mercredi 22 juillet 2009
Il n’est un secret pour personne que le Dadis show ne fait plus recette. L’annonce de la reprise des audits, elle aussi, a été accueillie de façon mitigée. Celle concernant d’éventuelles attaques rebelles aux frontières non plus n’a pas suscité les effets escomptés par ceux qui ont ces annonces alarmantes. D’autant plus que le président Dadis a fait un black out total sur le sujet en interdisant aux radios locales d’en parler. Il fallait donc coûte que coûte trouver un autre sujet susceptible d’occuper les esprits.
De là à voir la super médiatisation de la découverte des substances toxiques au quartier Gbessia Port dans la banlieue de Conakry il y avait qu’un pas que certains ont vite franchi. Aujourd’hui à Conakry on ne parle que de cela. Même la découverte des déchets toxiques dans l’île de Kassa dans les années 80 n’avait pas suscité autant de commentaires. A l’époque pourtant c’est fut grâce à un journaliste reporter qui s’était intéressé à la question que la population de Kassa fut sauvée. Un certain Boubacar Yacine Diallo qui, avec acharnement, conviction et amour de son métier, avait épargné les habitants de Kassa le pire.
Aujourd’hui la situation est totalement différente. A la place d’un journaliste, ce sont les dirigeants qui se sont emparés de cette autre affaire pour justifier « la menace qui plane sur leurs concitoyens auxquels ils ont un devoir de protéger ». Le jeu en vaut la chandelle. Une Guinée menacée par des narcotrafiquants et des rebelles a plus que jamais besoin de son armée et surtout à sa tête.
En tout cas depuis l’avènement des militaires au pouvoir ce n’est pas du tout le repos pour les responsables politiques, les diplomates étrangers ainsi que les représentants des institutions internationales accrédités en Guinée. A chaque événement, petit ou grand, ils sont conviés par le CNDD. Ainsi, que ce soit pour parler de l’application du fameux chronogramme, de la problématique d’eau et d’électricité ou du trafic de drogue, les représentants des pays amis et institutions internationales assistent à toutes les rencontres. Le capitaine Moussa Dadis Camara veut prendre à témoin la communauté internationale de tous ses faits et gestes.
Il ne s’agit nullement de mettre en doute les affirmations des autorités. Il ne s’agit pas non plus de nier la gravité des faits. Mais, les nouvelles autorités guinéennes doivent comprendre que commander un pays implique à la fois des responsabilités et des risques. Un gouvernement ne peut pas et ne doit pas alerter la communauté internationale pour des problèmes aussi banals que la découverte des substances toxiques dans un quartier.
L’envergure donnée à l’événement par le gouvernement donne l’impression qu’il s’agit d’un fait susceptible de décimer l’humanité entière. Même le gouvernement soviétique s’était abstenu de s’alarmer ainsi après l’explosion de la centrale Nucléaire de Tchernobyl.
Pourquoi la Guinée fait autant de bruit pour un événement qui, jusqu’ici n’a pas tué une mouche ? En alertant la communauté internationale à tout de champ, le CNDD risque de subir le triste sort de la vieille dame dont la légende nous raconte. Appelant ses voisins au secours tous les jours sous le prétexte qu’elle s’était brûlée dans sa case, les voisins venaient trouver que la vieille était saine et sauve. Et le jour où sa case prit véritablement feu, personne n’est venu après ses appels au secours.
Que le secrétariat d’Etat chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le grand banditisme fasse donc son travail et laisse diplomates et représentants des institutions internationales tranquille. Que le capitaine Camara débarrasse la Guinée et surtout Conakry des réseaux de pédophile, des trafiquants de drogues et d’organes humains qui remplissent la capitale guinéenne.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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