Guinée : Grève générale des travailleurs : le gouvernement a 24 heures pour convaincre les syndicalistes
dimanche 11 juin 2006
"Le gouvernement, fidele à sa politique qui consiste à diviser pour aboutir à ses fins, utilise les médias publics et s'appuie sur des éléments acquis à sa cause pour désinformer les travailleurs et les populations guinéennes au lieu de faire face à nos principales revendications. Il suffit que le gouvernement réduise son train de vie, procède à la moralisation de la vie publique et instaure la bonne gouvernance.
Tout le monde sait, par exemple que le parc automobile du gouvernement guinéen est des plus fournis de tous les pays de la sous région : des 4x4 rutilants et autres véhicules sorties d'usine en nombre pléthorique. Or les frais d'entretien de ce parc à lui tout seul suffit à payer tous les fonctionnaires. Si l'on ajoute à cela tous les autres avantages qu’ils perçoivent quotidiennement, ainsi que les recettes minières, halieutiques et autres ressources, cela suffirait à rendre les guinéens heureux.
C'est pour préserver les avantages que les représentants du gouvernement font semblant de négocier alors qu'ils mettent en place insidieusement une stratégie de sape du mouvement de grève: utilisation des APEAE, des élèves, de la corruption de certains élus syndicaux notamment ceux du secteur des transports (Matam et Kaloum en l'occurrence, etc).
Les enseignants doivent comprendre que c'est maintenant ou jamais qu'ils parviendront à l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail en radicalisant leur position dans la poursuite du combat"
Telle est donc la déclaration issue de concertation entre les syndicaux de l'éducation en rapport avec les deux centrales syndicales CNTG USTG.
Pour ainsi dire claire les choses le gouvernement guinéen n'a pratiquement que 24 heures pour convaincre tous les acteurs impliqués dans le déroulement des examens de fin d'année scolaires et universitaires. "Si le gouvernement ne négocie pas bien il peut alors prendre les militaires, les gendarmes, les policiers, les douaniers et que sais-je encore pour aller superviser les examens. En tous cas chez nous la grève continue jusqu'à nouvel ordre. Nous sommes prêts à sacrifier notre vie pour parvenir à notre objectif. Trop, c'est trop..." lançait un syndicaliste plus que jamais déterminé à Boulbinet.
Au moment où nous allions sous presse des négociations sont entamées entre les parties en conflit pour trouver un consensus allant dans l'intérêt de chacun et de tous.
Une Dépêche de Lansana A. Camara
Correspondant permanent de Nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Tél. (224)- 64- 30- 74- 06
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