mardi 21 février 2017
Si la Gambie a acquis son indépendance le 18 Février 1965 du Royaume Uni, elle l’avait perdue en 1994 non pas par une recolonisation mais par un coup d’Etat d’une junte militaire conduite par le soldat Yaya Jammeh.
Cette situation d’exception a duré vingt-deux ans au cours desquels les Gambiens ont subi toutes sortes de brimades, harcèlements, tortures entrainant la mort et la disparation d’un nombre indéterminé de personnes. Dans ses délires, la brute de Banjul est allée jusqu'à proclamer la Gambie république islamique. Quelle audace !
Malgré cette dure et longue situation, le peuple et l’opposition Gambienne n’ont jamais baissé les bras dans leur combat pour le retour de la démocratie et l’Etat de droit confisqués par Yaya Jammeh et sa horde d’apprentis.
Si la liberté n’a pas de prix elle a un coût et les Gambiens ont payé un lourd tribut dans la douleur et dans le sang pour la reconquérir. Cette patience et cette volonté de récupérer leur souveraineté usurpée vingt-deux ans plutôt par le tyran ont payé. Car, il a été contraint à l’exile par ceux-là mêmes qu’il avait muselés et terrorisés.
Si Yaya s’est imposé aux Gambiens par la force, eux l’ont remercié par les urnes sans observateurs. Quelle maturité !
Le succès diplomatique de la CEDEAO a évité une nouvelle crise post-électorale à la sous-région Ouest Africaine avec son corollaire de victimes. Cette victoire, la CEDEAO, l’a acquise sans combat militaire cette fois-ci. Ce succès, la CEDEAO le doit à la diplomatie de la 25e heure mené par les présidents Mauritanien Mohamed O. Abdelaziz et Guinéen Alpha Condé. Leur démarche a eu raison de la ténacité de la brute de Banjul qui a finalement accepté de céder le pouvoir au président démocratiquement élu, Adama Barrow.
Après une multitude d’élections simulées où, il était toujours vainqueur, le dictateur de Banjul, à la surprise générale avait accepté les résultats de l’élection présidentielle du 02 Décembre 2016, qui pour la première fois, ne lui donnait pas vainqueur. La cerise sur le gâteau ce sont les félicitions et congratulations publiques adressées au vainqueur, le président Adama Barrow.
Si le soldat tyran et guérisseur Jammeh s’en arrêtait là, il aurait écrit la plus belle page de l’histoire politique de la Gambie. Malheureusement tout cela n’était qu’illusion, poudre aux yeux, cirque politico-électoral digne de Hollywood qu’il a servi aux Gambiens. Car, Une semaine plus tard, (le 09 Décembre 2016), il faisait volte-face et rejetait les résultats de l’élection qu’il avait lui-même qualifiée de libre et transparente au grand dam du président élu et des Gambiens. Il ira plus loin en exigeant son annulation et sa reprise pure et simple.
Pour faire prospérer son idée il décrétera l’Etat d’urgence mais c’était sans compter avec la détermination du peuple Gambien soutenu par la CEDEAO et la communauté internationale, qui pour rien au monde n’acceptera que cette victoire soit confisquée sous aucun prétexte.
La prospérité ne se mesure pas en chiffres mais plutôt par ce que l’on veut, dit l’adage. Si cet adage reflète la réalité, alors les Gambiens ont bien mesuré en choisissant celui qu’ils veulent comme leur prochain président Adama Barrow.
Après avoir vécu vingt-deux ans les affres de la dictature de Yaya Jammeh, les Gambiens ont osé défier le statu quo ou plutôt ont décidé d’opter pour le changement. Ce changement aurait pu être banal n’eut été l’obstination du tyran à vouloir rester au pouvoir.
Le changement ne veut pas forcément dire amélioration, mais une nouvelle direction avec des hommes nouveaux et des idées nouvelles avec la Gambie et les gambiens au centre de leurs préoccupations.
Ayant compris cela, et ayant pris la mesure de ce qu’ils veulent les Gambiens dans la transparence ont élu cette fois-ci un homme nouveau qui incarne à leur yeux ce changement et cette nouvelle vision en la personne du président Adama Barrow avec une nouvelle direction pour ce petit pays d’Afrique de l’Ouest par la taille mais grand par l’esprit de son peuple.
Un peuple mur qui a décidé du changement dans l’ordre et la transparence au contraire du soldat Jammeh qui lui est arrivé au pouvoir vingt-deux ans plutôt par la force et dans le désordre.
Arrivé au pouvoir par l’argument de la force, Jammeh en est parti grâce à l’argument des urnes soutenu par la diplomatie sous régionale avec l’usage de la force en toile de fond. Espérons que la cavale sera de courte durée pour qu’il puisse répondre de ses crimes devant la justice de son pays.
Si le tyran président devenu entretemps guérisseur se pavanant avec le saint coran en savait le contenu notamment à la sourate Al Rahman verse 26-27 (26 Kullu man ‘alayha fanin 27 Wayabqa wajhu rabbika thoo aljalali waal-ikrami) taduisez par : (Verse 26 Tout ce qui est sur elle [la terre] doit disparaître Verse 27 Seule subsistera La Face [Wajh](7) de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse), il aurait, sagesse aidant, servi plutôt que d’avilir. Mais hélas, comme le dit Albert Camus "La bêtise insiste toujours, on s'en apercevrait si l'on ne pensait pas toujours à soi". #Les Gambiens ont décidé#.
Par Cherif Zawiya Diallo
Pour www.nlsguinee.com
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