Guinée : Le « Conteisme » - Mon Ventre, mon Ethnie, pas ma Conviction
dimanche 28 mai 2006
Il est évident que le Général Lansana Conte est acculé par des faiblesses qui sont aujourd'hui insurmontables. Son état de santé est en soit un désastre, le rendant mentalement inapte à diriger un pays qui est depuis des années, victime d’un défaillance politique et diplomatique considérable alors qu’il avait et a encore plus besoin de la clairvoyance de ses dirigeants plus particulièrement du pilote accidentel qu’est le Général Lansana Conte pour la Guinée. Terrassé par la maladie, le président septuagénaire assiste, impuissant, à la lutte pour sa succession.
La Guinée se dirige inéluctablement vers un bourbier politico-militaro-clanique voir vers une « Zaïrisation » et au pire vers une « Somalisation » du pays.
Bénévolement ou pas, le Général Lansana Conte va lâcher le pouvoir très bientôt soit par suite de mort naturelle car en tant que « Être Humain », il possède une vie limitée et il laissera le pouvoir un jour, soit par suite de coup d’Etat. Dans tous les cas, il quittera le pouvoir au plus bas niveau de sa popularité et avec lui partir le système qu’il incarne : le « désillusonisme ».
L’éternel appartient à « Dieu » seulement. Des leaders Africains qui se croyaient immortels sont aujourd’hui dans les poubelles de l’histoire où même leurs enfants n’ont pas la fierté d’y visiter. Le Maréchal Mobutu, Sékou Touré, Boumediene, Idi Amin Dada, Moussa Traoré, Sani Abacha, etc…, la liste est longue, sont aujourd’hui, l’incarnation de la honte pour tous ceux qui sont de proches ou de loin affiliés à leur idéologie rétrograde.
Le Général Lansana Conte devrait penser et avoir le sens humain que la Guinée ne peut se construire sur un système de gouvernement basé sur l’exclusion, sur la suprématie d’une ethnie sur les autres, sur la corruption institutionnalisée, sur l’intimidation voir la liquidation systématique des personnes ayant des politiques différentes sur la façon de gérer le pays.
La Guinée ne peut pas se construire sur la violence car même en cas de changement les Guinéens n’auront pas de lendemain meilleur, car il est quasiment impossible de construire une nation en sacrifiant le peuple Guinéen.
Il est grand temps de comprendre que la première richesse d’une nation ce sont ses citoyens. Peu importe le contenu du sol ou sous sol. Ce sont les hommes qui mettent ces richesses en valeur.
Le système du régime de Lansana Conte « le Conteisme » se terminera bientôt comme il a vécu, il finira dans la démagogie et la voracité, dans les intrigues et les luttes sournoises entre dinosaures et faucons du pouvoir.
Entre-temps, ceux qui tirent profit de la pagaille feront tout pour que cette « Prédatocratie » continue et se pérennise même si cela entraînera la destruction du pays en tant que nation.
Vingt deux années de « Conteisme » ont détruit la conscience nationale et sociale des responsables Guinéens et une majorité de la population. Le degré de cette destruction est tel que n’importe quels discours nationaliste ou propagandiste ne peut être qu’un simple écran de fumée qui voile la rapine et la tartuferie.
Trafics, vols, homicides, corruption, drogues, détournement, etc..., la Guinée est parmi les pays qui détiennent le record des actes criminels en tout genre commis par les responsables politiques, ce qui a contribué à l'enfermer dans le sous-développement.
La Guinée depuis son accession à la souveraineté internationale en 1958, est prise en otage par ses propres dirigeants qui ne sont pas en odeur de sainteté avec le peuple. Conséquence, le pauvre peuple de Guinée meurtri par des années d’immobilisme, de gestion chaotique et d’usure, est jeté dans la poubelle voire, noyé dans la boue puante avec une arrogance extrême.
La République de Guinée si elle doit continuer à exister en tant que nation viable, elle doit prendre une nouvelle direction, celle du progrès et de la reconquête de sa dignité, dans l’unité de ses populations éprises de justice et de paix, après un demi-siècle d’agonie et d’humiliation de toute sortes sauvagement orchestré et maintenu par des guinéens indignes.
En dépit de tous ces maux, la Guinée doit pouvoir sortir de cette situation chaotique et l'espoir est permis, et il doit renaître avec un grand optimisme puisqu'il doit y exister certainement des Guinéens patriotes, des personnes vaillantes, intègres, et dignes pour gérer l'Etat afin de redorer le blason démocratique et se hisser sur le podium des États qui se respectent et ne baignant pas dans l'irrationnel et l’illusionnisme.
A cet effet, les Guinéens doivent se regarder dans le miroir pour que du fond du cœur de chaque citoyen naisse et grandisse cette volonté nécessaire à l’union de « tous les hommes de bonne volonté » pour « sauver la Guinée qui se débat dans le gouffre ».
La victoire est au bout du tunnel mais seulement après avoir combattu « l’hypocrisie » et s’être libéré de la « corruption » qu’incarne cette horde politicienne qui fait la honte du pays.
Pour sortir la Guinée de l’emprise de cette horde de responsables indignes, il faudra payer le prix de la liberté comme l’ont fait tous les autres pays. La Guinée ne fera pas exception a cette règle d’or : « Nul ne peut faire des omelettes sans casser des oeufs ». Le sacrifice à payer sera plus lourd au fur et à mesure que l’abcès « Lansana Conte » persiste et continue le pourrissement de la situation. Il est grand temps d’ouvrir cet abcès avant qu’il ne soit trop tard au risque de voir une amputation du pays.
Au regard des symptômes et signes qu’exhibe la Guinée, l’inaction n’est plus permise. Avec la morosité politique combinée au climat d’incertitude empoisonné par les tensions sociales palpables, le chaos au plus haut sommet de l’état, il est permis de dire que le pire est à venir.
La réalité parle d’elle même. Jour après jour, mois après mois et année après année, depuis plus de quarante années, les Guinéens ont entendu les mêmes calomnies, les mêmes fausses promesses, les sans cesse rendez-vous manqués, et, ont cru aux mêmes personnes et voilà qu’aujourd’hui, les Guinéens n’ont rien d’autres que leurs yeux pour pleurer et leurs nez pour renifler.
Une alternative politique est impérative en Guinée pour redorer le blason du pays sur l’échiquier national et international. Mais quand on examine le profil de nos hommes pseudo-politiciens qui gèrent ou prétendent vouloir gérer la Guinée, on est en droit de manifester son ébahissement et adopter une attitude plutôt draconienne pour générer ce changement tant voulu par les Guinéens.
Comment expliquer ce paradoxe guinéen ?
Un pays scandaleusement riche à cause de son immensité, sa diversité, son sol et sous-sol mais pauvre grâce l’inconscience de ses fils.
Parce que la Guinée est un pays riche et même appelé scandale géologique de part l’immensité et la diversité des richesses de son sol et sous sol, c’est bien donc les Guinéens qui sont pauvres... Vraiment !
Aujourd’hui, pour la majorité des Guinéens et Guinéennes, la Guinée ne représente d’autre si ce n'est que l'enfer, un pays mouroir. La Guinée est devenue un pays de l’illégalité et l’irrationnel et aucune institution n’échappe à cette règle.
L’Assemblée Nationale Guinéenne, illégale depuis sa conception jusqu'à son exécution, est devenue tout simplement « la pipe » du Général Lansana Conte où il n’y a que son bon vouloir qui règne.
Cette Assemblée loin d’être représentative des intérêts du pays, voter des lois au lieu de discuter des marches juteux !
Elle n’est d’ailleurs composée que par des candidats alimentaires qui sont de simples figurants ou prête-noms. Elle ne représente qu’une association de malfaiteurs.
Souvenez de la candidature de Mr Mamadou Bhoye Barry lors des élections présidentielles ?
Qu’est ce qu’il est devenu ?
Qu’est devenu son parti ?
La Guinée n’a jamais quitté le système de parti unique et de Parti-Etat. Le régime en place fabrique et finance des partis imaginaires pour tromper l’opinion guinéenne encore très naïve. Ces pseudo-partis qui composent ce que l’on appelle « les Partis de la mouvance présidentielle » ne sont rien d’autres que les tentacules du même monstre, le PUP.
La Guinée a besoin de leaders motivés par la devise du pays « Travail - Justice – Solidarité », leaders qui s’engagent résolument mais irréversiblement devant les Guinéennes et Guinéens, de lutter pour ces valeurs nobles et d'installer un système de gestion responsable pour sortir la Guinée de sa médiocrité.
Pendant que les délits du régime en place et de son Parti le « PUP » (Personnes Unies par la Pourriture) sont bien établis, il ne reste pas moins évident que les partis de l’opposition ont bien contribué à la prospérité et à la longévité du régime caduque de part son incompétence, son inconsistance et le manque d’initiative et de projet de société au tour desquelles s’articulent tout combat politique qui prône le changement. Les partis de l’opposition sont animés par des divergences qui sont insurmontables.
S’unir le matin pour de désunir le soir, ça ne vaut vraiment pas la chandelle. Personne ne prendra au sérieux de tels groupes. C’est le cas de l’opposition guinéenne.
En attendant, les Guinéens sont témoins, depuis plus d’une décennie, de l’incapacité de l’opposition Guinéenne de dépasser ses points de divergences et afin d’accélérer la chute du régime moribond du Général grabataire et mourant Lansana Conte, et refuse catégoriquement de se mettre au dessus toutes les autres considérations égoïstes et personnelles de leurs leaders et oeuvrant ainsi au renforcement du régime de Conakry.
Même si la cause défendue par l’opposition guinéenne est juste, son inconsistance complique énormément les choses pour elle. En effet, il sera difficile aux Guinéens et Guinéennes, et aux ami(e)s de la Guinée, dont tous aspirent à la fin de ce régime militaro-mafieux et clanique, de faire confiance à des groupes qui n’arrivent pas à accorder leurs violons et manquent de dénominateur commun.
L’incapacité notoire des leaders de l’opposition à parler le même langage donne des prétextes solides au Général Lansana Conte et à ses thuriféraires qui pourront tranquillement se moquer d’eux et les traiter d’aventuriers en mal de pouvoir.
Il n’est pas encore trop tard pour les différents acteurs de l’opposition guinéenne, de sacrifier leurs ambitions personnelles pour sortir la Guinée des mains de la dictature du Général Lansana Conte. Sans cela, tout le reste n’est que de la pure comédie et une perte de temps. Il faut que les Guinéens réalisent que, tous ne peuvent pas être président en même temps, bon sang. Il faut que les soi-disant leaders de l’opposition commencent à réaliser cela et à arrêter de rêver. Si non, alors que cette opposition caduque cède le terrain à une nouvelle génération de leadership.
Par ailleurs certains leaders politiques de l’opposition sont « les mêmes responsables des partis qui critiquent aujourd’hui le PUP, parti au pouvoir, pour sa mauvaise gestion alors qu’ils l’applaudissaient ou mieux le défendaient avec bec et ongles lorsqu’ils étaient en alliance avec le pouvoir ou lorsqu’ils avaient avait les mains dans le mangeoire».
En Guinée, la vie politique se caractérise par le nomadisme des dirigeants des partis. Certains acteurs politiques ont pour seul souci l’accès aux affaires publiques pour en tirer des avantages personnels. Pour y parvenir, ces leaders usent des astuces et des tromperies pour nouer et dénouer des alliances selon les intérêts personnels. Ce comportement malsain est si répandu que la majorité des guinéens jugent que les hommes politiques n’ont aucune conviction. Autrement dit, ils font de la politique du « ventre » alors que l’engagement politique suppose qu’on a un projet de société. Après 42 années d’indépendance : Quelle honte !
L’heure est grave, la Guinée traverse une crise, la plus grave de son histoire mais, les Guinéens ne doivent pas céder à la panique. Les perspectives d'un changement démocratique existent toujours. Mais il passe nécessairement par l'émergence d'une force alternative d'opposition. La Guinée a besoin « de dirigeants nouveaux pour une Guinée Nouvelle ».
Une Analyse de Mamadou Diallo, MD
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Une Correspondance pour Nlsguinee.com
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