Guinée : COMMUNIQUE DE PRESSE DU PARTI DYAMA SUR LA GREVE GENERALE ILLIMITEE LANCEE PAR L’INTER SYNDICALE CNTG - USTG
vendredi 09 juin 2006
Les syndicats CNTG et USTG ont décidé de reprendre en ce jour 08 juin 2006, comme nous l’avons prévu dans notre interview publiée par « Le Miroir » début mai 2006 à Conakry, de reprendre la grève générale de cinq jours qui avait été suspendue après un succès éclatant. Il s’agissait de vérifier, entre-temps, si le gouvernement guinéen était capable de respecter les promesses qui ont été formulées lors des négociations tripartites administration - patronat - syndicats.
Pour nous, il était tout à fait prévisible que ce régime, et pas seulement le gouvernement du moment, ne sera jamais capable de respecter le moindre engagement par rapport à la situation de misère indescriptible qu’il s’applique à imposer au Peuple de Guinée depuis 22 ans.
Cela, pour la seule et simple raison que notre pays vit sous la férule d’une dictature militaire corrompue et sans compassion, qui a toujours cru pouvoir résoudre ses difficultés en usant de la force et de la violence contre qui que ce soit qui ose lever la tête. Mais il y a une limite à l’usage de la force et de la violence.
Les Guinéens et les Guinéennes sont à bout de force. Ils ne veulent plus de promesses. Ils veulent des actes. Ils veulent de l’eau à boire, du riz à manger, de l’électricité pour les tâches de la vie quotidienne et professionnelle, des moyens de déplacement à la portée de leurs bourses, du travail pour leurs enfants et de quoi assurer une retraite paisible.
Quel est ce régime qui, en 22 ans de pouvoir sans partage et malgré toutes les aides reçues sous formes de dons, de crédits, de prêts ou d’investissements directs, se révèle incapable d’assurer à ses populations le minimum vital auquel celles-ci ont droit ?
Il ne s’agit pourtant pas d’un pays démuni et enclavé du Sahel, mais plutôt d’un pays où l’on exploite annuellement plus de quinze millions de tonnes de bauxite, plus de 350 000 carats de diamant, plus de 20 tonnes d’or ; un pays qui possède plus de 300 kilomètres de côte sur l’océan atlantique, plus de 700 000 ha de terre cultivable, plus de 1 200 cours d’eau qui ne tarissent pas toute l’année ; un pays où les fleuves Niger, Sénégal, Gambie et Mano prennent leurs sources ; un pays qui possède dans les entrailles du Mont Nimba plus de un milliard de tonnes de minerais de fer, qui possède encore plus dans le Mont Simandou et dont la capitale Conakry repose sur plus de trois milliards de tonnes de minerais de fer !
Il faut vraiment vouloir « cultiver » de la misère pour ses administrés, pour qu’un pays comme la République de Guinée se retrouve en peloton de queue de la sous - région d’Afrique de l’Ouest.
Ceux qui croient que plus les Guinéens auront le souci du pain quotidien, moins ils penseront à leur pouvoir, doivent déchanter aujourd’hui. Car la grève générale illimitée qui vient de commencer et que le Parti DYAMA soutient de toutes ses forces, risque de creuser la tombe de leur régime.
Mais tout en soutenant la grève générale illimitée, nous devrons rester vigilants afin de contrer par des manifestations non violentes mais déterminées, toute tentative de sauvetage du régime par des moyens détournés - coup d’état de Palais ou ethno stratégique - et, le moment venu, de n’accepter aucune autre alternative que celle d’une transition consensuelle proposée par la Concertation nationale du 17 au 20 mars 2006 à Conakry.
Vive la grève générale illimitée ! Vive la Concertation nationale ! Vive la République de Guinée !
Le Président du Parti DYAMA
M. Mansour KABA
Correspondance pour Nlsguinee.com
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