Guinée : Interview de M Abdoulaye Binta Diallo, président de l’Action de la Jeunesse Guinéenne pour l’Alternance Démocratique et la Prospérité (AJGADEP)
vendredi 23 juin 2006
« Ces jeunes élèves et étudiants ne doivent être ensevelis avec l’impunité. »
La semaine dernière, les officiels de l’Ambassade de Guinée à Dakar ont ouvert les yeux pour être confrontés à un spectacle inédits : Des élèves et étudiants enchaînés les uns aux autres dans l’enceinte de la Chancellerie chantant l’Hymne nationale de la Guinée devant la presse la presse nationale et internationale accréditée à Dakar. Félix Lamah s’est entretenu avec l’un des organisateurs du « site-in » de l’Ambassade.
Les Ondes de Guinée : Voulez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Abdoulaye Binta Diallo : Je suis Abdoulaye Binta Diallo, étudiant en 4ème année Finance Comptabilité à l’Ecole Supérieure de Commerce de Dakar (SUP.DE.CO) et président de l’Action de la Jeunesse Guinéenne pour l’Alternance Démocratique et la Prospérité (AJGADEP).
LOG : Pouvez-vous nous présenter brièvement l'organisation dont vous avez l’honneur de présider ?
ABD : L’A.J.G.A.DE.P est un mouvement des jeunes guinéens et guinéennes qui oeuvre pour l’instauration en République de Guinée d’un véritable Etat de droit. Notre mouvement est né en septembre 2004 à Dakar et est ouvert à tous les guinéens sans distinction de sexe, de race, d’ethnie, de croyance religieuse et d’appartenance politique. Il vise à unir toutes les forces vives de la nation pour la construction d’une Guinée Unie, solidaire, stable et prospère. Nous luttons également pour promouvoir le dialogue social, la bonne gouvernance, l’émancipation et l’intégration des jeunes dans la vie socio-économique et politique de la nation. L’AJGADEP lutte surtout pour l’alternance démocratique en Guinée et pointe du doigt les zones d’ombre dans la gestion de la chose commune. L’adhésion est libre et volontaire.
LOG : A quoi sert un « sit-in » dans les locaux de l’Ambassade de Guinée à Dakar ?
ABD : Cet Sit-in est la manifestation de notre douleur face à la barbarie humaine contre les élèves et étudiants guinéens sauvagement massacrés par les soit disant force de l’ordre lors de la grève de l’inter-syndicat USTG-CNTG. C’était le moyen de nous faire entendre par la communauté nationale et internationale afin d’attirer leur attention sur le cas guinéen. Ces jeunes élèves et étudiants ne doivent être ensevelis avec l’impunité. Les coupables doivent répondre de leurs actes. Nous refusons l’impunité et nous avons surtout voulu par ce « sit-in » honorer l’esprit des défunts et réclamer justice. Nous demandons que soit ouverte une enquête internationale pour arrêter les commanditaires de ces actes criminels et punir les coupables à la hauteur du crime par une juridiction internationale.
Avec la présence de la presse internationale et la presse sénégalaise, je pense que notre cri a été entendu. En somme, nous avons exprimé notre raz le bol.
LOG : Votre combat n’est donc pas un soutien à l’inter-syndicat USTG-CNTG ?
ABD : Pas d’amalgame. Notre combat n’est pas celui des syndicalistes guinéens. Nous considérons que les syndicats ont intérêt à défendre les intérêts des travailleurs. Nous, nous menons un combat pour le bonheur de tous les Guinéens du forgeron au cultivateur en passant par les médecins et les analphabètes et les intellectuels. C’est toute la Guinée que nous embrassons par nos actions. Nous combattons pour le changement du régime et son système en place depuis 1984. Nous pensons que tant que ce régime délétère est en place, les guinéens ne connaîtront pas ni bonheur ni développement. C’est pourquoi nos actions continueront jusqu’à l’alternance démocratique soit une réalité en Guinée.
LOG : Avez-vous été brutalisés par la Police Sénégalaise ?
ABD : Non. La Police Sénégalaise est une Police qui respecte les droits de l’homme. En aucun moment nous avons été brutalisés. Nous avons été transférés dans un bureau du Commissariat de Police du point E (Dakar) où nous avons été questionnés par le Commissaire de Police qui nous a traité avec respect.
LOG : Votre mot de la fin.
ABD : Je voudrais profiter de l’occasion pour lancer un appel pressant à toute la Jeunesse guinéenne afin que nous nous donnions les mains pour sauver notre Patrie qui est en danger. Seuls les jeunes peuvent aujourd’hui libérer le peuple de Guinée longtemps meurtri par la dictature. Je dis souvent que nos aînés ont échoué de façon notoire dans leur combat. C’est pourquoi la génération actuelle doit se battre pour ne pas être condamnée comme eux.
Le combat ne fait que commencer et notre mouvement est décidé à aller jusqu’au bout. Je voudrais saisir cette occasion pour préciser que ce « sit-in » est organisé par tous les jeunes guinéens membres de notre mouvement (AJGADEP) est soutenu concrètement sur le terrain par les élèves, étudiants et l’ensemble de la jeunesse guinéenne aspirant à l’alternance démocratique dans notre pays.
LOG : Merci à vous
ABD : C’est moi qui vous remercie.
Propos recueilli pour Les Ondes de Guinée
Par Félix LAMAH
Contact : felisardo2003@yahoo.fr
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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