jeudi 01 octobre 2015
Ce n'est pas de l'humour sombre mais un constat de cette République de
Guinée qui n'en finit pas d'imiter et d'utiliser le vocable en usage sous
d'autres cieux, sans plus.
Au mot élection, le tout petit dictionnaire dit:
«Choix que l'on exprime par l'intermédiaire d'un vote ».
Au mot vote : « Acte par lequel les citoyen d'un pays ou les membres d'une assemblée
expriment leur opinion lors d'une élection, d'une prise de décision ».
En Guinée, il y a déjà des mois sinon des années que le Président en place
agit, parle comme si son second mandat lui était assuré sans aucun doute. Or
partout où l'on parle de démocratie, toute élection transparente comporte
sa part d'incertitude. Dans ces cas il s'agit naturellement d'élection
transparente. Dans notre démocratie guinéenne, on n'a aucun scrupule à
parler de transparence tout en faisant, quotidiennement le contraire. C'est
dire que nos élites qui ont usé des fonds de culottes sur les bancs de
l'école pour apprendre les B-A-BA des institutions étatiques, du savoir et
de l'éducation qui sont les ferments du développement humain de toutes les
sociétés, oublient le plus souvent tout « ce bagage » dès qu'ils entrent
dans la politique.
Avaient-ils réellement compris le contenu de ce bagage ?
Par-delà toutes autres considérations (enrichissements faciles,
superficialités de comportements), on peut douter du niveau de formation
intellectuelle qu'ils affichent ostensiblement. Je crois qu'en réalité, ils
manquent totalement de ce qu'est L'ESPRIT DE LOI dans la cité. Ce sont des
lois élaborées par les hommes qui civilisent et régissent la vie sociale
dans tous les Etats, ce ne sont pas des caprices de quelques-uns qui
doivent régir la société. Des lapalissades ailleurs dans le monde,
n'est-ce pas ? Et sur lesquelles, on ne revient plus, chez-nous, il faut
constamment y revenir.
Dans une chronique précédente, j'avais émis l'idée, mais j'étais loin
d'être le seul, que le contexte d'impréparation de l'élection
présidentielle prêtait à un tel imbroglio qu'il aurait été préférable que
l'Opposition républicaine ne doive pas y prendre part. Mais il semble que
l'habit devenu négatif du mot boycott a effrayé et personne n'a voulu
demeurer en reste. Mais tout au long de l'Histoire, le boycott dans son
sens de refus collectif de participer par exemple à un événement public n'a
pas été toujours négatif.
Bref, malgré l'amoncellement de situations susceptibles de donner lieu à
des fraudes lors de cette élection. Il faut citer à cet égard quelques points :
• implication de l'Administration ;
• le fichier électoral qui n'a pas été convenablement essoré ;
• le dernier recensement de la population guinéenne qui a montré une rupture inattendue
dans l'évolution démographique régionale guinéenne, en faveur d'une Région,
la Haute-Guinée qui n'est pas traditionnellement la plus dynamique ;
• la caution anormalement élevée pour être candidat, alors qu'on aurait pu
adjoindre à cette caution d'autres critères (niveau de formation citoyenne
par exemple). Et puis les problèmes liés à la CENI (Commission électorale
nationale INDEPENDANTE) étaient-ils résolus ?...
Il se trouve que l'Opposition républicaine avait menacé de boycotter le scrutin
si les accords politiques du 20 août dernier n’étaient pas intégralement appliqués.
Mais le Pouvoir savait que ce n'était là qu'agiter des lanternes sourdes et n'a donc
rien changé à son plan élaboré de longues mains.
Une synergie d'action de cette Opposition républicaine et une détermination
de sa part de non-participation auraient sans doute fléchi la position rigide
du Président Alpha Condé, qui, malgré ses rodomontades sur ces questions, a besoin
de la présence du grand nombre des Guinéens pour donner à son élection l'aura d'une
élection de grand consensus national, donc de transparence et de démocratie.
Et l'on sait que ce ne peut pas être les seuls électeurs de la
mouvance présidentielle qui peuvent donner à cette élection une revanche
éclatante sur les 18 % du premier tour de juin 2010.
L'Opposition républicaine telle qu'elle est dans son ensemble et dans son électorat,
aurait pu construire la digue pour le changement. Il n'est même pas
déraisonnable de croire qu'elle aurait pu faire un premier tour
époustouflant, dans la transparence, puisqu'elle ne dispose pas d'arsenaux
composites pour faire autrement. Mais de toute évidence, des fraudes
massives ou pas planeront sur cette élection, des acteurs, tels des robots
sont préparés pour ces pratiques.
Ainsi, des agents de l'Administration publique qui doivent assurer
la permanence de l'Etat républicain guinéen, quel que soit le parti au pouvoir,
vont se mettre (ou seront mis) au service du Président-candidat.
Alors quand on entend parler dans ce contexte de VIGILANCE, on en rirait
si la naissance de la démocratie en Guinée n'était aussi préoccupante.
Trêve de plaisanteries ! Revenons à l'essentiel, c'est-à-dire à l'élection.
A dire les mots comme ils doivent être dits cette élection,
constitutionnellement attendue par tous les Guinéens a été engagée
de la façon autocratique habituelle à Alpha Condé, pour qu'elle se
déroule techniquement, sur le terrain, comme lui et son parti l'ont planifiée. Et
ils ont les moyens des fraudes à grande échelle pour cela.
C'est pour cette raison, que certains dont j'étais, avaient souhaité une
non-participation de l'Opposition républicaine pour éviter que les Guinéens
ne se retrouvent encore une fois devant une élection dont les résultats
seront probablement contestés dès la proclamation des résultats. Mais les
micro-calculs dans l'Opposition, n'ont pas permis l'union qui fait la force
dès le premier tour.
Ce ne sont pas de simples citoyens épars de par le monde, comme moi, qui
ont pu faire changer le cours des événements. Il faut donc rentrer dans le
bal.
Les candidats en présence sont au nombre de huit (8).
Le Président sortant Alpha Condé s'est beaucoup démené ces derniers temps,
que dis-je, s'est démené depuis la première année (2011) de son mandat,
en pure activité de propagande politique pour sa réélection en 2015.
Rappelez-vous les inutiles voyages à travers le monde, au prétexte de
recherche d'investisseurs à attirer en Guinée. On n'en connaît pas de
notables qui soient venus. De grandes unités déjà en place avant son
arrivée à la présidence comme Friguia ne sont plus du monde des entreprises
vivantes de notre pays. En tout cas le cimetière des unités économiques est
beaucoup plus impressionnant que les berceaux des entreprises nouvellement
nées.
Je reconnais que ce champ économique était plus difficile à rénover
en cinq ans que d'autres axes d'action. Par rapport aux coûteux et inutiles
voyages lointains, la connaissance par le Président de la Guinée du raz de
sol n'est vraiment intervenue que quand l'élection présidentielle a commencé
à montrer le bout de son nez.
Un barrage hydroélectrique, celui de Kaléta vient d'être inauguré à
quelques jours de l'élection, c'est bien. Mais il y avait un autre barrage
d'un autre type qui aurait dû être détruit dès l'arrivée d'un intellectuel,
pour la première fois, à la magistrature suprême de la Guinée. C'est le
barrage qui bloque toujours l'inter-connectivité sociale de la population
guinéenne. S'attaquer à cette question vitale pour la nation guinéenne dès
l'année 2011, aurait constitué pour moi la plus grande réussite du
quinquennat d'Alpha Condé. Au lieu d'une telle perspective, c'est à un très
profond morcellement ethnique, jamais vu avant ce quinquennat, qu'on a
connu . Alors, je n'hésite pas à dire que c'est un quinquennat perdu pour
la Guinée qu'il ne faut pas renouveler. Serai-je entendu ? Je ne me fais
pas d'illusions.
Des sept autres candidats, celui que je connais le mieux est CELLOU D'ALEIN
DIALLO. Je l'ai rencontré. C'est un homme de grandes qualités
humaines. Mon expérience de vie ne m'avait pas confiné qu'à l'univers
professionnel (Institut national de la statistique et des économiques,
INSEE, ou Université ), j'ai beaucoup rencontré des hommes politiques et
des professionnels de divers secteurs, d' Europe, d'Afrique et même d'Asie.
Cela permet une certaine perception des hommes.
Cellou Dalein Diallo n'est pas l'homme dont des paltoquets guinéens
n'ont eu de cesse de présenter sous des couleurs pas loin de leur propre image.
A entendre certains de ces paltoquets, on a l'impression que c'est Cellou Dalein Diallo qui était
l'omnipotent et inamovible ministre qui a tout régenté sous le magistère de
Lansana Conté de 1984 à 2008. Or tout le monde sait même parmi les jeunes
qu'un ministre était, sous Conté, sur une chaise éjectable à tout moment…,
l'entourage immédiat du Président assurant la réalité du pouvoir de décision.
Les pillages économiques et financiers dont on a tant parlé sont
indéniables mais on ne peut pas les imputés aux seuls ministres et premiers
ministres mais à tout le système en place à commencer par le Président
Conté qui venait à la Banque Centrale pour se servir en liquidés fraîches.
Les pillages ont donc résulté d'une absence d'Etat organisé. Si ces
pillages étaient pris avec sérieux à l'arrivée d'Alpha Condé, ce sont la
plupart de ses conseillers qui auraient été renvoyés. Alors s'acharner sur
Cellou Dallein Diallo parce qu'il avait été ministre sous Conté, ressemble
à une grande peur devant un adversaire politique qu'on a senti ne pas
pouvoir battre à la loyale.
Quant aux votes ethniques, ils sont pratiqués partout,
c'est regrettables mais on ne peut pas les imputer à un seul.
Si au sommet de l'Etat, s'était trouvé un leader de haut niveau, les choses
n'auraient pas évolué comme nous les voyons évoluer.
Cellou Dallein Diallo me fait penser à ces mots d'un Maître s'adressant à
un disciple et qui disait : « Vous ne savez pas vous ennuyer. Vous êtes
patient avec les imbéciles. Vous dites spontanément ce que vous pensez. En
politique il faut savoir mentir tout le temps avec tout le monde. C'est
difficile. » C'est cette nature honnête et pleine d'humilité que j'ai
rencontrée chez Cellou Dalein Diallo, c'est l'Homme capable d'apporter aux
Guinéens ce qu'ils ont toujours attendu dans le silence : l'unité des
Guinéens, les vrais débuts de la satisfaction de leurs besoins
fondamentaux, la fin du banditisme dans nos villes et campagnes etc. Tout
cela, il ne les réalisera pas comme par un coup de baguette magique mais il
s'y attaquera dès son élection.
Alors, JE VOTERAI CELLOU DALEIN DIALLO dès
le premier tour et j'appelle les nombreux Guinéens avec lesquels je suis en
correspondance permanente à travers le monde à faire comme moi et à voter
CDD, le Président guinéen de demain.
Nous n'allons pas à cette élection à arme égale avec le pouvoir en place.
Le triomphalisme ?...Laissez cela à d'autres.
Dijon, 28-29 septembre 2015
Ansoumane Doré, Dijon
Pour www.nlsguinee.com
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