Guinée : La gestion de la misère comme dernier rempart d’un régime impopulaire
mardi 13 juin 2006
Le pouvoir est absolument convaincu que plus, le peuple est dans la misère et dans le besoin, plus ses intérêts personnels seront sauvegardés et multipliés.
Le pouvoir a cru dur comme fer, tant que les gens sont démunis de tout, personne n'aura ni le temps, ni les moyens de chercher à s'opposer à sa politique diabolique, à revendiquer son droit.
En effet le système voudrait, que les gens s'occupent ou orientent leurs activités et leurs quotidiens à la recherche et à la satisfaction des besoins primaires : se nourrir, se vêtir ou se soigner et non s'occuper à revendiquer ses droits ou de s'opposer à la gestion calamiteuse du pays.
Pour ce faire, les gouvernants ont d'abord commencé à affamer la population, en faisant tout pour que le niveau de vie des nationaux baisse très sérieusement, en rendant la vie chère aux fonctionnaires, en réduisant au maximum les salaires de l'ensemble des travailleurs grâce à des systèmes de retenues sur la solde et l’augmentation du prix de carburant, en ne payant plus les retraités, en faisant disparaître les avantages sociaux et une multitude d'autres mesures en ce sens.
Leur souci n’étant plus de servir la population ; mais plutôt comment se servir de la misère pour la affamer et garder aussi longtemps que possible la population dans la précarité ?
Ils ont rendu le transport impraticable qui pourrait servir le peuple dans ses déplacements, l’électricité qui pourrait servir la population à conserver sa nourriture pendant le temps de grève est inexistante. Ils ont rendu le téléphone injoignable qui pourrait coordonner le mouvement de grève. Ils ne parlent plus de radios privées qui peuvent orienter et informer objectivement le peuple sur tout mouvement allant dans le sens contraire de leurs poils.
Si les syndicalistes, ne peuvent que demander « aux travailleurs de rester à la maison » et non d´être dans la rue dont seuls les partis politiques ont cette vocation. Il est nécessaire aujourd´hui de mettre le tandem syndicats-partis politiques en place pour faire partir le plus rapidement ce régime néfaste pour la Guinée.
Donc soutenir les syndicalistes est une bonne chose. Et appeler les partis politiques à se donner la main pour coordonner une action d’envergure, afin de mettre fin à ce régime, est indispensable. Un appel commun des leaders peut faire partir CONTE dans un bref délai pour éviter que la population guinéenne ne sombre plus davantage dans la misère et la précarité car la liberté est douce mais la faim est atroce !
Sans le soutien bien coordonné des leaders, la grève des syndicalistes ne peut pas déboucher sur le départ du régime comme souhaité par des millions de personnes à moins qu’un miracle se produit et pas seulement un miracle, mais des miracles.
Lamine KABA
Dakar (Sénégal)
E-mail : laminekaba10@yahoo.fr
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