dimanche 29 novembre 2015
De 2006 à ce jour, nous sommes nombreux à être morts pour l’instauration de la démocratie et d’un Etat de droit en Guinée. Nous sommes morts contre l’inégalité, la corruption, le népotisme, le clientélisme et les discriminations de toutes sortes.
Nous pensions faire un effort pour la patrie, nous avons fait le sacrifice suprême pour que vous puissiez vivre dans un pays démocratique, sans inégalité ou il n’y aura plus corruption, népotisme et discrimination mais hélas, nos sacrifice ont été vain jusque-là.
Neuf ans après, rien n’a changé, selon nos amis venus nous rejoindre fraichement victime eux aussi des violences politiques. C’est toujours le statuquo et le chaos n’est pas loin à l’affut de la moindre étincelle, disent-ils.
A Quoi vous ont servi nos sacrifices alors? Pourquoi d’autres comme nous continuent-t-ils à mourir ? Êtes-vous devenu amnésiques? Cinquante-sept ans (57) plutôt vos ainés ont combattu le colon pour lui arracher avec brio notre indépendance. Qu’en avez-vous fait aujourd’hui ?
Rien, ou du moins vous en avez fait un pays dépendant sous perfusion ou tout reste à faire. Vous avez fait pire que le colon. Quel gâchis, quelle honte! Nous qui pensions que la Guinée était une "moussidal" (une communauté en Peulh) qui veut dire "moussidaal" (endurer ensemble en Peulh).
Plutôt que d’un "melting-pot" la Guinée est devenue une mosaïque ou l’épouvantail ethnique est brandi et utiliser par les politiques pour régler des comptes personnels.
Président, ministres, députés "leaders d’opinions" hommes ou femmes politiques aujourd’hui, vous avez oublié quand vous nous demandiez de sortir car "c’est pour notre future selon vous". Quel futur ? Puisque nous ne sommes plus des vôtres ! Nous demandiez-vous de sortir par opportunisme? Ou tout simplement parce que vous vouliez être Président, ministres, député ou leader politique ?
Aujourd’hui, tapis dans votre palais ou derrière votre rôle de leader politique d’opposition comme de la majorité un micro, une plume à la main ou derrière un clavier à exceller dans le verbiage creux et à jeter l’huile sur le feu. Quelle irresponsabilité pour des gens qui dirigent ou prétendent diriger un jour. Plutôt que des solutions à nos problèmes vous les avez empirées.
Les forces vives sont-elles devenues les forces de la confrontation éternelle ? Avez-vous oublié vos promesses ? Comment expliquez-vous que neuf ans après, vous vous regarder toujours en chien de faïences. Ou est cette démocratie dont vous étiez le chantre ? Où est la démocratie quand vous n’acceptez pas la différence d’opinion ? Sommes-nous morts pour rien ?
Aujourd’hui, le choque des idées n’existe plus ou s’est effacé pour laisser la place à la confrontation verbal et physique avec en toile de fond le tribalisme comme arme politique. La démocratie qui est supposée être l’expression du peuple est prise en otage par le dictat d’une pognée avide du pouvoir.
Le mot dialogue a disparu du vocabulaire. La confiance a fait place à la méfiance. L’ordre des élections justifie-t-elle des morts ? Les mêmes causes font les mêmes effets, pourquoi ne pas changer de fusil d’épaule ? Essayer autre chose, une autre méthode !
Après tant d’années de confrontations et de violences avec au bout la mort trop tôt de tous ces jeunes. N’avez-vous pas une conscience ?
Espérons que cette élection (Octobre 2015) sera le déclic qui vous amènera à comprendre qu’on ne se déchire pas auprès d’une mère malade. « La politique ce n’est ni la guerre, ni la haine de l’autre mais la saine appréciation du moment », disait feu Félix Houphouët Boigny président de la Cote d’Ivoire voisine de son vivant. Il nous l’a réitéré ici dans l’au-delà. Je vous la passe espérant qu’elle vous servira.
Une victime des violences politiques en Guinée
S/C de Cherif Zawiya Diallo
P.S. Dieu me fait dire qu’il n’y a plus de place pour les morts par violence politique, électorale ou post-électorale. Alors vous êtes averti !
Transmis par Cherif Zawiya Diallo
Pour www.nlsguinee.com
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