Guinée : l’espoir d’une démocratie toujours repoussée
< 12 avril 2005 >
En 1984 après le décès de feu Ahmed Sékou Touré, la mangue était mure et l´armée pris le pouvoir sous la direction du Colonel Lansana Conté (photo ci-contre).
La IIieme République fut accueillie dans l’enthousiasme mais les mentalités ne pouvaient changer aussi facilement que l’organigramme étatique.
Ce phénomène est particulièrement aigu dans les Pays où des coups d´Etat se sont récemment produits mais se trouve aussi, à plus ou moins grande échelle dans presque tous les Pays africains dits démocratiques.
En Guinée, la situation est beaucoup plus grave qu’on ne le croit en général car les mises en scènes diplomatiques et les fictions juridiques ou institutionnelles tendent à minimiser le phénomène.
Les appareils politiques et administratifs de la Guinée sont incapables de fonctionner avec le minimum d’efficacité, de transparence et d’équité que l’on est en droit d’attendre d’un service public.
La crise que nous vivons aujourd’hui est d’abord institutionnelle: la démocratisation a apporté le multipartisme et une certaine liberté de presse mais pas encore le principe fondamental d’acceptation de l’alternance politique.
Le plus souvent un Président, une fois installé au pouvoir n’entend en aucun cas le céder par la voie des urnes.
Tel est le cas aujourd’hui du Général Lansana Conté, supporté par ses troupes qui font tout pour garder le pouvoir. Ils oublient cependant que rien n’est éternel sur cette terre et que toute chose a une fin.
Le problème guinéen n’est pas qu’électoral, le multipartisme n’a pas hélas engendré une acceptation minimale de règles de jeu partagées par les responsables politiques au pouvoir d’abord et aussi du côté de l’opposition désunie et en crise permanente.
En effet, les partis de l’opposition incapables jusque-la de mettre en place un programme de Gouvernance alternative donnent à l’opinion publique l’impression déplorable que leur principal souci est de chasser les autres pour prendre leurs places et s’enrichir à leur tour. C’est ainsi qu’on a même pu dire que le seul changement entre le multipartisme actuel et le système de parti unique est que maintenant il y a plusieurs partis qui se comportent chacun en parti unique. Il n’y a aucun code, même tacite et réduit à l’essentiel de bonne conduite politique.
Or, on voit mal comment un Etat peut se passer d’un minimum de consensus institutionnel.
Tout cela ne laisse guère d’espace à un véritable débat sur l’avenir de la Guinée.
On assiste actuellement en Guinée à une crise de Gouvernance généralisée.
L´incapacité de la plus part des hommes au pouvoir à sortir du système des prébendes, la reproduction d’un régime de pillage des ressources de l’Etat par les détenteurs de hauts postes, la préséance systématiquement accordée aux faveurs, aux recommandations, et aux protections au détriment de la compétence à tous les échelons de la fonction publique, sont autant de traits communs à la plus grande partie de l’appareil étatique guinéen.
Nous dirons enfin que les élites guinéennes au pouvoir depuis l’indépendance ont failli à leurs obligations. Toutes les injonctions de la communauté internationale ne serviront à rien voire contre-productives, si des hommes et des femmes véritablement réformateurs, au sens profond du terme, ne se dressent pas en Guinée contre la crise institutionnelle actuelle que notre pays traverse.
Que Dieu bénisse notre cher pays ! Amen .
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