Guinée : Complément à article du Lynx intitulé «les dettes, les dates, les prédateurs » du 08 mai 2006
mardi 06 juin 2006
J’ai lu avec intérêt l’article paru dans le lynx le 08 mai 2006 (Rappel de l’article) et repris sur Internet.
Il me soulagerait d’apporter un petit complément à cet excellent article par quelques informations en ma possession.
En effet le déficit du trésor public guinéen était bloqué à 80 milliards et faisait l’objet d’un protocole entre la BCRG et le Ministère des Finances définissant les critères du déficit et le mécanisme de débit du compte du Trésorier payeur Général dans les livres de la BCRG.
Ensuite est arrivé à la Primature, Monsieur TOURE qui a mis en place un comité de Trésorerie en vue de cerner les chaînes des dépenses en définissant les priorités en termes de dépenses de façon consensuelle entre l’ordonnateur du Budget, le trésor et la BCRG, sous l’égide du Premier ministre, tout un programme !
Le but recherché était de trouver une corrélation, la plus adéquate, entre RECETTES BUDGETAIRES et DEPENSES. Car en Guinée, les recettes étaient toujours minimisées (à dessein) et les dépenses maximisées.
Au même moment, une stratégie d’accroissement des revenus miniers dans les recettes de l’Etat était en cours d’élaboration. Et si je ne m’abuse, au cours de l’été 1996, une réunion s’est tenue à Washington, en marge des assemblées annuelles du FMI et de La Banque mondiale, entre la délégation Guinéenne aux assemblées et des dirigeants de ALCAN, Pechiney et Noranda, en présence des Directeurs des Sociétés .
Le Ministre KABA, à l’époque en charge des finances fait part d’une rencontre qui a eu lieu à Paris le 11 octobre 1996 entre le Premier Ministre et le PDG de PECHINEY, Mr RODIER. Au cours de cette rencontre à laquelle Mr Touré était accompagné de MM KABA et Diallo Cellou, le PDG de Pechiney s’était engagé sur un programme de 100 millions de $ US en vue de l’extension et de la rénovation de l’usine de FRIA dès le début de l’année 1997. Cela après des missions de consultation aux mois de novembre et décembre en vue de mettre l’Etat et les actionnaires de FRIA en accords.
Il y avait donc une dynamique de maîtrise des dépenses avec le comité de trésorerie et de relance des recettes, du moins de recherche des conditions de leur accroissement.
En février 1997, Mr Touré est limogé en clair et le comité de trésorerie est de fait dissout : C’EST L’AVENEMENT DE L’INFORMEL.
IL s’installe d’abords à la BCRG, avec un gouverneur laxiste et assez opportuniste. Mr BAH, puisque c’est de lui qu’il s’agit trônera à la tête de l’institut d’Emission et deviendra le premier cambiste de Guinée, laissant à son adjoint M. Fodé Soumah (sur la photo) la gestion de la caisse pour les urgences … du chef de l’Etat qui assure la tutelle de la BCRG en direct.
Les prélèvements et autres paiements sont portés au débit du compte du trésorier payeur, en violation de toutes les règles de la Comptabilité Publique. C’est le début du schéma décrit par le Lynx dans son article du 8 mai.
Je n’exonère pas le Premier Ministre Touré qui aurait pu démissionner ! Est-il resté parce qu’il avait intérêt ? C’est la question que je me pose encore aujourd’hui, n’ayant pas compris qu’il ait accepté de subir une telle humiliation.
Ainsi, après la BCRG, l’informel a gagné toute l’administration et ce fut le début de la chasse à la trésorerie de L’ETAT.
Il sera ainsi :
- De la caisse de sécurité sociale, en coupe réglée par SYLLA le Directeur, qui accusera un déficit constaté et rapporté par la banque mondiale de plus de 14 Milliards. Monsieur SYLLA ne passera même pas en commission de discipline financière, mais sera plutôt gratifié d’un poste dans un projet minier. La caisse sera une agence intermédiaire du Trésor qui financera entre autres des dépenses de « souverainetés » de la deuxième épouse du chef de L’Etat dont certains actifs de sa FONDATION.
- De L’ANAIM, devenu la source de Financement des frasques de Fofana aux mines, avec ses voyages à travers le monde, les dépenses de la famille du président au Maroc, du reste pour leur premier établissement, etc.
- De toutes les autres sources de recettes avec des prélèvements à la source à défaut de fortes exonérations accordées à des importateurs de tous bords de toutes catégories contre des espèces.
Pendant ce temps, Les prédateurs endettent l’Etat, creusent le déficit du trésor à la BCRG, les organes de contrôles servant de cautions car tout aboutit à la PRESIDENCE : C’EST TOUJOURS LE PRESIDENT QUI A DIT.
LE DIT - IL ENCORE A LA MARIONNETE FODE BANGOURA?
Voilà le peu que j’ai voulu rajouter à l’excellent article du Lynx sur ce groupe de prédateurs qui empêchent la Guinée de sortir de la misère.
par Dom. DURAND, depuis Paris
E-mail : domamica@yahoo.fr
Correspondance pour Nlsguinee.com
|