dimanche 08 mars 2009
Il arrive parfois des moments où toute une nation se pose des questions d’ordre existentielles consistant à savoir de quoi demain sera fait. Le destin peut être vu comme une force qui dirige le cours des événements vers des finalités plus heureuses ou moins heureuses.
Le peuple de Guinée continue encore de se poser des questions sur sa délivrance vers plus de démocratie et de bonheur pour le plus grand nombre. Toutes les voix s’accordent à dire qu’une démocratie réelle et apaisée serait la thérapie de ce grand peuple qui ne cherche que la voie soit balisées par des créateurs de destin.
La démocratie, à notre époque, n’est plus une vue de l’esprit mais une demande sociale de citoyens qui voient dans ce projet de société un cadre idéal à l’expression des libertés individuelles et collectives.
Depuis les indépendances en 1958 la Guinée souffre d’un mal de gouvernance dont les manifestations ont été la négligence de l’éducation, l’absence d’infrastructures, le manque d’esprit d’initiative, la migration vers le reste du monde. Or il est bien admis que dans le monde d’aujourd’hui rien ne peut se faire sans la création d’externalités positives nécessaires à l’esprit de créativité et d’accomplissement de soi. Le pays possède les ressources naturelles et la force de sa jeunesse pour relever tous les défis. Il est alors grand temps de permettre la libération de toutes ces forces créatives indispensables à l’émergence du progrès social.
Le défi consistant à affronter l’avenir avec succès ne va pas de soi car la réussite d’une société se fonde sur des exigences d’un travail de fond préalable à effectuer. C’est pourquoi le moment est venu pour tous les guinéens de se poser la question incontournable suivante : De quelle Guinée voulons-nous? Même si nous n’avons pas la réponse absolue à cette question, nous pouvons tous au moins s’entendre que chacun aspirerait à ce que son enfant soit éduqué, que le panier de la ménagère soit garni, que le malade puisse être soigné et que la sécurité de tous soit garantie.
Tous ces arguments composent le bonheur social dont l’éclosion dépend fondamentalement de manière dont la cité est gérée. C’est pourquoi, l’instrument de la démocratie véritable doit être créé et intégré dans la vie de tous les jours car sans projet de société notre cher pays sera comme un navire perdu dans les océans. Le monde d’aujourd’hui est un univers de vitesse où ceux qui trainent des tares de libération des énergies resteront à traine et en marge de l’évolution.
Toutes ces raisons amènent les esprits avertis à fonder beaucoup d’espoir sur la promesses d’élections véritables, libres et transparentes promises au peuple de Guinée par la nouvelle classe dirigeante. Le temps s’écoule et la pauvreté continue à s’installer. L’ère de la grande obscurité doit alors être révolue pour laisser plus de place à la création de richesse et au bonheur social dans un cadre institutionnel démocratisé.
Même si tout le monde s’accorde qu’il pourrait exister un lien positif entre la libre expression des idées et le progrès de la société certains pourraient se poser la question de savoir si le défi est possible à relever dans la Guinée en l’état actuel. Une analyse du potentiel disponible nous mènerait à donner une réponse positive à cette interrogation.
En effet, La Guinée dispose d’un peuple qui ne manque pas d’initiatives malgré la faiblesse des moyens et d’un cadre incitatif à la production. Même les guinéens de l’extérieur qui ont les moyens d’investir ne sentent pas encore la présence de garanties suffisantes à la protection de leurs investissements ni à la sécurisation des personnes et des biens. Donc le potentiel existe et ne demande qu’à avoir les conditions d’éclosion.
La nature est généreuse avec la possibilité de développer plusieurs types de cultures en fonction des saisons. Les bassins d’eau alimentent plusieurs pays de la sous-région sans que les guinéens puissent se procurer d’eau potable et d’électricité. Les ressources minières peuvent permettre le développement d’une économie de rente à forte valeur ajoutée si les contrats sont bien négociés et les fonds obtenus investis dans les projets sociaux. Les possibilités d’hydroélectricité existent avec les chutes du Fouta Djalon ainsi que l’énergie biomassique avec une forêt disponible à perte de vue.
A tout cela s’ajoute une population jeune et mobilisable pour de grands travaux. Seule une planification stratégique de l’ensemble de ces forces pourrait faire émerger notre pays, et cela passe par des politiques claires et non des improvisations comme cela a toujours été le cas.
A la lumière de la grande mission de construction nationale qui attend l’ensemble des guinéens, il est grand temps que le vent de la démocratie véritable souffle en Guinée. Que les citoyens, quelques soient leurs obédiences politiques et organisationnelles se concertent, se parlent pour créer un cadre d’expression des idées. C’est par des idées fécondes et éclairées qu’une nation se construit.
Ne l’oublions pas, notre destin est moins à découvrir qu’à inventer. Donc, de notre créativité et de notre esprit de dépassement dépendra l’avenir des générations à venir. C’est maintenant qu’il faut poser les soubassements d’une nation qui demain sera fort, respecté et prendra la place qui est la sienne dans le concert des nations.
Mouctar Diaby, Montréal
Administrateur économique et social
mfdiaby@hotmail.fr
Pour www.nlsguinee.com