Guinée : Un accord trouvé pour mettre fin à la grève générale en Guinée
samedi 17 juin 2006
CONAKRY - Un accord est intervenu vendredi soir entre le gouvernement guinéen, le patronat et les deux principales centrales syndicales. Il intervient après huit jours de grève générale et des manifestations de lycéens réprimées dans le sang.
Le mouvement de grève illimitée avait paralysé le pays depuis le 8 juin et avait conduit au report sine die lundi des épreuves du baccalauréat, provoquant la colère de lycéens. La répression des manifestations a fait 18 morts et 83 blessés à Conakry et en province, selon des sources hospitalières et des témoins.
L'accord a été signé au ministère de l'Intérieur entre des représentants du patronat, de l'intercentrale syndicale Confédération Nationale des Travailleurs Guinéens (CNTG) et Union Syndicale des Travailleurs Guinéens (USTG) et le gouvernement, représenté notamment par son ministre et porte-parole, Moussa Solano.
Il prévoit des augmentations salariales, des mesures sur les départs en retraite des fonctionnaires et des discussions sur le prix du carburant à la pompe "en fonction du prix du marché".
L'intercentrale CNTG/USTG réclamait des augmentations salariales immédiates, une révision à la baisse du prix du pétrole à la pompe et une diminution du prix du sac de riz.
Une porte-parole de l'intercentrale, Mme Diallo Taïbou, a demandé vendredi soir aux travailleurs guinéens de "reprendre le travail dès samedi".
Depuis le 8 juin, les principales villes de Guinée ont été paralysées par la grève générale appelée par l'intercentrale. Les commerces, les banques, les administrations et les établissements scolaires sont restés fermés depuis lors.
Vendredi, la police guinéenne a annoncé que la répression des manifestations de lycéens et collégiens en début de semaine avait fait onze morts dans l'ensemble du pays.
Des sources hospitalières et des témoins avaient toutefois fait état auprès de l'AFP d'un bilan de 18 morts et 83 blessés.
SDA-ATS
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