Guinée : Transports urbains et aménagements
17 novembre 2005
Partie I : Système de transport et vie quotidienne
L’accroissement rapide des populations à la banlieue de Conakry et la concentration des activités dans la presqu’île de Kaloum et aux environs du grand marché Madina ont mis en évidence le besoin de disposer d’un système de transport public performant entre ces lieux. L’objectif de cette analyse est de voir quelles actions simples faut-il entreprendre pour remédier à cette situation, soit par des aménagements nouveaux soit par une réorganisation. C’est donc pour assurer le bon fonctionnement de l'interface multimodale des transports vers la ville et le marché de Madina.
Parfois avec des petites mesures, on peut redonner aux transports, notamment au transport en commun, une dimension humaine se souciant de l’environnement, de la sécurité et du confort des usagers.
Pour étudier l’accessibilité des lieux de destination et mieux cerner les problèmes, il est nécessaire de concentrer la recherche sur un périmètre, en l’occurrence de la presqu’île de Kaloum à km36. Nous n’aurons sûrement pas les données nécessaires à une étude détaillée mais, sur la base de quelques réalités sur le terrain, il est possible de faire des recommandations.
Avant de citer quelques problèmes auxquelles il faut faire face, il convient de rappeler les interactions entre l’offre et la demande. Il convient également de rappeler les différents modes de transport, les origines et les destinations des usagers.
Cette figure montre que Conakry ne possède pas une importante offre de transports publics. Il n’y a ni Bus, ni tram, ni train, ni métro. Les transports collectifs sont limités aux minibus et aux taxis, ceci dit le rail est inexistant.
Les modes de transport barrés sur cette figure sont ceux qui ont plus de capacité de transport et devraient être disponibles, sinon au moins en partie.
Avec les difficultés économiques actuels, il sera difficile voire impossible pour Conakry d’avoir un système de transport performant tel que le tram ou le métro, car l’investissement initial est énorme. Cependant, rien ne justifie qu’il n’y ait pas une compagnie de transport public performant.
Par conséquent, Conakry devrait se doter d’une compagnie de transport avec un nombre suffisant de bus sur tous les tronçons pour assurer une cadence raisonnable.
L’Etat doit faire le nécessaire pour qu’il y ait une telle compagnie, dans le cas des transports en commun on ne peut pas compter sur le privé. Ce n’est pas un secteur rentable, si les tickets doivent être accessible à la majorité des Guinéens, cette compagnie doit être gérée ou subventionnée par l’Etat comme partout ailleurs.
Contraintes sur le terrain
Occupation de l’espace public par des marchands fixes ou ambulants et leurs chalands
L’occupation de l’espace public par les marchands ambulants, les retards causés par les forces de l’ordre qui, en rançonnant les conducteurs, bloquent la circulation. Ces attitudes constituent un obstacle majeur à la fluidité des transports.
Urbanisation parfois anarchique aux abords des voies publiques
L’emplacement des constructions et le manque d’aménagements adéquats des trottoirs sont des éléments qui poussent les piétons dans la voie publique.
Pas de places de stationnement
Le manque de place de stationnement est palpable à Conakry, il est facile de voir des véhicules privés stationnés de façon anarchique sur les passages piétons.
Réseau routier peu développé
Plusieurs endroits de la ville ne sont accessibles qu’avec des véhicules tout terrain, interconnexions souvent inexistantes ce qui entraîne l'existance de plusieurs voies sans issus.
Mentalités
Un changement qualitatif des mentalités est nécessaire, ceci à commencer par les forces de l’ordre qui, au lieu de s’occuper à rançonner les conducteurs, devraient dégager les voies publiques et reguler la circulation.
Cependant, il est très difficile de cerner le piéton, ce dernier choisit toujours le plus court chemin pour aller d’un point A à un point B. Il faut donc des aménagements qui canalisent les piétons sur les trottoirs et qui les orientent vers des passages piétons.
L’exemple frappant, que j’ai moi-même remarqué à Conakry, est la passerelle se trouvant au grand carrefour de Madina, quelle bonne idée ? Mais les usagers n’étant pas orientés et canalisés par des barrières vers les accès à cette passerelle, alors ils préférent traverser la circulation sous celle-ci. Il y a moins d’effort à fournir en passant sous la passerelle, bien que le risque de se faire percuter par un véhicule soit plus élevé.
Recommandations
- Dégagement des voies publiques :
En Guinée, à Conakry comme dans les villes de l'intérieur du pays, nous avons adopté le système « TOUS SUR LA VOIE PUBLIQUE », il faut absolument libérer ces voies publiques pour permettre une circulation fluide des véhicules et réduire les accidents. Les attroupements sur ces lieux sont très dangereux !
- Le marquage des voies et des trottoirs :
Le marquage des routes est très important mais négligé dans la plus part des cas chez nous, et dans le cas où il y en a les conducteurs ne tiennent souvent pas compte.
- Construction d’abris bus :
Il est inconcevable qu’aujourd’hui, les usagers restent sous la pluie ou le soleil ardent pendant des dizaines de minutes voire des heures à attendre un système de transport quelconque pour aller au travail. Ces abris qui ne demandent pas d’énormes investissements doivent être réalisés au niveau de plusieurs stations.
- La modification des horaires de travail :
Il est envisageable de modifier les horaires de travail de certaines catégories des usagers, ceci permettrait de décharger les heures de pointe et mieux repartir ces usagers dans les créneaux horaires. Cette solution parait bien possible car, le plus souvent, les chefs de services n’arrivent que vers 10h du matin voire même plus tard.
M. Mamadou LY
Ingénieur polytech. dipl. EPFL
Consultant technique de www.nlsguinee.com
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