souvenons encore des propos mensongers du Ministre Eugène Camara, alors Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la recherche Scientifique, qui nous poussèrent à mettre fin à la grève de 2002. Rien de tout ce qu’il avait dit devant nous dans son bureau avait été respecté. N’eut été ces promesses non tenues, nous ne serions pas allé en grève en 2003, laquelle grève qui fut sauvagement réprimée et qui nous conduisît à l’exil.
Aujourd’hui encore les mêmes mensonges continus à faire le malheur des Elèves et Etudiants de Guinée. Les évènements du Lundi Noir (12 juin) sont une parfaite conséquence du mensonge des Ministres en charge de l’Enseignement Supérieur et de l’Administration du Territoire qui ont promis que les examens du Baccalauréat auront effectivement lieu le 12 juin et que toutes les dispositions étaient prises. Pourtant la déclaration de l’intersyndicale sortie quelques jours avant stipulait que la grève continuait et qu’il n’y aurait pas d’examens sur toute l’étendue du territoire.
Le Bureau Exécutif de la C.E.K penche à croire que le gouvernement s’est servi des élèves de Guinée comme appât pour traumatiser la population qui était en passe de se révolter pour l’amélioration de ses besoins vitaux. Le lundi Noir était donc un massacre planifié par le gouvernement et exécuté par les forces de l’ordre. Dans toutes les régions du pays, cette anthropophagie a été commise.
Le gouvernement de Lansana Conté a donc plongé tout le peuple de Guinée dans un deuil. Un deuil qui aurait pu être évité.
Ces évènements traduisent assez clairement la nature de ce régime en place et l’incapacité de ses tenants à donner aux fils et filles de Guinée la liberté, la paix sociale, la justice, l’unité nationale, le développement…
Les Elèves et Etudiants de Guinée ne sont pas véritablement pris en compte dans la recherche des solutions pour amorcer le développement. ont ne saurait plus compter exactement le nombre d’Elèves et Etudiants tués par les forces de l’ordre lors des manifestations de protestation et des grèves. Ceux qui sont exilés sont en nombre élevé. Ceux qui sont aux pays suivent une formation au rabais et obtiennent un diplôme sans valeur. Ceux qui ont eu l’abnégation de continuer et terminer leurs études chôment sans espoir de trouver un premier travail. L’avenir est incertain pour la jeunesse guinéenne si ce régime continu de faire sa loi.
Le pouvoir délétère de Lansana Conté a longtemps prouvé ses limites et plonge les populations et surtout les jeunes dans une misère sans précédent.
C’est pourquoi le Bureau Exécutif de la Coordination des Etudiants de Kankan en exil à Dakar, convaincu de ses principes et du fait que la dictature du régime en place à atteint son paroxysme;
Condamne de toute force les massacres perpétrés à l’endroit des Elèves guinéens en particulier et des autres jeunes en général les 12 et 13 juin 2006;
La C.E.K se joint à toutes les forces du changement et aux organisations de défenses de droits de l’homme pour réclamer justice et que soit ouverte une enquête internationale pour retrouver les fautifs et les punir conséquemment ;
La C.E.K condamne l’attitude des forces de l’ordre qui se plaisent dans l’utilisation des armes et balles réelles contre les Elèves et Etudiants manifestants ;
Elle condamne le silence complice du gouvernement et le refus du Président de l’Assemblée Nationale à ce que soit ouverte une enquête parlementaire. De telle irresponsabilité ne fait que fragiliser le tissu social.
Le Bureau Exécutif de la Coordination des Etudiants de Kankan en exil à Dakar est profondément affecté par ce qui est arrivé les 12 et 13 juin.
Le Bureau présente ses sincères condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à tout le peuple de Guinée. Ces victimes resteront à jamais gravés dans nos mémoires.
Ils sont morts pour une cause juste et commune, c’est pourquoi la C.E.K lance un appel pressant à l’ensemble des Elèves et Etudiants de Guinée afin que soit observé un refus général d’aller dans les salles d’examens tant que la lumière n’est pas faite sur les tueries du 12 et 13 juin.
Il est impératif que les coupables répondent de leurs actes ignobles devant une juridiction compétente. Il est inadmissible et insupportable que les Elèves et Etudiants de Guinée continuent de subir un tel sort.
Les examens ne doivent pas avoir lieu tant que justice n'est pas faite.
La C.E.K demande au gouvernement de Lansana Conté et ses sbires d'avoir plus de respect pour la jeunesse guinéenne et plus spécialement pour les Elèves et Etudiants qui sont l'avenir de la Guinée.
Enfin, le Bureau Exécutif de la Coordination des Etudiants de Kankan en Exil à Dakar exorte l'ensemble des Elèves et Etudiants de Guinée à prendre notre destin à bras le corps car ce pays nous appartient tous.
Que Dieu bénisse la Guinée.
Pour le Bureau de la C.E.K
Félix LAMAH, Porte Parole
Contact: coordinationetudiants_kankan@yahoo.fr
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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