Guinée : « La politique nous tue !»
lundi 29 mai 2006
Cher(e)s frères et sœurs, très cher(e)s compatriotes c’est plus que de la politique, plus que des mots mais plutôt des actes qui manquent à la Guinée aujourd’hui.
- Sinon comment expliquer le fait que, lors de la précédente grève générale des cinq jours déclenchée le 27 février 2006 par l’INTER CENTRALE- CNTG-USTG, le pouvoir n’ait pas changé de main ?
- Comment expliquer le fait que les salariés et ouvriers aient préféré l’illusion offerte par la médiocratie guinéenne ?
Et pourtant lors de cette grève générale, mémorable, des 5 jours tous les ingrédients étaient réunis pour faire chuter le régime dictatorial du Général président Lansana Conté (Incapacité physique du Chef de l’Etat, absence du Chef de l’Etat du territoire national pour soins médicaux, grève générale de cinq jours, concertation nationale, crise socioéconomique pointue).
Mais comme le disait le célèbre philosophe chinois, Confucius : « Après une faute, ne pas se corriger, c’est la vraie faute. »
Alors je crois que, si nous ne parvenons pas à tirer les leçons de la précédente grève générale, nous serons sur le chemin de commettre une faute grave avec ce nouveau préavis de grève générale des mouvements syndicaux. Car encore une fois de plus nous aurons abandonné les syndicats seuls face à cette dictature prête à utiliser tous les moyens pour museler une bonne fois pour toutes ces revendications, apparemment, insupportables.
Nous profitons d’ailleurs de l’occasion pour condamner l’attentat fomenté contre les leaders syndicaux ainsi que nos frères journalistes de tamsinews.com et guinea-forum.org.
Et du coup nous saluons avec respect et honneur tous les médias démocrates ainsi que tous les membres du corps syndical et leurs leaders qui, non seulement ne se limitent pas aux mots mais en plus, endurent la réalité du pays avec les populations guinéennes dont ils se sont sacrifiés et engagés à défendre les intérêts jusqu’au bout.
Très cher(e)s compatriotes, il y a des aspects dans la lutte pour l’instauration d’une démocratie pour permettre un développement économique, social et culturel de notre patrie qui m’échappe très souvent. Car si nous considérons que, tous, nous menons la même lutte qui est justement celle évoquée précédemment, alors il me semble que nous devons tous avoir comme objectif intermédiaire de finir avec ces régimes dictatoriaux et militaires pour toujours.
- Mais pourquoi alors nous ne nous donnons pas les mains pour vaincre l’ennemi commun qui est l’ennemi du peuple de Guinée ?
- Pourquoi attendre que la dictature soit démocratique ?
- Pourquoi mille programmes politiques ?
- Pourquoi tromper le peuple ?
- Pourquoi vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ?
Comme l’a si bien dit Claude Frisoni : « Les hommes politiques feraient bien d’écouter nos voix, avant de les compter. »
Après les mascarades électorales de décembre 2005, la seule solution qu’ils ont trouvée est le recensement de l’ensemble de la pauvre population mourante de Guinée afin de s’apprêter pour les prochaines élections. D’ici là, et le peuple ?
Si les opposants cherchent moins à chasser la dictature que le gouvernement, alors quelle est la différence entre opposants et gouvernants ?
« Qu’ils chassent ou pas le gouvernement, mais qu’ils sachent que seul le peuple peut chasser la dictature des terres de la Guinée ! »
Guinéennes et guinéens, la politique nous tue tous et nous ne saurons jamais que nous avons perdu du temps pour des futilités que lorsque nous aurons franchi le pas de l’amour du prochain, de la tolérance et du souci de l’avenir de la Guinée. Nous comprendrons alors combien il est fabuleux et joyeux de souffrir, rire, travailler et partager tous ensemble tout les bienfaits et sorts de notre chère patrie.
Aux jours d’aujourd’hui il serait préférable, au lieu de promettre pluie et beau temps au peuple de Guinée de le préparer pour le changement, d’abord en lui rendant acteur du changement de régime dictatorial, puis en lui faisant comprendre que même après changement de régime, nous ne ferons pluie et beau temps que sur la sueur de nos fronts, sur le travail et la complémentarité. Le préparer à supporter la rude époque de redressement qui suivra le changement de régime est tout sauf de la politique, car c’est de la vérité. La seule manière de rendre le peuple acteur et sujet dans le changement est tout simplement de l’ouvrir le chemin de la vérité, et ce chemin n’est rien d’autres que l’UNION.
Pourquoi les USA sont si forts et si puissants ?
Pourquoi l’OPEP fait supporter ses caprices ?
Pourquoi l’Europe cherche à s’élargir ?
Tout simplement parce qu’ils ont compris la superbe force qui se dégage de la synergie de l’union. Et nous, en bons suiveurs nous attendons sûrement que l’union fasse ses preuves un peu partout dans le monde avant d’y songer.
« Ça ! Nous le refusons car la Guinée, mieux qu’un simple suiveur est un vecteur de changement. Et sur ce, je lance un appel profond au peuple de Guinée, à la Société Civile guinéenne, en attendant qu’ils fusionnent, désolidarisons nous des partis politiques guinéens, appuyons les mouvements syndicaux dans les revendications pour la démission du gouvernement, parlons la même langue, dénonçons les même maux optons pour la même stratégie et exigeons l’union et la fusion des partis politiques pour éviter le déchirement de la Guinée. »
Aujourd’hui plus de la majorité des partis préfèrent que l’armée fasse un coup de force ; puis, que cette armée organise des élections avec un gouvernement de transition sous supervision internationale pour qu’ils puissent participer à la conquête du pouvoir. Quel tour de magie peut vraiment garantir l’élaboration d’élections libres et transparentes en Guinée aujourd’hui vus tous les enjeux géopolitiques, économiques et ethniques ?
Alors que la solution pour se passer de l’armée ou la rallier existe, il suffit de fusionner, se joindre aux revendications des mouvements syndicaux que nous demandons de ne négocier avec aucun parti politique, se joindre aux mouvements syndicaux dont nous demandons d’exiger l’union et la fusion des partis politiques, alerter l’opinion internationale et pour la date de la marche pour Sékoutouréyah, ça sera à la société civile et à la population de la fixer.
Dans ce cas-ci, non seulement nous aurons le changement, s’il le faut au prix de notre propre sang, mais en plus nous aurons tourné la page de la dictature à jamais car « tous ce qu’on aura obtenu au prix de notre propre sang sera surveillé et entretenu avec attention. »
Peuple de Guinée, tous avec les mouvements syndicaux, tous pour la fusion politique et tous pour la démission du gouvernement. C’est nous qui sommes en retard car le changement lui, est déjà au rendez-vous.
« Il n’y a d’accroissement de la force d’un pays, que si les efforts des générations s’additionnent… » Paul Bourget.
« Vive la voix de la jeunesse, vive le mouvement syndical pour que vive le changement en Guinée !»
Mamadou Oury Diallo
Représentant de Nlsguinee.com au Maroc
E-mail : chiccodiallo@yahoo.fr
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