Guinée : L’Inter-Centrale vote la poursuite de la grève et soupçonne le Gouvernement de vouloir gagner du temps
vendredi 16 juin 2006
Les délégués syndicaux se sont réunis le jeudi 15 juin 2006 à la Bourse de Travail de Boulbinet (Conakry) pour décider de la suite à donner à leur mouvement.
Après un constat sévère sur l’état d’avancement des négociations, ils ont décidé unanimement la poursuite la grève.
Lors des discussions entre délégués syndicalistes, plusieurs points furent abordés.
Les maigres résultats des négociations - très en deçà des attentes - furent tout d’abord présentés à l’assistance.
Il s’agit notamment de deux (2) propositions faites par le Gouvernement :
1- Indemnités de logement et de transport :
Le Gouvernement propose cinquante milles francs guinéens (50 000,00 fg) comme indemnité de logement et cinquante milles autres comme indemnité de transport. Ces deux (2) indemnités seraient payables en deux (2) tranches :
- le paiement de la première tranche est prévu à partir de juillet 2006
- quant à la deuxième tranche, ce serait en janvier 2007.
2- Le prix du sac de riz revu à la baisse :
Le Gouvernement propose de revoir à la baisse le prix du sac de riz, alimentation de base du guinéen. Ainsi, le sac de riz passera de cent vingt mille (120 000,00) francs guinéens à quatre vingt cinq milles (85 000,00) fg.
Ces propositions gouvernementales ont été rejetées en bloc par les grévistes, les jugeant trop insuffisantes.
La grève a été donc reconduite suite à ce refus !
A noter que sur chaque litre d’essence revendu actuellement, le Gouvernement retire mille huit cent (1 800,00) francs guinéens sous forme de taxes.
Ce constat amène la Commission de négociation par la voie de M Sy Savané (un des membres syndicalistes) à supposer ce qui suit :
« Si le Gouvernement acceptait de baisser trois cents (300,00) fg sur les taxes perçues par litre d’essence vendu - c’est-à-dire prélever 1 500,00 fg au lieu des 1 800,00 fg actuellement prélevés – le coût exorbitant des denrées de premières nécessité sur le marché guinéen ainsi que l’augmentation des coûts de transport ne seraient pas aussi durement ressentie par la population… »
Selon les délégués syndicaux, il existerait bel et bien une marge de manœuvre pour le Gouvernement. C’est donc aux autorités de saisir cette occasion pour satisfaire entièrement les revendications de l’Inter Centrale (USTG-CNTG).
Le gouvernement doit renoncer à une partie des 1 800,00 fg qu’il perçoit sur chaque litre d’essence vendu. Ceci éviterait aux pauvres populations de supporter toutes seules les conséquences des hausses multiples du prix du carburant.
De plus en plus de voix s’élèvent contre l’insolent train de vie actuel des hauts fonctionnaires de l’Etat. Réduire ce train serait plus que jamais nécessaire !
Espérons que l’appel de l’Inter Centrale sera entendu par le Gouvernement pour permettre ainsi une sortie de crise rapide.
Quoiqu’il en soit, rien ne justifie le massacre de tous ces jeunes élèves !
Seraient-ils morts pour rien ?
Par Lansana A. Camara
Correspondant permanent de Nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Tél. (224)- 64- 30- 74- 06
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