Guinée : Communiqué de presse du MAE français à propos de la récente visite de Mme Brigitte Girardin
vendredi 09 juin 2006
I- Discours de Mme Brigitte Girardin, Ministre Déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie à l’occasion de la signature du document–cadre de partenariat (DCP)
(Conakry, 29 mai 2006)
Monsieur le Ministre de la Coopération,
Mesdames et Messieurs les Membres du gouvernement,
Mesdames et Messieurs,
Je suis heureuse de vous retrouver aujourd'hui pour formaliser avec vous les priorités de notre coopération en faveur du développement de la Guinée, avec la signature de ce document-cadre de partenariat (DCP).
Le moment choisi pour cette signature me paraît particulièrement opportun : il illustre en effet le choix de la France de s'engager résolument à vos côtés, alors même que votre pays doit affronter des difficultés croissantes. Cet engagement de la France est important, puisqu'il représente une enveloppe financière de l'ordre de 100 millions d'euros pour la période 2006-2010. La France entend ainsi conforter sa place de premier partenaire de la Guinée, dont environ 30 % de l'aide internationale qu'elle perçoit provient de notre pays.
Pour la France, ce document-cadre de partenariat est aussi le nouvel instrument privilégié de sa politique de coopération, à la suite de la réforme de notre aide au développement. Par cette réforme, il s'agit pour nous d'améliorer notre capacité d'initiative et notre efficacité, en veillant notamment à une programmation plus sélective de nos interventions et à un soutien accru à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Il s'agit aussi de clarifier les rôles entre nos différents intervenants que sont les services de coopération et d'action culturelle et les agences locales de l'AFD. Enfin et peut-être surtout, il s'agit de privilégier désormais un véritable dialogue avec les pays-partenaires, gage d'un partenariat moderne. C'est d'ailleurs de ce dialogue avec vous qu'est issu le document-cadre de partenariat que nous allons signer dans quelques instants.
Monsieur le Ministre de la Coopération,
Vous êtes bien placés, vous-même et vos collaborateurs, pour apprécier la qualité des échanges qui ont eu lieu tout au long de la préparation de ce document. Vous avez su mobiliser l'ensemble des autres départements ministériels concernés, et vous avez assuré la synthèse des nombreuses contributions recueillies. De notre côté, notre ambassadeur et ses services ont veillé à prendre en compte tout à la fois vos propositions, le contexte général du pays, mais aussi ma volonté de faire du DCP un réel outil de programmation, mieux à même de rendre l'aide française plus lisible, plus partenariale, plus prévisible et plus efficace.
Au total, le document que nous allons signer traduit bien l'ambition commune à nos deux pays d'inscrire nos actions dans la durée, en tenant compte des priorités définies par votre gouvernement, mais aussi des interventions des autres bailleurs de fonds internationaux.
Ce document servira dorénavant de référence à l'ensemble de nos projets de coopération pour les cinq prochaines années. Il définit les secteurs dans lesquels notre partenariat va se concentrer, et il s'accompagne d'une liste de projets qui constituent autant d'actions concrètes de notre coopération.
A ce titre, il prévoit la concentration de 80 % de notre aide sur trois secteurs prioritaires qui ont été choisis en fonction de vos besoins, et en accord avec vous. En évitant ainsi le saupoudrage, il s'agit de rendre notre aide plus efficace et plus visible.
Ces trois secteurs prioritaires sont l'éducation, l'agriculture, et enfin l'eau et l'assainissement :
- en matière d'éducation, nous souhaitons vous appuyer pour améliorer l'accès à l'école, à la fois par la création ou la rénovation de vos infrastructures, mais aussi en veillant à mieux former vos enseignants et à mieux gérer vos personnels ;
- dans le secteur de l'agriculture, nous vous aiderons notamment à professionnaliser vos principales filières, mais aussi à accroître votre potentiel hydro-agricole, dans une logique de développement durable ;
- enfin dans le domaine de l'eau et de l'assainissement, nous souhaitons contribuer à améliorer l'accès à l'eau potable notamment au profit des populations villageoises, et développer par ailleurs l'assainissement de vos principales agglomérations.
Sur ce dernier point, je me rendrai d'ailleurs demain matin à Kindia pour inaugurer un important projet d'adduction d'eau réalisé et financé par la France à hauteur de 4 millions d'euros.
En complément de ces trois secteurs de concentration, la France entend aussi poursuivre des actions dites transversales dans trois domaines :
- d'abord dans le domaine de la gouvernance, notamment pour mieux structurer les professions judiciaires, appuyer votre processus de décentralisation, ou encore améliorer votre circuit de la dépense publique ;
- ensuite, dans le domaine de l'enseignement supérieur et la recherche ;
et enfin, dans le domaine de la diversité culturelle et de la francophonie, avec - notamment un accompagnement de votre politique de libéralisation des ondes, et un appui au désenclavement numérique pour favoriser l'accès à l'information et l'ouverture sur le monde extérieur.
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Monsieur le Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique,
Au moment de formaliser notre nouveau cadre de coopération avec la Guinée, il m'est particulièrement agréable de pouvoir immédiatement en donner avec vous une première illustration concrète, par la signature aujourd'hui d'un projet du Fonds de solidarité prioritaire intitulé : "appui à la modernisation de l'enseignement supérieur".
D'un montant de 750 000 euros, ce projet a un triple objectif :
- D'abord, adapter l'université guinéenne aux nouvelles normes internationales, en favorisant la mise en place de cursus conformes au modèle "L.M.D" (Licence, Master, Doctorat) ;
- Ensuite, créer trois nouvelles formations de licences professionnelles à Conakry, Kankan et Mamou, en impliquant les partenaires sociaux dans le contenu de ces formations ;
- Enfin, renforcer le pilotage des institutions de l'enseignement supérieur et mettre en place des modules de français sur objectifs spécifiques, qui permettront aux étudiants d'aborder leurs cursus d'études dans de bonnes conditions.
Six universités françaises apporteront leur concours à ce projet, que ce soit pour contribuer à l'élaboration des cursus, à la formation des formateurs - localement et en France , ou encore pour mettre à disposition une documentation adaptée, ou pour aménager et équiper sept laboratoires dans les domaines de la cartographie, de la maintenance industrielle, de l'informatique, de la physique, de l'électronique et de l'instrumentation.
* * *
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Ce nouveau partenariat souhaité par la France est révélateur de la confiance qu'elle place dans la Guinée, mais il est aussi à la hauteur de ses fortes attentes en matière de réformes politiques et économiques, indispensables au développement durable de votre pays.
Je tiens d'ailleurs à souligner que l'effort ainsi consenti par la France est appelé à s'accroître davantage encore, du moins lorsque la Guinée aura atteint son point d'achèvement dans le cadre de l'initiative PPTE. En effet, la France augmentera alors son volume d'aide à la Guinée, au titre d'un effort additionnel bilatéral qui prendra la forme d'un contrat de désendettement et de développement (C2D).
Enfin, je souhaite indiquer que deux autres projets de coopération devraient pouvoir être signés entre nos deux pays d'ici à la fin de l'année : d'abord, un projet d'appui au secteur judiciaire pour un montant de 1 500 000 euros ; ensuite, un projet du Fonds social de développement à hauteur de 800 000 euros. Toutes ces actions s'inscrivent évidemment dans les orientations retenues par le document-cadre de partenariat.
Aujourd'hui, nous franchissons donc ensemble un pas important de notre relation bilatérale. C'est tout le sens de ma présence parmi vous en Guinée : vous redire l'estime et l'amitié de la France, et surtout sa détermination à poursuivre son engagement à vos côtés.
Je vous remercie./.
II- DISCOURS A L'OCCASION DE L'INAUGURATION DU PROJET D'ADDUCTION D'EAU DE KILISSI
(Kindia, 30 mai 2006))
Madame la Ministre de l'Energie et de l'Hydraulique,
Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Directeur général de la SEG,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi tout d'abord de vous dire le réel plaisir qui est le mien à me trouver ce matin parmi vous, à Kindia. Ce bref déplacement en dehors de Conakry me permet en effet de percevoir une autre réalité de la Guinée, et je veux donc vous remercier très sincèrement pour la chaleur de votre accueil.
Ce plaisir à me trouver parmi vous est d'autant plus grand qu'il s'agit d'inaugurer, avec vous, l'une des manifestations tangibles de la politique de coopération de la France dans votre pays. En inaugurant aujourd'hui ce projet d'adduction d'eau, j'ai en effet la satisfaction d'apporter une réponse très concrète aux difficultés quotidiennes des habitants de cette ville. Et c'est d'ailleurs précisément ce genre de projets de coopération, directement perceptibles et profitables aux populations, que je m'efforce de mettre en avant à la tête de mon ministère.
Cela fait plus de quinze ans que la France appuie l'amélioration de la desserte en eau potable des populations de la ville de Kindia.
Dès 1988, en effet, l'Agence française de Développement a engagé 13 millions de francs français - 2 millions d'euros - dans un premier programme de réhabilitation et d'extension du système d'amélioration en eau potable de la ville. Moins de dix ans plus tard, la croissance de la population, avec environ 90.000 habitants, rendait nécessaire d'engager un nouveau projet de modernisation et d'extension du réseau d'eau. Et c'est donc avec votre département, Madame la Ministre, mais aussi avec la SONEG devenue la SEG en 2001, que l'AFD a œuvré pour parvenir à la mise en service de ce nouvel équipement que nous inaugurons aujourd'hui.
Pour y parvenir, un financement par subvention de près de 4 millions d'euros a été consenti par la France, afin de réhabiliter les installations de pompage et de traitement, ici-même à Kilissi. Ce financement a également permis de moderniser et d'étendre le réseau de transport de l'eau potable, en offrant à 20.000 Kindiakas la possibilité de se raccorder directement au réseau d'eau potable de la SEG.
Lorsque l'on sait que la SEG ne compte aujourd'hui que 1.600 abonnés actifs au réseau d'eau potable de Kindia, on mesure bien les formidables potentialités des installations que nous inaugurons aujourd'hui.
Il convient donc à présent d'exploiter ces nouvelles installations, de les gérer, et surtout de les maintenir en état par un entretien régulier, avec professionnalisme et constance. Il convient aussi que la population s'approprie ce nouvel outil, en s'abonnant au réseau public et en s'acquittant de ses factures.
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Mais cette belle réalisation, ici, à Kindia, s'insère naturellement dans un cadre plus global, qui est celui de la coopération bilatérale entre nos deux pays.
A cet égard, je souhaite souligner que j'ai signé hier à Conakry, avec le ministre de la Coopération, le document-cadre de partenariat (DCP) qui fixe les orientations sur lesquelles la France va s'engager à vos côtés, pour les cinq prochaines années. Ce document traduit l'ambition commune à nos deux pays d'inscrire notre action dans la durée, en tenant compte des priorités définies par les autorités guinéennes, mais aussi des interventions des autres bailleurs de fonds internationaux. Ce DCP servira dorénavant de référence pour tous nos projets de coopération. Pour ce faire, il définit les secteurs dans lesquels notre partenariat va se concentrer, et il s'accompagne d'une liste de projets qui constituent autant d'actions concrètes de notre coopération.
A ce titre, le document-cadre de partenariat prévoit la concentration de 80 % de notre aide sur trois secteurs prioritaires dont l'eau et l'assainissement. L'accès à l'eau potable restera donc l'un des axes forts de la coopération française.
* * *
Pour conclure, je voudrais adresser mes remerciements sincères à toutes celles et à tous ceux, nombreux, qui ont contribué à la réalisation de l'équipement que nous inaugurons aujourd'hui.
Au-delà, je souhaite vous redire ma profonde satisfaction de pouvoir ainsi illustrer le partenariat que nous entendons poursuivre avec la Guinée. Car je suis aussi ici pour vous dire que La France est à vos côtés, et que la France vous soutient dans vos efforts de développement.
Je vous remercie./.
III- DISCOURS MME BRIGITTE GIRARDIN A L'OCCASION DE LA RECEPTION DE LA COMMUNAUTE FRANCAISE
(Conakry, 29 mai 2006)
Monsieur l'Ambassadeur,
Mesdames et Messieurs,
Mes Chers Compatriotes,
C'est avec un réel plaisir que je rencontre aujourd'hui la communauté française de Guinée. Cet échange convivial, traditionnel lors des déplacements à l'étranger d'un membre du gouvernement, m'apparaît encore plus souhaitable au moment où se met en place avec la Guinée un nouveau cadre de partenariat, dont la formalisation est l'un des objets essentiels de mon trop bref séjour à Conakry. Appelés, pour la plupart d'entre vous, à être les acteurs de cette coopération renouvelée, vous ne pouvez y être indifférents.
Les relations entre la Guinée et la France ont connu des épisodes contrastés. Elles ont été parfois délicates, et nombre d'entre vous avez vécu ces pages difficiles. Elles sont aujourd'hui caractérisées par un engagement résolu de la France aux côtés de la Guinée, dans la loyauté et le respect réciproque, ce qui n'exclut pas la franchise du propos.
La Guinée est aujourd'hui à un tournant. Elle est appelée à évoluer politiquement, mais aussi à se transformer économiquement. La France entend donc l'accompagner, en programmant pour les années 2006-2010 une enveloppe d'aide de l'ordre de 100 millions d'euros. Ce volume d'aide pourra même être encore sensiblement accru si le rétablissement des grands équilibres macro-économiques du pays permet d'atteindre le point d'achèvement qui déclencherait alors de notre part un effort additionnel, sous la forme d'un contrat de désendettement et de développement. J'ai clairement indiqué à mes interlocuteurs guinéens que cette perspective devait être perçue comme une incitation supplémentaire aux réformes et à la bonne gouvernance.
Dans cet effort, le gouvernement français sait pouvoir compter sur vous, sur votre dynamisme et sur votre expérience du pays. Près de 70 entreprises françaises sont représentées en Guinée, et plus de quarante implantations locales ont été créées par des Français dans différents secteurs. Cette présence est non négligeable, même si je suis convaincue qu'elle peut encore se renforcer, pour accompagner notamment la mise en œuvre des grands projets du secteur minier dont chacun sait qu'ils vont transformer en profondeur le paysage guinéen au cours des prochaines années.
Pour autant, je n'ignore pas la difficulté de vos conditions de vie et de travail, que je ne sous-estime pas.
Confrontés à des conditions climatiques et sanitaires parfois éprouvantes, à une conjoncture économique difficile, aux défaillances fréquentes des principaux services publics, et même parfois à certains manquements aux règles de bonne gouvernance, vous faites face avec courage et lucidité, en sachant vous montrer solidaires les uns envers les autres.
A cet égard, je tiens à vous assurer que dans les contacts quotidiens de l'ambassadeur, mais aussi dans les échanges bilatéraux au niveau ministériel et au sein de l'Union européenne, la France ne manque jamais de rappeler que la bonne coopération que nous souhaitons établir passe nécessairement par le respect des engagements pris en matière de bonne gouvernance.
J'ajouterai enfin que le gouvernement français est naturellement sensible à la situation de ceux de nos compatriotes établis en Guinée qui connaissent parfois une réelle précarité. La solidarité nationale se doit aussi de se manifester à l'étranger, et les moyens financiers sont prévus pour leur venir en aide. C'est le rôle de notre ambassade, que de leur porter assistance.
* * *
Mes Chers Compatriotes,
Pour conclure, je souhaite vous redire mes remerciements sincères et chaleureux pour votre contribution essentielle à la préservation et à l'approfondissement des liens historiques entre la Guinée et la France. Je veux aussi vous adresser mes encouragements, et vous assurer de mon soutien.
Sachez que vous me trouverez à vos côtés pour contribuer au renforcement de la coopération française en Afrique, et en Guinée.
Vive la République, vive la France !./.
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