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Analyses
    Guinée : Ensemble nous sommes plus forts


     lundi 17 novembre 2008   

    Du 17 au 20 mars 2006, 25 Partis ont organisé des journées de Concertation qui ont abouti à l’adoption d’une importante résolution politique qui proposait des voies et moyens de sortie de crise. En juin 2006 et surtout en janvier-février 2007, le pays a été secoué par une véritable insurrection populaire qui s’est soldée par des accords tripartites. On connaît la suite. La montagne a accouché d’une souris : un gouvernement dit de consensus inaugurant un Premier ministre chef de gouvernement, qui a très vite été mis en touche par la reprise en main par le Président de la république et des clans qui gravitent autour de lui.

    Nouvelle donne qui s’est consolidée par la mise en place d’un gouvernement dit de large ouverture. Ouverture qui s’est révélée être la porte ouverte à tous ceux qui avaient été censurés par le peuple debout de janvier-février, qui avait en vain réclamé un changement radical.

    Aujourd’hui, il est temps que les Guinéens de l’Extérieur, marginalisés par les deux républiques, prennent ce qu’on leur refuse, qui est essentiel à la recomposition du tissu national, c’est à dire la place qui leur revient. Ils sont près de 3 millions, sinon plus, donc le tiers de la nation, avec les avantages collatéraux subséquents, notamment la contribution pour le tiers des revenus privés des ménages des Guinéens vivant sur le sol national.

    Les Guinéens de l’Extérieur participent du dehors, au maintien difficile de la paix sociale, pendant que les ingrédients de la marmite sociale bouillent à près de cent degrés. Leur contribution à l’ébullition intellectuelle sur l’Internet a notablement nourri le débat et la réflexion politiques qui ont soutenu la « révolution » de janvier-février, sans parler de la solidarité financière substantielle qui a accompagné ce débat lors des journées mortes, journées de plomb. Pourtant contrairement aux légendes malveillantes « des Guinéens qui coulent des jours tranquilles au bord de la Seine à Paris ou du Potomac à Washington », ce sont d’humbles tresseuses d’Atlanta (U.S.A.), de Strasbourg Saint-Denis, de modestes tailleurs de Barbès à Paris, des « bana-banas » de Sandaga à Dakar qui, en ces circonstances historiques, ont vidé leur tire-lire, se sont dépouillés de leur minimum vital mensuel voire annuel, pour être dignes de la « Grève des battus » guinéens.(1)

    Mais les choses ne seront plus jamais comme avant.

    A preuve les émeutes récurrentes du « Golfe persique », dont on sait maintenant qu’elles s’étendent à tous les faubourgs du pays profond quand Bambéto, Cosa, etc., maintiennent la pression plus de 48h ou même certaines préfectures du pays profond qui donnent le ton (Dinguiraye, Labé n’avaient pas attendu ce fameux vendredi noir, le mot d’ordre de l’inter-centrale pour rallumer la torche des journées chaudes de janvier-février 2007.).

    Bref, toutes les composantes de la nation ont joué leur partition sans qu’on voie le bout du tunnel. Il est donc temps que le tiers de la nation joue la sienne d’une seule voix, dans la diversité, la tolérance des différences d’approche. Surtout, il faut que la diaspora fasse entendre cette singulière note qui se fait attendre depuis la chute peu

    glorieuse de M. Kouyaté.

    En effet il n’est pas honorable qu’après l’incompréhensible pause (ou pose ?) des Partis, des Syndicats et de la Société civile, de laisser le peuple sombrer la mort dans l’âme, dans le fatalisme grabataire. Devant la désespérance violente de la jeunesse des faubourgs, après tant de villes mortes, ce serait de la forfaiture de laisser faire la reprise en main par les forces conservatrices pendant qu’on assiste à la fragmentation, à l’ensablement des forces du progrès qui avaient accompagné le vaste soulèvement de janvier-février 2007.

    (1) « La grève des battus » (mendiants en wolof), titre d’un célèbre roman de la Sénégalaise Mariam Bah.

    Vous pouvez cliquez sur ce lien pour signer la pétition : http://www.lapetition.be/petition.php?petid=3333

    Par Saidou Nour Bokoum, France
    Ecrivain, signataire du Manifeste « Guinéee Odyssée 2010 »
    Signataire de l’Appel pour des Assises des Guinéens de l’Extérieur
    Pour www.nlsguinee.com


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