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Analyses
    Guinée : Conté, Kouyaté, les partis politiques et les syndicats, quel choix ?

     mercredi 09 janvier 2008   

    Chers compatriotes en cette période de traversée de désert institutionnel, de calcul politico-stratégique et de disette socioéconomique le Guinéen ne semble pas apercevoir l’horizon, tellement que l’imbroglio est immense et ne semble ressembler à aucune autre situation ni en Guinée ni ailleurs. Le pays ne semble plus avoir d’autorité légitime pour incarner la volonté de nos concitoyens et c’est là où il y a tout le problème. Les acteurs impliqués dans cette situation calamiteuse semblent oublier tous le cadre législatif et réglementaire qui régit notre pays ; et le plus grave est le fait que ces gens qui sont censés résoudre ce problème soient complément perdus dans cette situation qu’on peut à juste titre appelé :le fait Guinéen.

    Cette situation interpelle chacun d’entre nous et demande à chacun un effort de réflexion afin de trouver la meilleure voie possible, qui pourra sortir notre pays de cette crise, qui si elle perdure risque de peser lourd sur la vie des Guinéens et surtout sans nul doute entrave énormément l’image du pays à l’extérieur et par ricochet freine l’investissement étrangers, l’attractivité et la compétitivité dont aucun pays au monde ne peut se passer aujourd’hui. Personne n’a intérêt à ce que cette crise se prolonge et s’installe dans la durée, quand on sait que le Guinéen vit du jour au jour et que les réserves de notre pays ne sont pas assez importantes pour ne pas dire inexistantes. C’est dans cette situation que je voudrais faire une analyse objective portant sur les différents acteurs impliqués dans cette crise. Vous comprendrez que c’est bien là une tache difficile est ardue mais à la quelle je me soumets avec modestie et neutralité.

    Nous avons dans cette crise différentes acteurs : les syndicats et la société civile, les deux Lansana et les partis politiques, on pourrait y ajouter les institutions républicaines et les autorités pardon ! Notables religieux, bien que tous ces deux deniers ne jouent que le rôle de facilitateur. J’avoue que je ne sais pas trop par qui commencer mais je suis tenter avec votre accord de m’avance en premier lieu vers la société civile et particulièrement vers les syndicats afin de voir, si j’ose dire, la limite de leur légitimité et circonscrire la limite de leur sphère d’action.

    En temps normal et dans les conditions normales la vocation principale du syndicalisme est la défense des droits et intérêt des travailleurs et salariés. Cette mission est si noble que dans tous les pays, et ce même dans les plus grandes dictatures, le droit syndical est fortement sauvegardé et même protégé. Les moyens d’expression syndicaux à savoir les revendications (d’ordre salariale ou liées aux conditions de travail et au mode de production) et le droit de grève, c'est-à-dire la possibilité d’arrêter de travailler pendant un temps donné, sans risque de perdre son travail sont des valeurs cardinales inscrites en lettre de noble dans les différents textes constitutionnels et législatifs de presque chaque pays, avec des modalités qui peuvent être différentes (les conditions et le déroulement des grèves ne sont pas forcement les mêmes en France, en Guinée, aux USA, au Bénin, au Japon, en Allemagne, au Brésil ou le Mexique etc.). Cependant dans tous les cas ces droits sont inaliénables et sont garantis pour tous les travailleurs. Il serait pourtant très réducteur de laisser croire que c’est là que s’arrête le rôle des syndicats, ce sont aussi des partenaires sociaux majeurs et partant ils incarnent une force de proposition et de négociation assez importante, sans laquelle la quiétude sociale ne peut être assurée dans le monde de travail. Des circonstances particulières et exceptionnellement graves, pour éviter l’expression chaotique (afin de ne pas être déclinologue), ont investi certains de nos syndicats dans un rôle qui ne rentre pas dans leur sphère de compétence, dans le cours normal des choses et des évènements, qui est celui de la politique du moins en certains de ses aspects notamment celui de la lutte pour l’alternance politique dans le pays du Général. Il faut remarquer que même si ce nouveau rôle n’est pas légal non seulement vis-à-vis de la pratique traditionnelle du syndicalisme comme décrite si haut mais aussi vis-à-vis de la pratique politique, qui est incarné (ah ! pardon qui devrait l’être) par les partis politiques, il n’en demeure pas moins légitime aux yeux de l’opinion et du sens même de la responsabilité et de la nécessité qu’il ait une instance qui incarne la nécessité du changement politique dans notre pays, qui dans cette période est plus que jamais inéluctable. C’est ainsi que la misère économique a conduit des hommes et des femmes syndicalistes à se substituer à l’instance dont la seule existence ne peut se justifier que par ce combat, je veux nommer les partis politiques. Ils ont mené une lutte noble et honorable contre un régime dure et sans vergogne et ce au prix de leurs vies. Ce combat a mené à des avancées significatives et majeures pour une nouvelle Guinée. Cependant et fort malheureusement comme on le dit souvent la plus belle fille au monde ne peut donner que ce qu’elle a et l’inexpérience politique des syndicalistes a aboutit à des accords dont la porté est grande mais qui sont dénués de toute légalité, d’après nos sources de droit. Je suis de ceux qui pensent qu’un mouvement syndical quelconque, ne fut-il celui dirigé par la sainte Rabiatou et le messie Fofana ne peut aboutir à une alternance politique et ce fait n‘est pas un cas particulier à la Guinée. Le mouvement de révolution de mai 68 en France n’a pas aboutit parce que le parti communiste Français n’a pas osé prendre les devants pour soutenir les syndicats dont l’objectif était le départ du Général de Gaule et la mort du Gaullisme et ce mouvement a aboutit exactement comme le nôtre à des accords qu’on appelle ici en France «les accords de Grenelle» à la différence que pour ce grand mouvement le sang n’a pas coulé.

    Je me permets d’introduire à ce niveau le rôle des partis politiques auxquels j’ai déjà consacré un article intitulé : les manœuvres de Kouyaté et le silence coupable des partis politiques. Pendant ce mouvement les partis politiques sont restés muets comme la tombe de ma grand-mère morte il de cela au moins un siècle, alors que les syndicalistes venaient de les offrir le pouvoir dans un plateau doré. Nous savons tous qu’à un moment donné de janvier 2007 le pouvoir était dans la rue entrain de se lamenter et criant haut et fort : je suis un célibataire à la quête d’un mari auquel je ne demande que le courage et le bon sens et en qui je pourrai confier la garde de mes enfants aujourd’hui orphelins ; et qu’a fait les partis politiques, particulièrement ceux de l’opposition ? ils ont juste dit à la marié en panne d’amour que nous ne pourrons pas commettre l’adultère ; et comme vous le savez le pouvoir est celui qui ne peut pas vivre dans le célibat, plus d’une demie journée il le déteste vraiment, car il a des désirs très intenses à assouvir et qui ne peuvent pas attendre ; et donc il était contraint bon gré malgré de retourner à l’amoureux répudié laissant celui qu’il voulait conquérir comme un enfant désirant fortement sa copine mais qui se trouvant dans l’incapacité de le lui avouer, et ce même s’il sait pertinemment qu’elle est disposée, mais par la honte, la timidité et la crainte il préfère garder ses peines pour lui.

    Je pense qu’il est temps d’introduire là le GENERAL qui profitant du vide politique et de l’inexpérience politique des syndicalistes, a su reprendre le pouvoir en main en acceptant de signer, pardon ! Je m’excuse, de faire un autographe sur les accords négociés entre lui et les syndicalistes et la société civile.

    Ces accords me permettent d’introduire l’autre Lansana, qui lui n’est pas général du moins dans l’armée mais peut être en diplomatie bien que je sais pas comment sont gradés les diplomates particulièrement les nôtres dont la singularité est leur absence totale dans l’arène international. C’est ainsi qu’est venu Kouyaté avec un grand espoir et d’après ce qu’il a toujours promu et répété aux Guinéens, avec une réelle volonté d’incarner le changement et d’améliorer les conditions de vie des millions des de ses compatriotes, même si pour le moment après bientôt un an de commande on ne voit rien en tout cas venant de lui. Voila mes chers compatriotes les faits qui ont conduit aujourd’hui notre pays dans la situation qui est la sienne et face à cette situation quelle est la réponse appropriée ?

    De mon sens je pense que la situation ne se prête pas à un conflit au sommet de l’état ni à un mouvement syndical qui pourrait fortement ébranler une population déjà meurtrie par tant de crises. Il ne faut, ce me semble, suivre ni aucun des Lansana ni suivre le mot d’ordre de grève général des syndicats car ce serait signer un cheque en blanc et renforcer un Kouyaté qui a montré les limites de ses compétences et les incohérences de ses initiatives. Arrêtons nous qu’à même un peu sur le fait qui a conduit à cette situation actuelle, ce fameux communiqué présidentiel qui porte en lui aujourd’hui les malheurs de la nation entière. Je me demande qu’est ce qui a poussé Kouyaté à agir de cette façon là pour régler un différend qui il faut le dire, n’est pas majeur. J’avoue que je suis vraiment perdu dans le flou de la stratégie adoptée par Kouyaté pour résoudre ce malentendu. Mais je me suis efforcé à faire un examen comme aime le dire le grand Socrate et au bout de cet examen je me suis fait ce raisonnement. Primo je me dis qu’en démentant publiquement, par l’intermédiaire de son ministre de la COM, comme on le dit maintenant, Kouyaté a voulu tendre un piège au Général en lui poussant à commettre une faute et reprendre la main, imaginant que le général ne manquerait de réagir soit en le destituant lui-même ou en limogeant son ministre (il ne pouvait se faire d’illusion sur l’un ou l’autre de ces cas). Si tel était ses calculs il aurait consulté le plus mauvais des mathématiciens. Secondo Kouyaté s’apercevant que son ministre prend de plus en plus de branches et de feuilles devient ainsi de plus en plus ombrageux, il a voulu le pousser à la faute pour le débarquer de son gouvernement. Si tel est son raisonnement il est tout simplement malsain. Tertio c’est tout simplement une bourde alors là elle est grande et naïve et c’est le comble. Pour le premier ministre dénué de toute légitimité constitutionnelle qu’il est et en perte de vitesse dans l’opinion et dans un régime aussi présidentiel dirigé par un Général aussi dure, c’était la faute à ne pas connaître. Nous sommes dans un régime assez présidentiel et le président de la république est le maillon central de la vie du pays, qu’il soit bien ou mal élu c’est lui le grand patron. Dans n’importe quel autre pays, le président aurait agit de la même façon que notre général, je n’ai pas une Contéotropie avérée mais là je lui donne raison sans aucun soutien. On ne dément jamais et pour rien au monde le président de la république surtout quand on est membre de son gouvernement.

    Pour sauver sa peau Kouyaté pousse ses progéniteurs, les syndicats, à appeler un autre mouvement du 10 janvier. Les Guinéens ne doivent pas se tromper, c’est Kouyaté qui a créé ses propres malheurs et c’est à lui et à lui seul de les résoudre.

    La solution aujourd’hui pour notre pays est la tenue, et ce le plutôt serait le mieux, des élections législatives, des quelles sortira une majorité parlementaire. Le président de la république après ces élections devra confier la gestion du pays à un gouvernement formé par l’ensemble des partis qui siégeront à la nouvelle assemblée et dirigé par le parti qui sortira vainqueur de ces élections pour préparer la présidentielle de 2010 et d’ici là apporter des réponses concrètes aux problèmes concrets du pays ; c’est à mon sens la seule alternative crédible. Il est évident qu’aujourd’hui un changement de premier ministre ne conduit à rien car je me demande s’il n’est pas tout simple impossible de travailler avec le Général et si Kouyaté aussi n’est pas là tout simplement à attendre le moment venu pour s’emparer de la présidence au lieu de s’occuper en attendant des sérieux problèmes des Guinéens et de la nation Guinéenne et pour lesquels et malheureusement grâce auxquels il est là, aujourd’hui. Il devrait au moins penser à la centaine des morts avant qu’il ne soit là, avant de penser à sa carrière personnelle, tout à fait légitime par ailleurs.

    Que Dieu protège notre pays.

    Par London Camara, chercheur en biologie médicale, Paris
    londonkafah1@yahoo.fr
    Pour www.nlsguinee.com



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