Guinée : La stratégie en deux phases de Fodé Bangoura mise à rudes épreuves par les officiers supérieurs de l’armée qui veulent lui barrer la route
samedi 10 juin 2006
Le plan raté ou la deuxième phase ratée du « Coup d’Etat » de Fodé Bangoura !
Dans sa quête infinie pour asseoir sa mainmise sur le pouvoir, Mr Fodé Bangoura, le « Nouveau Premier Ministre dans l’ombre » a manqué de justesse de parachever le contrôle absolu des affaires du pays.
Toutefois, l’armée semble être un obstacle insurmontable pour ne pas dire un handicap majeur pour celui qui a réussi à écarter temporairement ses principaux protagonistes civils dans la course à la succession. On pense particulièrement à la mise à l’écart de l’ex Premier Ministre Cellou Diallo qui commençait à lui faire de l’ombre.
Comment contrôler cette grande muette, l’armée ?
Voilà toute la problématique qui empêche le nouveau ministre guinéen des Affaires présidentielles de dormir.
Selon des informations venant des hommes très proches du cercle des amis du « sous clan Fodé Bangoura », ce dernier s’apprêtait à prendre le pouvoir en procédant à des arrestations massives au sein de la vieille garde militaire.
Il avait mis un plan de remaniement au sein de l’armée qui faciliterait la mise aux arrêts de certains barons militaires considérés comme hostile à la prise du pouvoir par un civil.
Parmi les personnes visées et qui devraient être arrêtées par les sbires de Fodé Bangoura, figurent des noms pas les moindres.
Entre autres, on retrouve sur la liste secrète des personnes ciblées par Mr. Fodé Bangoura, le Général Kerfalla Camara, chef d’Etat Major Inter-Armes qui se considère comme l’héritier hiérarchique et légitime du Général Lansana Conté, le Général Arafan Camara, Adjoint du chef d’état major inter armes, le Général Kaba 43, Chef d’état major de l’armée de terre, Général Alsény Fofana, Conseiller à l’état major inter armes, le Colonel Jacques Touré, Commandant de la Gendarmerie Nationale.
Sur cette même liste figurent d’autres militaires déjà en retraite ; il s’agit du Commandant Ousmane Sow, le Général Bailo Diallo et d’autres sans oublier plusieurs jeunes officiers de l’armée notamment ceux des promotions 1990 à 1994.
Sachant qu’il n’a pas le support de l’armée, Fodé Bangoura voulait d’abord faire un remaniement dans l’armée, la police et la gendarmerie pour placer ses hommes de confiance, arrêter les officiers considérés gênants et enfin proclamer de façon officielle qu’il, à cause de la vacance du pouvoir, prenait la tête du pays.
Il avait projeté de le faire pendant cette période de grève. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs, qu’il n’a fourni aucun effort politique pour dénouer la crise.
Il voulait profiter du chaos pour accomplir la deuxième phase de son coup d’Etat après avoir réussi la première phase en écartant l’ex premier ministre Cellou Dalein Diallo et ses proches du Gouvernement.
L’échec de coup de force est arrivé après qu’un des participants à la mise de la feuille de route du complot, voyant la gravité, le danger, la maladresse et la brutalité du plan ait alerté le Général Kerfalla Camara qui, aussitôt a alerté ses camarades de la vieille garde.
L’informateur, celui par qui est passée la fuite du plan serait un proche de Mr Kidiri Bangoura, qui a vu ses ambitions présidentielles voler en éclat et son rêve brisé après le remaniement orchestré par Fodé Bangoura.
Remaniement qui a vu Mr. Kiridi Bangoura perdre son puissant portefeuille de Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, rétrogradé ainsi au poste moins stratégique de Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Cette perte de poids s’inscrit dans le cadre de la lutte des clans.
Il n’est un secret pour personne que Kidiri Bangoura visait le fauteuil présidentiel et voyait Fodé Bangoura, malgré leur parenté ethnique, comme un vieil arriviste sans éducation réelle.
Kidiri Bangoura se voyait en effet comme l’étoile montante et l’incarnation de la jeunesse parmi les multiples prétendants et protagonistes à la succession.
Après une séance de concertation pour élaborer un plan de contre attaque contre Fodé Bangoura, une délégation, à la tête de laquelle se trouvait le Chef d’Etat Major Inter-Armes et son adjoint, est partie informer le Général Lansana Conté du fameux projet sadique et satanique.
À l’arrivée de la délégation de l’Etat Major, le Général Lansana Conté, croyant que son Etat Major conduit par le Général Kerfalla Camara était venu le destituer, a aussitôt compris la gravite de la situation. C’est ainsi, il a réuni l’ensemble des officiers supérieurs au Camp Samory à Conakry 1 pour leur assurer que la succession en Guinée sera militaire et qu’aucun civil ne viendra perturber la cohésion et le calme qui existe au sein de l’armée particulièrement entre les officiers supérieurs et leur Commandant en Chef, le Général Lansana Conté.
Pour concrétiser cela et adoucir les inquiétudes, le Général Lansana Conté, prend un décret immédiat, rappelant que c’est lui et seul lui qui demeure « Commandant en Chef des Forces Armées et Ministre de la Défense », une façon de rassurer les militaires que Fodé Bangoura n’est là que temporairement comme gardien du bateau en naufrage.
Selon notre informateur, le Général Lansana Conté rappellera aux officiers présents en ces termes : nous sommes ensembles et devons rester ensembles sans se préoccuper de ces civils du gouvernement que je considère comme des servants que je peux renvoyer à tout moment.
Il semblerait qu’après cette réunion de crise l’éphémère confiance s’est rétablie mais le doute persiste et chacun regarde derrière ses épaules car Fodé Bangoura qui a appris a boire dans le bouilloire présidentiel ne désarme pas selon des personnes qui le côtoient et connaissent bien sa ruse.
Ayant recruté une armada de charlatans, magiciens dont certains sont importés d’Asie (Inde), de marabouts nationaux et venant d’ailleurs, en Afrique, Fodé Bangoura a travaillé et continue son travail mystique de sorcellerie pour hypnotiser le général Lansana Conte et ceux considérés comme des opposants à son dessein de « Coup d’Etat ».
Le ministre des affaires présidentielles se voit déjà dans la peau du président ; il entend utiliser sa nouvelle fonction pour asséner un coup mortel au premier guinéen qui se dressera sur son chemin.
Ce qui est certain, ce chaos au sommet de l’Etat ne fait que renforcer la position de Fodé Bangoura, il est aux aguets et ne désarme pas. Il entend imposer à ses adversaires sa macabre stratégie au moment opportun.
Celui qui se voit déjà à la place de Conté, a réussi à s’entourer des plus grands extrémistes de son ethnie, surtout ceux qui sont mortellement endoctrinés et qui pensent que la conservation du pouvoir au sein de l’ethnie et du clan passe forcement par la formule : « Fodé Bangoura, Président de la République de Guinée ou le chaos ».
Sur sa route pour la deuxième phase de prise du pouvoir, Fodé Bangoura a le soutien inconditionnel de El Hadj Mamadou Sylla, président du Patronat guinéen, la deuxième dame du pays Hadja Kadiatou Seth (très proche de El Hadj Mamadou Sylla et Fodé Bangoura ; ce dernier a semble-t-il promis de l’épouser si Lansana Conte mourrait), Jacques Sultan, Ministre des Postes et Télécommunications et l’Association des Commerçants Libanais avec en tête Mlle Chantal Cole.
Nous y reviendrons avec plus de détails.
Par Moussa Sylla, depuis Kipé, Conakry.
COntact : msylla@yahoo.fr
Une Correspondance pour Nlsguinee.com
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