Afrique : « L’Afrique au XXIème siècle »
lundi 19 juin 2006
Frères et sœurs, très cher(e)s compatriotes, il vaut mieux le dire, seul par un miracle nos nations pourront aspirer à un développement durable dans ce monde de poursuite de croissance et de globalisation.
Et pourtant, ce miracle est encore possible mais malheureusement nous ne sommes pas assez nombreux à y croire. Ce miracle aurait été impossible si nous étions convaincu que la fin du monde était prévue dans moins d’un demi siècle, car avec l’exemple de certains pays asiatiques, nous avons vu ce que peut réaliser une nation, voir même un continent en un demi siècle.
Le défaut d’espoir et d’optimisme sont les handicapes principaux de nos nations et ces handicapes se manifestent par un égoïsme fleurissant et un individualisme remarquable, un complexe d’infériorité par rapport à nos partenaires bilatéraux et multilatéraux, un déracinement profond au point d’enrayer toutes nos valeurs ; bref, nous nous résignons et offrons nos pays et nations aux plus forts du monde et du coup, nous devenons une espèce en voie de disparition car confronté à des épidémies de dernières générations (MST, conflits, paludisme, famine, la drogue et l’alcool, le banditisme, …, analphabétisme).
- Nous arrive-t-il souvent de nous libérer de cette prison du présent et de l’instant ?
- Nous arrive-t-il souvent de lire et relire ce que nous écrivons tout au long de notre l’histoire ?
- D’abord l’esclavage, puis la colonisation, et maintenant : quoi ?
Sûrement pas l’indépendance et la liberté car comme le laisse entendre Françoise Gourdon : « Trop de personnes croient que la liberté est gratuite alors qu’elle se paie, au contraire, à un prix élevé, celui du devoir et de la responsabilité ».
Inutile de rappeler qu’un citoyen américain ou anglais ou australien ou suisse ou même français, aujourd’hui, peut naître et vivre absolument pour lui-même sans se préoccuper de la construction de ponts, de centre de santé, d’autoroutes et de centres d’éducations dans leurs pays respectifs ; mais nous ne pouvons pas concevoir, après toutes les exactions dont à été victime l’Afrique, qu’il y ai encore des citoyens africains qui ne connaissent pas leur droits et devoirs à plus forte raison les appliquer, et surtout des dirigeants qui n’assument point leur responsabilités au point de se positionner comme ennemi du peuple.
Tout citoyen africain, disposant d’un savoir, d’un avantage doit absolument le partager et chercher à l’enrichir dans un but principal qui est celui d’aider et de participer au développement et à l’émancipation de ces confrères.
Mais comment cultiver cet état d’esprit sans un programme harmonisé d’acculturation au sein des systèmes éducatifs de nos différentes nations ?
Tout est question de savoir si nous voulons rester à la queue des pays/continents du monde ou si nous voulons faire autant que ces mêmes pays/continents.
Si nous préférons rester à la queue, alors plus question de faire des efforts car nous excellons dans ce domaine, et dans ce cas nous accepterons toutes les humiliations quotidiennes dont fait face l’Afrique aujourd’hui, nous accepterons de voir les mêmes images de pauvreté, de famine, de conflits, d’épidémies et surtout nous accepterons pour toujours toutes les décisions prises dans le monde, décisions auxquelles nos confrères asiatiques prennent désormais part.
Par contre, si nous acceptons le challenge et nous refusons la résignation, et nous sommes convaincu que nous sommes de plus en plus nombreux à y croire, alors nous devrons impérativement assumer nos responsabilités. Refuser la résignation ne voudrait pas dire refuser notre histoire et ne voudrait surtout pas dire condamner, mais plutôt accepter notre histoire et écrire ensemble l’avenir pour ne plus être victime des décisions de nos confrères du G-8 et, surtout, honorer cette couleur noire tant salie.
Voilà à présent plus d’un demi siècle depuis les indépendances et nous attendons toujours ce troisième degré de prise de conscience collective, après avoir réalisé, d’abord, que l’esclavage puis la colonisation n’était que des systèmes d’exploitation purement discriminant. Il nous faut a présent être conscient du challenge qui se présente à nous et bâtir cette révolution qui permettra à nos nations et au continent africain de se relever de ce long sommeil. Mais tout laisse encore croire que nous aspirons moins a faire face à ce challenge que nous entretuer pour le pouvoir.
Rien qu’en prenant l’exemple alarmant d’un pays comme la Guinée, nous réalisons jusqu’où l’inconscience africaine est culminante.
Cette nation qui se bâtait il y a quelques années sur tous les fronts pour l’indépendance et la liberté des nations est devenue aujourd’hui la première dans la confiscation de la liberté individuelle et de la violation des droits de l’homme.
Frères et sœurs, le citoyen américain, australien, suisse ou français qui se balade sur les grandes avenues ou se soigne dans les grands hôpitaux ou s’instruit dans les grandes écoles de son pays sans préoccupations majeures jouit de ces avantages car, ces prédécesseurs ont pensé à cela avant lui ; alors frères et sœurs dites nous :
- Où se soigneront nos enfants ?
- Où se baladeront nos enfants ?
- Où étudieront nos enfants ?
Alors ne croyons nous pas qu’il faut bien qu’il y ait des précurseurs pour chaque époque ?
- Pourquoi condamner les générations futures à la l’exploitation ?
- Pourquoi condamner les générations futures à la fuite vers le nord ?
- Pourquoi condamner les générations futures à l’humiliation et la résignation ?
- Pourquoi refuser que ça soit sa génération qui soit celle désignée pour annoncer et amorcer ce challenge ?
Une seule réponse possible, c’est tout simplement que nous refusons d’assumer et fuyons nos responsabilités. Mais voilà les conséquences de ce refus, car lorsque, à l’image de l’immigration choisie d’un certain Mr Sarkozy, l’union Européenne et les Etats-Unis adoptent des politiques d’immigrations limitant les séjours de fuyards africains, alors l’eldorado disparaît peu à peu de l’horizon ; de même ; lorsque nous assistons à une intervention Française en Côte d’Ivoire voisine, quand nous assistons à une intervention américaine au Libéria, en Somalie et quand nous attendons que ces même partenaires interviennent au Darfour, qu’ils interviennent partout et sur tout les plans, je pense que nous pouvons nous réjouir de tout sauf d’être “Indépendant” car comme le disait le respectueux homme du siècle,Nelson Mandela : «Nous ne sommes pas encore libres, nous avons seulement atteint la liberté d’être libres ».
Impossible de clamer liberté alors que nous arrivons à peine à satisfaire nos principaux besoins physiologiques et comment cela serait-il possible si tout nos models de développement répondent à cette globalisation des marchés où les plus faibles n’ont aucune chance de devenir forts et grands.
Quand nous réalisons que, grâce à des organismes génétiquement modifiés (OGM), les USA sont les premiers producteurs de blés, que la France se positionne sur l’élevage, que la Chine s’occupe du textile, … ;
Alors que nos sociétés ne disposant pas encore de moyens scientifiques adéquats, quel avenir pour le coton malien, pour la bauxite guinéenne, pour notre médecine traditionnelle, pour nos marques et produits… ?
Et pourtant il y a bien une solution pour nos sociétés et nos produits, cette solution scintille du côté de l’organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole (OPEP). Le continent africain a de tout temps été l’entrepôt des richesse naturelles, mais le manque d’union et de politique d’exploitation commune et harmonisé de nos richesses nous amène en position de faiblesse sur les marchés et du coup nous ne parvenons pas à bénéficier, comme l’OPEP, des lois de l’offre et de la demande.
Frères et sœurs il est temps d’anticiper l’avenir et d’établir des models de développement adaptés qui permettront à nos nations et à notre continent d’être moins qu’un suiveur mais surtout un acteur dans l’avenir du monde. Comme nous le disions à l’introduction, la course peut être qualifiée de précipitation de la part de nos confrères nordistes car la ligne d’arrivée n’est pas encore déterminée.
Aujourd’hui, le dumping environnemental est arrivé à un tel niveau que l’équilibre écologique est plus que jamais remis en cause et menacé : les effets de serre, le réchauffement climatique, l’avancée du désert, la déforestation, les déchets nucléaires et surtout l’épuisement des ressources naturelles comme l’eau, le gaz, le pétrole,… ; tous ces maux environnementaux sont dus au caractère individualiste et égoïste de l’humanité qui pousse chacun à la recherche du profit maximum et de la croissance absolue ; mais désormais nous réalisons que la planète a ses limites et seul un programme de développement global et intégré peut permettre à nos nations et au monde entier de sauver l’avenir du globe terrestre et, peut-être, de repousser la fin du monde pour des millénaires.
Cher(e)s frères et sœurs, l’avenir est dans la décroissance et anticiper l’avenir veut tout simplement dire s’unir et travailler tous ensemble en définissant des models de développement écologique et de productions biologiques.
Toutes les contraintes sont réunies pour faire de l’union africaine une réalité, mais il nous reste à présent à réunir les conditions nécessaires pour promouvoir cette unité et la solidarité des États africains. Ce point est sûrement le plus épineux de la réalité politique africaine et c’est justement de ce point que peut surgir la véritable révolution.
Cette révolution devrait se manifester par l’épanouissement et la responsabilisation de nos citoyens dans gestion des affaires publiques et, de nos jours, seul un sentiment profond de nationalisme permettra à nos concitoyens de négliger cet intérêt absolument individuel par rapport à celui de la nation et du continent africain.
Malheureusement l’un des principaux obstacles à cette révolution est la place qu’occupe le pouvoir militaire dans nos nations ; Nous l’évoquons rarement mais il faut vraiment y mettre le doigt car l’Afrique évolue à l’image de la mentalité de sa classe armée, alors que nous devions évoluer à l’image des mentalités de nos intellectuels intègres. Frères et sœurs, que nous le disons tôt ou plus tard, il faudrait nécessairement que nos forces armées africaines épousent et adoptent entièrement la nécessité et l’importance de la séparation des pouvoirs au sein de nos sociétés.
L’Union Africaine devrait en faire un véritable axe pour la prévention des conflits et la lutte pour l’éradication des pouvoirs clientéliste. Les pouvoirs militaires africains constituent ce frein à la démocratisation de nos nations, mais étant donné que la démocratisation des nations est inéluctable, alors elles se feront soit par une transition pacifique, dans ce cas nous remarquons très souvent une obtempération des pouvoirs militaires, cas assez rare en Afrique ; soit par une méthode violente avec des révoltes populaires qui se solderont par des guerres civiles, dans la majeure partie des cas, ou des bains de sang comme ça été le cas tout récemment au Togo voisin et comme c’est le cas actuellement en Guinée avec le pouvoir militaire totalitaire du Général Lansana Conté qui n’hésite pas de tirer à balle réelle sur les élèves manifestants leur droits le plus légitime qui est celui du droits à l’Education.
Frères et sœurs, l'Afrique doit avoir la volonté de prendre au sérieux la question de la bonne gestion des affaires publiques afin d'assurer le respect des droits de la personne, la primauté du droit et de promouvoir la transparence et la compétence dans l'administration publique. Si elle néglige la saine gestion des affaires publiques, l'Afrique n'échappera pas au danger très réel, et si évident aujourd'hui, de voir encore éclater des conflits. le regroupement des Etats, que ce soit à travers la coopération ou l'intégration régionale, est une nécessité, un grand nombre de pays africains n'étant pas véritablement viables et supportant des coûts de structures disproportionnés par rapport à leur taille ont des difficultés énormes dans ce sens ,mais après tout sachez que c’est seulement en dansant à sa manière que l’Afrique peut apporter quelque chose de nouveau dans ce monde et pour danser à sa manière, quelques chose manque à l’Afrique, cette chose l’Afrique l’a chercher et continue à la rechercher: c’est l’union .
Sachons que, après tout, même l'Europe en 1945 a été complètement dévastée par la guerre, de façon bien plus générale que ne l'est l'Afrique aujourd'hui. La paix et la prospérité qu'elle connaît à l'heure actuelle offrent un contraste frappant. On ne saurait nier que cet état de chose est dû, au moins en partie, à l'intégration régionale. Mais cette intégration à fait l’objet de longue année de travail (apprendre à vivre ensemble, avoir des visions différentes mais des objectifs commun dans un nationalisme évident) et aujourd’hui, c’est l’union, l’union européenne.
Alors pourquoi pas l’Afrique?
A toi mon Afrique
Oh ! Afrique mon Afrique,
Afrique berceau de l’humanité,
Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales,
Afrique ! Une si belle terre qui a vu naître de si grands hommes,
Entend ma voie Afrique, entend nous Afrique, ne désespère pas car nous sommes, sur le chemin vers toi, fiers du sang noir qui circule dans nos veines,
Le sang de ta sueur, la sueur de ton travail, le travail de l’esclavage de tes enfants;
Oh ! Afrique, tes contours m’inspirent tantôt le visage d’une femme, tantôt une marée d’enfants partageant leurs sourires…,
Afrique ! Tu es gravée à jamais dans mon cœur et j’ai ce besoin de partager ta flamme, cette flamme d’honneur».v
« Vive la voix de la jeunesse africaine, vive la renaissance africaine pour que vive l’Afrique !»
Par Mamadou Oury Diallo
E-mail : chiccodiallo@yahoo.fr
Représentant de Nlsguinee.com au Maroc
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