samedi 10 janvier 2009
La Guinée vient de perdre son président, le général Lansana Conté; par pur cynisme de la politique, toute opinion confondue (nationale comme internationale) a poussé un souffle de soulagement et de délivrance pour le peuple guinéen, on se dit qu’une nouvelle ère d’espoir pour les libertés et le développement pour les Guinéennes et les Guinéens se lèvera, après que le président de l’assemblée nationale guinéenne ait lancé un appel au calme pour assurer l’intérim avant d’organiser les élections générales dans le respect de la loi fondamentale Guinéenne. Que Nenni !
Quelques heures plus tard, l’armée annonce qu’il prend le pouvoir et refuse la disposition que réserve la constitution. C’est la peur, tout le monde retient son souffle... Les militaires arrivent à s’unir et à convaincre l’ancien ordre constitutionnel de céder le plancher, le lendemain le gouvernement, qui jusque là ne pensait pas se la faire dicter, rencontre les militaires. Le capitaine Dadis Camara porte parole des militaires putschistes s’autoproclame chef d’Etat et président de la Guinée. Il annonce une transition de deux ans assortie d’élections générales.
L’histoire se répète...mais pouvait il en être autrement dans ce système de Conté en Guinée ?
Devant ce dilemme et ce casse- tête chinois de la succession de Conté à la tête de la Guinée, il est important de faire un rappel historique.
Règnes de Sékou Touré (1958 - 1984) et de Lansana Conté (1984 - 2008) ou 50 années de libertés confisquées en Guinée
Après le “Non” à De Gaule de retarder de quelques années l’indépendance de l’Afrique francophone en général et de la Guinée en particulier, Sékou Touré dirigera la Guinée sans partage. Aucune contradiction n’était tolérée. Les fautifs étaient simplement jetés en prison ou éliminés. Cette répression, cette gestion de main de fer du pays va jeter un discrédit sur la vision du héros panafricain qui a osé devant le tout puissant colon, le Général De gaule. Son pouvoir sera donc banalisé.
Le système gangréné par le clientélisme, le népotisme, ce qui conduit inéluctablement à la corruption. A tel enseigne qu’à sa disparition après 26 années de règne, aucune personnalité de son régime n’offrait une carrure pour une vision d’un avenir radieux pour le peuple de Guinée . C’est alors que l’armée, avec le colonel, ancien élève de l’école militaire polytechnique de Bingerville prirent le pouvoir sans oublier de promettre un avenir meilleur pour le peuple....
Rien de tout ce baratin, 24 années après, c’est la mort, le désespoir et la pauvreté que le Général Lansana Conté laisse aux Guinéens et Guinéennes.
Le bilan politique est désastreux, le long règne de fer de Conté laisse une classe politique toute tendance confondue moribonde (opposition comme les dignitaires du régime du défunt Général président). Une opposition timorée par la brutalité du pouvoir et son incapacité à s’unir sur l’essentiel pour proposer un programme de société fiable. Le camp présidentiel empêtré dans l’affairisme et la corruption ne donne pas non plus une image reluisante. Les dignitaires se livrant à une lutte sans merci par abus de pouvoir... C’est donc l’impasse ...
L’histoire se répète avec un autre contexte, cette fois, favorable au peuple ?
L’armée a vu la voie qu’elle a empruntée sans crainte. Cependant nous pouvons sans nous tromper, dire qu’ils (Dadis et ses hommes) n’auront pas la tâche facile... Même si les condamnations (nationale et internationale) sont des bouts des lèvres, la pression sera permanente sur Dadis qui a promis de doter la guinées d’institutions issues d’élection libres et transparentes.
Cette pression est réelle, et constituée. Cette fois la société civile, la jeunesse, les syndicats et la diaspora n’accepteront pas que Dadis leur fasse le coup de Conté...
N’est ce pas la société civile (jeunesse, syndicats, diaspora) qui a fait vacillé le pouvoir de Conté il ya un an, Dadis le sais, N’est ce pas lui qui a dirigé une mutinerie de jeunes soldats récemment... Tous ces éléments nous confortent que la junte militaire n’a pas toutes les cartes en main en Guinée.
Cependant ceci ne doit pas laisser les guinéens et les guinéennes dormir sur leurs lauriers. Surtout la Diaspora, une opportunité historique s’offre à elle pour enfin instaurer une vraie société démocratique et juste dans ce pays riche en matières premières pour le bien être de ce peuple qui a voulu très tôt s’émanciper...
Toute la jeunesse panafricaine croise les doigts pour cette nouvelle ère sur la grande Guinée, elle exprime par ailleurs sa disponibilité et sa solidarité dans ce processus difficile à tous les acteurs.
Jean - Claude Gnahoua, Zurich - Suisse
Manager general
Political Advice Communication
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