Afrique : Notre personnalité du mois : Mme Aminata D. TRAORE
mercredi 07 juin 2006
Pour ce mois de juin notre site www.nlsguinee.com vous propose comme personnalité du mois
Economiste, sociologue, ancienne Ministre de la Culture du Mali
du gouvernement d'Alpha Oumar Konaré et militante fervente de l'annulation de la dette des pays en développement
Une femme Africaine qui ne se résigne pas !
Mme Aminata Traoré est une grande voix Africaine de la lutte contre la mondialisation libérale.
Surnommée «Black Bové» par le journal Libération, Aminata Traoré ne cesse depuis des années de dénoncer les effets pervers de la mondialisation néolibérale sur l'économie des pays africains.
Elle préconise la localisation, l'action citoyenne de proximité à l'échelle humaine et n'hésite pas à fustiger les grandes organisations internationales (F.M.I., l'O.M.C., la Banque mondiale) qui maintiennent délibérément l'Afrique dans son rôle de victime. Pillée, marginalisée, l'Afrique est invitée par les maîtres du monde à se penser pauvre, à se comporter en région condamnée.
Militant pour l'émancipation de l'Afrique, elle parcourt le monde pour défendre l'idée qu'une autre Afrique est possible, libérée de toutes les dominations, retrouvant en elle-même son humanité et les moyens de vivre à sa mesure.
Ecrivaine malienne engagée, elle écrit des livres qui connaissent un certain succès notamment dans le milieu intellectuel européen.
En 1999 elle publie "L'étau" - Actes-Sud, démontrant l'impasse dans laquelle les institutions de Bretton Woods placent l'Afrique en lui imposant des plans d'ajustements structurels inadaptés. (4° de couverture sur le site d'Actes-Sud)
En janvier 2002, elle publie un second ouvrage, "Le viol de l'imaginaire" - Editions Fayard, dans lequel elle dénonce les mécanismes qui privent l'Afrique de ses ressources humaines, naturelles et financières.
Nous en sommes arrivés à un point tel que nous ne savons plus penser par nous-mêmes et pour nous-mêmes, ni même rêver. C'est ce que j'appelle le "viol de l'imaginaire". Ces deux ouvrages, extrêmement percutants, traitent de la situation économique, la dette sociale et politique du Mali, du potentiel africain.
Voici un résumé qui parle de son ouvrage - Viol de l'imaginaire (Le)
Il n'est rien de plus encombrant ni aliénant qu'une image de soi et de sa place dans le monde qui se nourrit des désirs et du discours des autres. Depuis plus de quarante ans, l'Afrique cherche sa voie, mais en vain. Elle est dans l'impasse. Les violences de l'Histoire ayant fait des vainqueurs et des vaincus, des gagnants et des perdants, les rapports entre nations riches et nations pauvres demeurent des rapports de domination qui se perpétuent à travers des mots clés, qui ne sont que mots d'ordre.
Pillée et marginalisée, l'Afrique est invitée par les maîtres du monde à se penser pauvre, à se comporter en région pauvre. Les Etats du continent, surendettés et interpellés par une demande sociale forte, se voient contraints d'adopter et d'appliquer des remèdes dont le coût social et humain est exorbitant. Or l'Afrique est la seule à détenir les remèdes à ses maux. Plus que de capitaux, de technologies et d'investisseurs étrangers, elle a besoin de retrouver cette part d'elle-même qui lui a été dérobée : son humanité. Car, contrairement à l'Homo oeconomicus, en se mondialisant, l'humain qui est en chacun de nous et que les Africains revendiquent s'enrichit mais enrichit surtout les autres et met la planète à l'abri de bien des saccages.
La grande voix africaine, ancienne ministre malienne de la Culture, signe ici un livre bouleversant sur la douleur d'une Afrique mutilée par la mondialisation libérale.
Librairie Arthème Fayard/Actes Sud, 2002 Parution : 2002 - 234 pages - 13,5 x 21,5
L’engagement de cette infatigable dame n’est plus à prouver, principale organisatrice à Bamako, en janvier 2002, du forum social africain, elle n’hésite pas à plaider à chaque fois que l’occasion se présente pour « plus de respect pour les pays du Sud ».
Nous tenons donc à rendre hommage à Mme Aminata Traoré pour son engagement en faveur de l’émancipation politique, économique et culturel du Continent africain.
La Rédaction
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