Afrique : communiqué de presse de l'Union Africaine
samedi 27 mai 2006
MESSAGE DU PRESIDENT DE LA COMMISSION DE L’UA A L’OCCASION DE LA COMMEMORATION DE LA JOURNEE DE L’AFRIQUE
25 MAI 2006
TRAVAILLER ENSEMBLE POUR L »INTEGRATION ET LE DEVELOPPEMENT
A l’occasion de la commémoration de la Journée de l’Afrique, en ce 25 mai 2006,
Je voudrais adresser mes vives félicitations à toutes mes soeurs et à tous mes frères africains, du continent et de la Diaspora.
Il convient de rappeler que le 25 mai 1963, les dirigeants de l’Afrique indépendante d’alors avaient marqué l’histoire d’une pierre blanche et avaient donné une impulsion à leur lutte collective, quoique inachevée, pour l’indépendance, à travers la création de l’Organisation de l’Unité africaine.
Près de quatre décennies se sont suivies, au cours desquelles les Etats africains sont restés unis, dans le cadre de l’OUA, pour déployer des efforts visant à donner une essence et une signification à leur indépendance politique et assurer le développement socioéconomique de leurs populations.
Ces efforts ont aboutit à des résultats positifs dont le couronnement a été la création de l’Union africaine (UA).
La mutation de l’OUA vers l’Union africaine s’est inspirée de la volonté d’accélérer le processus d’intégration et de la mettre au service du développement socioéconomique du continent.
L’OUA, d’heureuse mémoire, s’est d’abord attaquer à la décolonisation et, par la suite, à la résolution des myriades de conflits politiques qui affligeaient le continent. Et pourtant, les divers conflits trouvaient leur racine dans la crise du développement économique et le phénomène grandissant de l’inégalité sociale, de l’exclusion et de la malgouvernance.
La nouvelle Union africaine est consciente de ce lien et entend établir un équilibre significatif entre l’exigence de la stabilité politique et le développement socioéconomique rapide.
Le Plan stratégique de la Commission, qui a été approuvé par la Conférence en juillet 2002, place ce défi au centre du cadre de l’intégration. Le plan s’inspire des changements historiques de la nature du système international au sein duquel les Etats africains doivent évoluer. La fin de la guerre froide au crépuscule des années 80 a considérablement modifié le paysage international du développement. Il est alors apparu, de manière plus évidente que jamais, que nos Etats ne pouvaient plus chercher refuge dans des camps idéologiques ou dans des impératifs associationnels.
Le développement durable exige du continent la recherche d’un mode de développement autocentré, axé sur des efforts aux effets multiplicateurs dans les domaines de l’agriculture, du commerce, du renforcement des infrastructures, des ressources humaines, de la technologie et de l’évolution scientifique. Aucun pays africain ne peut y parvenir seul.
Nous devons travailler ensemble pour l’intégration et le développement, et cette prise de conscience trouve un écho dans le thème de la Journée de l’Afrique de cette année, à savoir :« oeuvrer ensemble pour l’intégration et le développement. »
En termes pratiques, cela implique que nous devons procéder à un changement d’attitude mentale ancrée en nous en tant qu’Africains à tous les niveaux – local, national, régional et continental – et réorienter nos énergies et nos efforts vers la mobilisation de nos ressources – humaines et matérielles – afin de réaliser notre vaste objectif d’édification d’une Afrique intégrée et développée.
L’adoption et la mise en oeuvre de normes dans le domaine social, la formulation et l’application de politiques économiques communes qui fixent des objectifs convenus et l’intégration de nos infrastructures et de nos économies en général sont essentielles pour atteindre ce but.
Il s’agit là, cependant, de facteurs techniques. Le fondement de notre unité relève d’une vision commune, de valeurs communes, d’intérêts communs et d’engagements forts qui les accompagnent. La consolidation de la démocratie, de l’état de droit, de la bonne gouvernance, du respect de la constitutionnalité et des droits de l’homme, font partie intégrante de ces valeurs et de ces engagements.
Ces ingrédients constitueront la sève nourricière d’un cadre d’action pour la prévention et la résolution des conflits visant à créer un environnement propice au développement socioéconomique que nous appelons tant de nos voeux. C’est quasiment une lapalissade de dire que le développement économique est le fondement de la stabilité sociale et politique.
Par conséquent, le point de mire de notre agenda de l’intégration et du développement continue d’être, entre autres, la résolution des conflits. Je suis heureux de constater que certains de ces efforts ont porté des fruits. L’achèvement du processus de transition et la tenue d’élections au Liberia, l’Accord de Naivasha conclu par les parties soudanaises sont deux illustrations remarquables de ce fait.
Nos efforts et nos espoirs continuent de se focaliser sur l’amélioration de la situation en Côte d’Ivoire, l’heureux aboutissement de la transition en RDC, l’établissement de l’ordre constitutionnel en Somalie et la recherche d’une solution constructive et définitive à la crise dans la région soudanaise du Darfour.
Récemment, nous sommes parvenus à négocier et à conclure un accord de paix qui devra mettre fin au conflit entre le gouvernement du Soudan et les principaux groupes rebelles de la Région du Darfour. Deux groupes rebelles n’ont pas encore signé cet accord mais la célébration de la Journée de l’Afrique offre une opportunité que ces groupes devraient saisir pour réévaluer leur position et rentrer au bercail, pour qu’ensemble nous puissions oeuvrer en faveur de l’intégration et du développement.
Au delà des conflits, il importe que nous commencions à renforcer nos liens de solidarité et de coopération dans les domaines vitaux de la négociation des relations politiques et économiques avec les autres régions et entités du monde.
Les Africains ont généralement tendance à déplorer le phénomène de la marginalisation de l’Afrique et la place qu’elle occupe dans la hiérarchie mondiale. Au moment où nous assistons à l’ascension des géants asiatiques, en particulier, la Chine et l’Inde, nous devons affronter le défi de faire du vingt-etunième siècle le siècle de l’Afrique. Nous ne pouvons le faire que si nous léguons à la postérité, l’avènement sur la scène mondiale d’une Afrique pleine de vitalité et de détermination.
Et pour cela nous devons rêver ensemble, planifier ensemble, travailler ensemble, réaliser ensemble et déguster ensemble le fruit de l’action collective.
Nous ne réussirons pas à le faire dans l’isolement. Nous devons interagir de manière significative avec d’autres acteurs et d’autres régions de la communauté internationale.
Je voudrais donc saisir cette occasion pour exprimer notre profonde gratitude à nos partenaires internationaux des autres continents - Amérique, Europe et Asie – pour l’intérêt et le soutien constants qu’ils continuent d’accorder à nos efforts. Néanmoins, c’est à nous qu’il incombe d’agir.
Personne d’autre que l’Afrique n’a intérêt à assurer l’avenir du continent. Elle doit forger un front uni pour déterminer et maintenir son propre projet, qui ne sera dicté que par ses propres besoins et l’impérieuse nécessité d’appliquer des solutions endogènes qui sont adaptées à ses conditions particulières.
L’assistance que nous obtenons de nos partenaires internationaux ne peuvent être que des rajouts ou des compléments à notre dur labeur et à nos ressources. Nous sommes les architectes de notre propre destinée.
En ce jour mémorable, quarante-trois ans après la création de la première organisation continentale – l’OUA – j’invite tous les africains à se lever comme une seule personne et à marcher ensemble pour l’intégration et le développement.
Je voudrais assurer les uns et les autres que si nous mettons tout en oeuvre, à travers nos engagements et note passion, dans le cadre de l’Union africaine, les résultats seront rémunérateurs en termes de dignité, de respect, et d’héritage que nous léguerons à la postérité.
Je salue et je félicite les gouvernements et les peuples de notre unique continent, de notre unique pays, l’Afrique.
Que Dieu bénisse notre grande nation, Mère Afrique !
En avant pour les Etats unis d’Afrique !
Je vous remercie.
SOURCE : L'Union Africaine
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