Annulation de la dette des pays pauvres : à quand le tour de la Guinée ?
14 juin 2005
On a envie de nous réjouir de l’annulation de la dette des 14 pays africains par le G8 mais l’absence de la Guinée dans cette liste nous laisse songeurs.
Nous pouvons déjà dire adieu aux promesses gouvernementales que la Guinée n’a pas pu/su tenir ; et cela malgré le tapage médiatico journalistique depuis la nomination de M Cellou Dalein Diallo à la Primature il y a près de six mois de cela.
Notre pays n’arrive toujours pas à remplir les conditions fixées par ses partenaires au développement.
Quarante (40) milliards de dollars de dettes de 18 pays très pauvres et très endettés (dont 14 pays africains) seront remboursés par le G8 aux institutions financières internationales, comme la Banque mondiale ou le FMI.
Pourquoi la Guinée, pays qui répond pourtant aux critères de pauvreté et d’endettement très élevé qui grève tout son budget ne figure pas parmi les heureux élus par le G8 ?
Voici une question à laquelle les autorités de Conakry doivent rapidement apporter une réponse.
Soit nous sommes assez riches par rapport aux pays qui ont été choisis ce qui serait très étonnant vu les conditions de vie du guinéen ; soit ces pays choisis font plus d’efforts pour réformer leur système politico-économique pour une meilleure Gouvernance démocratique.
La Guinée est aujourd’hui comme un petit écolier qui vient d’échouer à un examen de passage en classe supérieure. Pour se consoler on lui dit : ’’ne t’en fait pas il y’aura une deuxième Session et si tu es bien sage, tu réussiras peut être…’’
Voilà une des conséquences économiques tragiques du retard que nous ne cessons d’accumuler au niveau de la mise sur pied des réformes politiques, économiques et sociales.
Le leadership guinéen depuis maintenant plus de décennies, n’arrive toujours pas à comprendre que nous ne sommes pas seuls dans ce monde. Il y a une concurrence acharnée entre d’une part les pays riches et d’autre part, entre pays pauvres on ne se fait pas de cadeaux. Les ressources financières sont aujourd’hui très difficiles d’accès, pour qu’un pays puisse en bénéficier, celui-ci doit répondre à des critères qui ne sont pas si mystérieux que cela puisse paraître aux yeux de certains dirigeants guinéens.
Réformer notre système politique et économique et vous serez avec la communauté internationale !
Refusez et vous serez isolés ! Voilà le message que le G8 vient d’adresser à la Guinée.
Autrement dit, pour être admis aux examens en deuxième Session, le Gouvernement guinéen a intérêt à mettre les bouchées doubles pour accélérer les réformes. Il ne pourra le faire efficacement qu’en associant les politiques ainsi que la Société Civile guinéenne.
Voici chers compatriotes l’unique conseil que nous nous permettons humblement d’adresser au Premier Ministre guinéen Cellou Dalein Diallo qui est certainement au courant des difficultés que son Gouvernement est appelé à surmonter. IL FAUT MAINTENANT LES SURMONTER !
Accélérons les réformes pour être au moins admis lors de la Session de rattrapage à venir.
M Cellou Dalein Diallo doit pouvoir persuader le Chef de l’Etat de l’importance à donner à ce coût d’accélérateur pour sortir enfin notre pays de l’isolement. Parviendra-t-il à convaincre son chef de la nécessité de changer certaines habitudes de gestion des biens publics qui ont entraîné le pays dans ce gouffre ?
Nous n’en sommes pas sûrs car Lansana Conté donne l’impression de vivre dans un autre monde. Son aptitude à écouter les autres est connue de tous, nous ne serons donc pas étonnés de constater un refus catégorique de la part de la Présidence de la République de toute poursuite en profondeur des réformes.
Le fait que des compatriotes en partie auteurs de cette crise soient désignés pour la résoudre suscite pour l’instant peu d’optimisme.
Notre pays doit plus que jamais tourner la page sombre des détournements de deniers publics, de la corruption, de l’impunité, du favoritisme, etc.
Le leadership guinéen actuel ne dispose malheureusement pas d’assez de crédibilité pour arriver à cette noble fin.
En attendant, nous sommes condamnés à manquer toutes ces opportunités qui s’offrent à nous faute de leadership crédible et prêt à prendre les disposions qui s’imposent.
Dommage pour la Guinée car l’initiative du Premier Ministre britannique Mr Tony Blair, appuyée par le Président américain George W Bush ainsi que le G8 est de nature à soulager nos pays pauvres d’un fardeau qui les tenaille et les empêche de disposer des ressources nécessaires pour effectuer quelques investissements de base.
Espérons que les autorités guinéennes aient conscience de cet énorme manque à gagner qui risque de s’envoler à jamais vers d’autres pays qui font beaucoup plus d’efforts que le nôtre.
Nous saluons enfin le pragmatisme de Tony Blair qui a su mettre les arguments nécessaires de son côté pour convaincre les autres pays membres du G8 à consentir à cette annulation de la dette.
Il faudra maintenant se pencher sur la problématique des subventions injustement accordées aux agriculteurs des pays du Nord et qui faussent le jeu d’un commerce mondial équitable.
Nous y reviendrons !
Par M. LY Elhadji Baila
Directeur Exécutif de www.nlsguinee.com
Membre Fondateur de l’ANDD et de www.guinea-forum.org
E-mails : neoleadership@yahoo.fr ou neoleadership@hotmail.com
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